G20, vers un nouveau "Consensus de Washington"

lundi 17 novembre 2008.
 

Ne nous a-t-on pas, à l’envi, rebattu les oreilles, depuis quelques semaines, avec l’ardente obligation d’un nouveau "Bretton Woods" ? On allait voir ce que l’on allait voir ! Les marchés fous et les quelques voyous, honte du système par ailleurs bien sous tout rapport, n’avaient qu’à bien se tenir, leur matricule allait chauffer !

Certes, à l’heure où ce billet est écrit ce 16 novembre 2008, le communiqué final n’est pas encore officiel, mais vous savez ce qu’est une bonne nouvelle, des indiscrétions percent. Ainsi sait-on que six mesures devraient être mises en œuvre immédiatement :

- Poursuivre de vigoureux efforts pour stabiliser le système financier : d’où viendront ces efforts et en faveur de qui ?

- Reconnaître l’importance d’une politique monétaire de soutien : diable, devinons qui conviendrait-il de soutenir ? Utiliser des mesures fiscales pour stimuler la demande intérieure : qui paiera ? Qui pourra continuer à profiter de la concurrence fiscale ?

- Aider les économies à accéder à un financement : quelles aides ? un financement pour quoi ?

- Encourager la Banque mondiale à aider les pays en développement : c’est donc une mission nouvelle qui n’était pas fixée en 1944 ?

- Garantir, au FMI et à la Banque Mondiale des ressources suffisantes : d’où viendront-elles, des marchés financiers ou de taxes globales ?

Les réponses sont attendues avant la fin de la crise !

De la nécessité de mettre en place de toute urgence une ferme régulation publique dont le pivot sera d’abord politique, c’est à dire organisée par l’ONU et non par les seules agences techniques, il n’est rien dit.

La seule cause première de l’extravagance des montants brassés sur les marchés financiers, à savoir les inégalités faramineuses, sensiblement plus importantes et généralisées que dans les années 1920, n’est pas condamnée, ni même signalée.

Le mise en œuvre, sous la protection d’un droit international qui ne soit pas celui des marchés, de biens publics au service de l’ensemble de la population mondiale et visant à préserver la planète, n’est bien entendu pas évoquée.

On se souvient, en France, comment Maurras saluait dans la défaite de 1940 comme une divine surprise, dans la même veine ils avaient été nombreux à scander, dans la deuxième moité des années 1930 « Plutôt Hitler que le Front populaire ». Allez, propriétaires du capital, tous en cœur et en cadence « Plutôt la guerre que la démocratie » !

par Jacques Cossart


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