1968 : une période de progrès social pour 78% des Français

samedi 6 octobre 2018.
 

1) Le sondage CSA publié par l’Humanité ce 13 mai

78% des Français estiment que la période de mai 68 a été pour la société française une période de progrès social, contre 16% qui y voient une période de déclin, selon un sondage CSA publié mardi 13 mai dans L’Humanité.

Ce score monte à 90% pour les moins de 30 ans. Pour 62% des français, un mouvement social du même type pourrait se reproduire aujourd’hui, 36% étant d’un avis contraire et 2% ne se prononçant pas. D’ailleurs une majorité d’ouvriers (58%) et d’employés (53%) le souhaitent, même si une majorité de Français sont contre (57%). Parmi les sujets sur lesquels mai 68 a permis d’avancer dans le bon sens, les Français citent en premier l’égalité homme-femmes (86%), la protection sociale (78%), le droit syndical (74%), les relations au sein de la famille et la qualité de vie (69%), le place des jeunes dans la société (68%) et les moeurs (61%).

Ce sondage a été réalisé par téléphone les 6 et 7 mai auprès d’un échantillon représentatif de 1.006 personnes de 18 ans et plus constitué selon la méthode des quotas.

2) Le sondage commandé par le Nouvel Observateur

Voici les réponses à la question : diriez-vous que Mai 68 a eu une influence plutôt positive ou plutôt négative ?

* Répartition des tâches entre hommes et femmes : Positive 80% Négative 10%

* Droit syndical : Positif 73% Négative 18%

* Sexualité : Positif 72% Négative 19%

* Rapports parents enfants : Positif 64% Négative 24%

* Moeurs Positif 61% Négative 28%

Et ainsi de suite quant à la vie politique ou au rapport entre enseignants et élèves. Pourtant, depuis 40 ans que n’a-t-on entendu de la part de grands philosophes, de prétendus psychiatres ou même de républicains à l’eau de purin... sur les conséquences catastrophiques de Mai 68.

Seules les religions n’ont pas bénéficié de Mai 68 d’après les Français.

3 Pouvoir d’achat

Vous n’êtes pas très fort, monsieur le Président. Vous aviez promis d’être "le président de l’augmentation du pouvoir d’achat". Or, en un an, ce pouvoir d’achat n’a fait que baisser inexorablement face sous l’effet des notes de fioul, de gaz, de carburant, de produits laitiers, de fruits, de nouilles...

Lors des négociations de Grenelle, en mai 68, il avait suffi de dix minutes pour que le patronat tout content d’un compromis et les syndicats se mettent d’accord sur 37% d’augmentation du salaire minimum, 50% pour les salariés agricoles...

Dans ces conditions, monsieur le président, ne soyez pas surpris des sondages où les Français d’aujourd’hui s’identifient à Mai 68, y compris en matière d’affrontement aux forces de l’ordre :

"En mai 68, vous auriez été du côté des étudiants et des grévistes ( 77%) ou du côté des forces de l’ordre (14%). Ne se prononcent pas (9%)". Sondage CSA Mars 2008

4 Santé économique du pays

Vous n’êtes pas très fort, monsieur le Président. Vous aviez promis d’aller "chercher la croissance avec vos petites dents". Que vous est-il arrivé ? Vous avez perdu les dents et le bec et les plumes et le cul comme l’alouette de la chanson ?

Tout de même ! A quoi servent tous ces patrons qui gagnent des millions d’euros, tous ces experts sous les lambris de la République... pour que nous assistions sans cesse aux fermetures d’entreprises productives. De 1968 à 1975, la France a compté le plus grand nombre d’ouvriers de son histoire.

Dans les cinq ans après Mai 68, les fortes augmentations de salaire n’ont pas handicapé nos entreprises. La demande ( haut pouvoir d’achat des ménages) a dopé la santé de l’économie française. Il faut dire aussi que le grand capital international comme les Etats Unis nous créaient le moins de souci économique possible : tout plutôt que l’exemple donné en mai 68 par la grève générale.

Cela vous permet peut-être de comprendre pourquoi toutes ces personnes âgées de 65 à 110 ans qui ont beaucoup voté pour vous en 2007 disent aujourd’hui à 65% qu’en 68, ils auraient choisi les barricades (sondage CSA Mars 2008, analyse dans le Nouvel Obs du 27 mars).

5 Popularité

Vous n’êtes pas très fort, monsieur le Président. Vous annonciez voici un an, vouloir "liquider une bonne fois pour toutes l’héritage de Mai 68".

Qu’en pensent les Français (sondage CSA Nouvel Observateur Mars 2008 ) ?

* 18% sont d’accord avec vous

* 74% ne sont pas d’accord

* 8% ne se prononcent pas

Aujourd’hui, votre popularité s’est déjà effondrée (36% de satisfaits).

Quant à Mai 68, qu’en est-il 40 ans plus tard ?

77% à 78% estiment qu’il a permis un progrès de notre société.

6 Communication

Vous n’êtes pas très fort, monsieur le Président. La droite a voulu réagir à tout cela en lançant la presse dans la bataille. Seulement voilà : dans votre monde, tout se vend, même les journaux.

Prenons l’exemple de L’Express : Dans son numéro du 17 avril, l’éditorial stigmatisait "le happening pseudo-révolutionnaire" de 1968. 15 jours plus tard, l’hebdomadaire nous informe que cela a déclenché "un courroux en courriers et en courriels" parmi ses lecteurs.

Cette semaine (1er au 7 mai), Christophe Barbier signe un nouvel éditorial digne des synthèses socialistes visant à ne déplaire ni aux adversaires ni aux partisans de 68. Cela donne des phrases comme :

* "Ils avaient 20 ans et, si leurs idéologies étaient fausses, leurs idéaux étaient magnifiques.

* Séisme dans le siècle, 1968, c’est une énorme secousse qui parcourt la planète, une onde de rock et de choc qui fait trembler les régimes, vaciller des certitudes et crouler des usages.

* Le coeur de 1968, pour les Français, bat en mai. Et il bat toujours la chamade ! Sous quarante ans de gravats... la cendre est encore chaude.

* 1968, c’est l’avènement de la vie et de l’individu... mais aussi et d’abord un socle incassable de libertés nouvelles... 1968, c’est enfin la liberté conquérante de la femme. Soudain, elle n’est plus le sexe faible mais l’autre sexe ; la femme n’est plus l’avenir de l’homme ; la femme est le présent de la femme... 1968, c’est la France à l’air libre. Pourtant la jeunesse de mai s’est égarée en nombre d’erreurs et d’errances".

Si vous passez devant un kiosque à journaux, vous verrez une couverture en noir et rouge avec un immense titre en noir et rouge " 68 l’année qui a changé le monde", numéro spécial de 60 pages et deux jeunes portant fièrement un drapeau noir et rouge ; ne croyez pas qu’il s’agit d’une revue de la CNT, c’est L’Express n° 2965 de cette semaine.

Jacques Serieys


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