2 avril 1964 au Brésil L’armée, les USA et le FMI renversent le président Joao Goulart

samedi 31 mars 2018.
 

En 1958, le président brésilien Kubitschek doit entrer en négociation avec le FMI afin de recevoir un prêt de 300 millions de dollars de la part des États-Unis. Finalement, Kubitschek refuse les conditions imposées par le FMI et se passe du prêt des États-Unis. Cela lui vaut une grande popularité.

Son successeur, João Goulart, a été ministre du travail en 1953 et en a profité pour doubler le salaire minimum. Aussi, il provoque la crainte des possédants lorsque, devenu président en 1961, il annonce qu’il va mettre en pratique une réforme agraire radicale et qu’il va procéder à la nationalisation des raffineries de pétrole.

Deux hommes préparent le renversement des autorités légales :

- le général brésilien Castelo Branco, commandant en chef des forces armées du Brésil

- le général US Vernon Walters, son ami de longue date et sous-directeur de la CIA

Le régime démocratique du président Joao Goulart est renversé par les militaires le 2 avril 1964. Les prêts de la Banque et du FMI qui ont été suspendus pendant trois années reprennent très peu de temps après |2|.

Le lendemain du coup, les États-Unis reconnaissent le nouveau régime militaire. Quelque temps après, la Banque et le FMI reprennent la politique de prêts suspendue. De leur côté, les militaires abolissent les mesures économiques critiquées par les États-Unis et le FMI. A noter que les institutions financières internationales considèrent que le régime militaire prend de saines mesures économiques (sound economic measures) |3|.

Pourtant le PIB baisse de 7% en 1965 et des milliers d’entreprises tombent en faillite. Le régime organise une forte répression, interdit les grèves, provoque une forte chute des salaires réels, supprime les élections au suffrage direct, décrète la dissolution des syndicats et recourt régulièrement à la torture.

Lors du coup d’état, le président Goulart s’exile en Uruguay où il sera assassiné sur ordre du général Ernesto Geisel, héritier de la junte putschiste brésilienne, dans le cadre de l’opération Condor.

Jacques Serieys

Source largement utilisée pour ce texte :

http://cadtm.org/Bresil-50-ans-apres-le


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