L’école : poèmes

mardi 16 avril 2019.
 

1) Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne (poème de Victor Hugo)

2) LE CANCRE (Jacques Prévert)

3) O VIEILLE ÉCOLE (Philéas LEBESQUE)

4) L’ÉCOLE (Maurice Carême)

L’école était au bord du monde,

L’école était au bord du temps.

Au dedans, c’était plein de rondes ;

Au dehors, plein de pigeons blancs.

*

On y racontait des histoires

Si merveilleuses qu’aujourd’hui,

Dès que je commence à y croire,

Je ne sais plus bien où j’en suis.

*

Des fleurs y grimpaient aux fenêtres

Comme on n’en trouve nulle part,

Et, dans la cour gonflée de hêtres,

Il pleuvait de l’or en miroirs.

*

Sur les tableaux d’un noir profond,

Voguaient de grandes majuscules

Où, de l’aube au soir, nous glissions

Vers de nouvelles péninsules.

*

L’école était au bord du monde,

L’école était au bord du temps.

Ah ! que ne suis-je encor dedans

Pour voir, au dehors, les colombes !

Maurice CARÊME (1899 - 1978)

5) MON ÉCOLE (Pierre GAMARRA)

Mon école est pleine d’images,

Pleine de fleurs et d’animaux,

Mon école est pleine de mots

Que l’on voit s’échapper des pages,

Pleine d’avions, de paysages,

De trains qui glissent tout là-bas

Où nous attendent les visages

Des amis qu’on ne connaît pas.

*

Mon école est pleine de lettres,

Pleine de chiffres qui s’en vont

Grimper du plancher au plafond

Puis s’envolent par les fenêtres,

Pleine de jacinthes, d’œillets,

Pleine de haricots qu’on sème ;

Ils fleurissent chaque semaine

Dans un pot et dans nos cahiers.

*

Ma classe est pleine de problèmes

Gentils ou coquins quelquefois,

De chansons, de poèmes,

Dont on aime la jolie voix

Pleine de contes et de rêves,

Blancs ou rouges, jaunes ou verts,

De bateaux voguant sur la mer

Quand une brise les soulève.

Pierre GAMARRA (1919 – 2009)

6) L’école d’antan (Claude Becques)

7) Page d’écriture (Jacques Prévert)

8) MON STYLO (Robert GÉLIS )

Si mon stylo était magique,

Avec des mots en herbe,

J’écrirais des poèmes superbes,

Avec des mots en cage,

J’écrirais des poèmes sauvages.

*

Si mon stylo était artiste,

Avec les mots les plus bêtes,

J’écrirais des poèmes en fête,

Avec des mots de tous les jours,

J’écrirais des poèmes d’amour.

*

Mais mon stylo est un farceur

Qui n’en fait qu’à sa tête,

Et mes poèmes, sur mon cœur,

Font des pirouettes.

8) PAVANE DE LA VIRGULE (Andrée CHÉDID)

"Quant à moi !" dit la Virgule,

j’articule et je module ;

Minuscule, mais je régule

Les mots qui s’emportaient !

*

J’ai la forme d’une Péninsule ;

A mon signe la phrase bascule.

Avec grâce je granule

Le moindre petit opuscule.

*

Quant au Point !

Cette tête de mule

Qui se prétend mon cousin !

*

Voyez comme il se coagule,

On dirait une pustule,

Au mieux : un grain de sarrasin.


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message