Les élections régionales ont offert aux Tchèques l’occasion de se prononcer massivement contre le « bouclier antimissile » américain ! (par Karel Kostal)

mercredi 11 octobre 2017.
 

La coalition gouvernementale ultralibérale au pouvoir à Prague a essuyé une cinglante défaite samedi 18 octobre à l’occasion des élections régionales. Le principal parti de la coalition, le Parti démocratique civique ( ODS, ultralibéral ) du président Vaclav Klaus et du premier ministre Mirek Topolanek, a été chassé de l’ensemble des treize régions. Ce scrutin affaiblit et discrédite considérablement le gouvernement à quelques semaines de la présidence tchèque de l’Union Européenne, et avant le vote de la loi au Parlement pour permettre l’installation du bouclier antimissile américain sur le territoire tchèque.

Avec 23,5 % des voix, le « parti du président Klaus » est devancé partout par le Parti social-démocrate ( CSSD ), qui a obtenu 38,9% des voix. Le Parti communiste ( KSCM ), avec 15% des voix demeure la troisième force du pays. Cela permet à la gauche d’être majoritaire dans toutes des régions.

Les observateurs sont unanimes :

« Les électeurs n’ont pas voté pour la sociale démocratie, ils ont voté contre l’ODS . Les électeurs ont voté contre le gouvernement et contre les bases militaires américaines ». Les électeurs tchèques se sont saisis d’un scrutin régional, pour « punir » la droite qui a ouvert la porte à l’armée américaine.

Que les électeurs puissent considérer spontanément un scrutin régional comme un « référendum » sur l’implantation de bases militaires américaines sur le sol tchèque, est incontestablement un cas de figure d’une grande originalité. Que les citoyens électeurs se saisissent d’un scrutin régional pour dire « Non à l’occupation américaine ! », est la preuve que la lutte contre l’occupation étrangère domine à nouveau dans ce pays. La question nationale est de retour en force dans cette partie « élargie » de l’Union européenne.

« Les Russes sont partis il y a bientôt vingt ans, ce sont les Américains qui arrivent aujourd’hui », entend-on partout à Prague. Le mouvement pacifique « Non aux bases militaires », lequel s’appuie sur les trois quarts de la population hostiles à la présence américaine, a énergiquement apostrophé pendant la campagne électorale les politiciens dans la rue : « Es-tu pour la base radar ou contre ? » .

Les citoyens tchèques refusent aujourd’hui l’occupation américaine comme ils refusaient il y a vingt ans l’occupation soviétique. Mais la droite tchèque, elle, veut être protégée par l’armée américaine et les forces de l’OTAN. Le gouvernement tchèque naguère « eurosceptique » ratifiera le Traité de Lisbonne, parce que celui-ci prévoit la militarisation de l’Europe et l’élargissement de l’OTAN, sous la houlette des USA. Le gouvernement tchèque prêchera les théories du « choc des civilisations », à la tête de l’UE, en janvier prochain.

Le peuple tchèque a prononcé un verdict sévère, mais la droite tchèque n’a nullement l’intention d’en tenir compte. Le gouvernement fera tout pour que le déploiement du bouclier antimissile américain démarre avant le début de la présidence tchèque. en janvier prochain. La droite ultralibérale tchèque, devenue « eurooptimiste », se sent toujours protégée, favorisée et patronnée, par l’ensemble des gouvernements de l’Union. Tous les démocrates français ne peuvent que s’opposer aux agissements de ces pires adversaires de la démocratie et de la paix en Europe. Le peuple français est parfaitement légitimé à manifester un tel refus, lui qui a rejeté cette tentative de soumission de l’Europe aux USA et à l’OTAN déjà le 29 mai 2005.

Une présidence antisociale, antidémocratique et belliciste se prépare à Prague, elle n’a pas encore gagné !

23 octobre 2008

Karel Kostal


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