Léon Trotsky

mardi 4 février 2020.
 

N’ayant pas eu le temps de rédiger moi-même un article biographique de Trotsky, je mets en ligne ci-dessous celui du site Wikirouge

1) Biographie

Avant la Révolution

Trotsky naît en 1879, dans le village ukrainien de Yanovka, d’une famille de paysans juifs (ses origines juives seraient plus tard utilisées contre lui par la propagande antisémite stalinienne). A 18 ans, il rejoint un groupe révolutionnaire, marqué par les idées populistes et à composition petite-bourgeoise et paysanne. Trotsky adhère au marxisme et devient "social-démocrate" en 1896. Arrêté en 1898, déporté en Sibérie en 1900, il s’évade deux ans plus tard, émigre en Europe occidentale où il rencontre Lénine qui le fait coopter au comité de rédaction de l’Iskra. Dans le jeune Parti ouvrier social-démocrate de Russie, il se range d’abord du côté des mencheviks, puis s’en éloigne avant 1905, sans pour autant se rapprocher de Lénine, à qui il reproche ses méthodes dictatoriales et son "jacobinisme".

En 1905, la révolution éclate en Russie. Trotsky rentre en Russie et devient vice-président, puis président du soviet de Saint-Petersbourg. Il est à nouveau condamné et déporté, puis s’évade en Europe, où il va élaborer, avec Parvus, la théorie de la révolution permanente. Jusqu’en 1917, il se fait le défenseur de l’unité de tous les social-démocrates, des bolcheviks aux menchéviks : il polémique parfois vivement avec Lénine. Il organise même, en août 1912, à Vienne, une conférence d’unification à laquelle les bolcheviks refusent de participer.

Révolution d’Octobre et Armée rouge

Pendant la Première Guerre mondiale, Trotsky participe aux conférences de Zimmerwald et de Kienthal où se crée l’embryon de la IIIe Internationale (c’est lui qui rédige le manifeste de la conférence de Zimmerwald), et combat violemment les socialistes qui défendent l’union sacrée. L’activité anti-impérialiste de Trotsky lui vaut d’être expulsé de France, exilé aux Etats-Unis, puis arrêté par les autorités britanniques. Il rentre en Russie en mai 1917. Il tombe d’accord avec les Thèses d’avril de Lénine, qu’il considère comme un ralliement à la révolution permanente, et se rallie au Parti bolchévik en juillet 1917, avec son petit groupe, le Comité inter-rayons. Au congrès d’unification (août 1917), Trotsky est élu au comité central du Parti bolchévik, alors qu’il est en prison.

Président du soviet de Pétrograd et du comité militaire révolutionnaire, Trotsky dirige l’insurrection d’Octobre. Après la chute du gouvernement provisoire, ce récent bolchévik devient l’un des principaux dirigeants du nouveau régime, aux côtés de Lénine. Il est commissaire du peuple aux Affaires étrangères en 1917-1918. A ce titre, c’est lui qui conduit la délégation soviétique chargée de négocier la paix avec l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie à Brest-Litovsk. Trotsky fait traîner les négociations, dans l’attente de l’éclatement d’une révolution en Europe, mais son espoir se révèle vain. Le 4 mars, les bolchéviks doivent se résoudre aux conditions draconiennes imposées au jeune Etat soviétique par les puissances centrales. Cet épisode donne lieu à une crise grave dans le Parti bolchévik : Lénine est favorable à l’acceptation des conditions, la gauche du parti réclame une guerre révolutionnaire contre l’Allemagne, alors que Trotsky est partisan d’une troisième voie qu’il définit en ces termes : "ni paix, ni guerre", et qui faillit bien réussir. Désavoué par son parti, Trotsky démissionne du Commissariat du peuple aux Affaires étrangères. Mais il devient, en 1918, commissaire à la Guerre : il conservera ce poste jusqu’en 1925.

La fin du conflit mondial ravive la guerre civile en Russie : les bolchéviks doivent faire face aux attaques des armées blanches à l’intérieur, et, à l’extérieur, à celles des armées japonaise, française, britannique et tchécoslovaque. La Russie soviétique est plusieurs fois très proche d’être écrasée. Mais Trotsky, commissaire à la Guerre, a mis sur pied l’Armée rouge qu’il conduit jusqu’à la victoire.

Après les heures glorieuses des conquêtes révolutionnaires, l’épisode de Cronstadt (où Trotsky joue un rôle actif dans la répression) et de la NEP constituent une pause dans la construction du socialisme en Russie ; et le Parti bolchévik montre les premiers signes d’une dégénérescence bureaucratique. Lénine, affaibli par la maladie, disparaît de la scène politique. Trotsky entre en conflit avec la troïka Zinoviev-Kamenev-Staline, à partir du débat sur le "cours nouveau" (titre de l’ouvrage dans lequel Trotsky préconise des remèdes pour lutter contre la bureaucratisation du parti).

Lutte contre la bureaucratie et le stalinisme

En 1927, contre une bureaucratie déchaînée, Trotsky tente de maintenir la démocratie interne du Parti bolchévik et redresser une politique extérieure placée sous le signe du repli. Mais son ennemi Staline a raison de lui. Malgré son rapprochement avec Zinoviev et Kamenev en 1926, et la création de l’Opposition unifiée, Trotsky est exclu du parti en 1927. En janvier 1928, il est exilé à Alma-Ata, dans le Kazakhstan. Un an plus tard, il est chassé d’URSS et se réfugie, jusqu’en 1933, sur l’île de Prinkipo, en Turquie.

Beaucoup de gouvernements refusent à Trotsky l’asile politique. Il se rend en France (jusqu’en juin 1935), puis en Norvège (jusqu’en septembre 1936), et, finalement, au Mexique. Mais Trotsky, dans l’adversité, continue son combat. En juillet 1929 il entame la publication d’un Bulletin de l’opposition. En avril 1930 il met sur pied un secrétariat international provisoire de l’Opposition communiste. Il écrit de nombreux ouvrages, organise l’Opposition de gauche internationale, et crée la IVe Internationale, le 3 septembre 1938, avec 25 délégués de 11 pays.

Mais les staliniens le traquent et le persécutent. Des historiens répandent des flots de calomnie sur son compte et accusent successivement Trotsky d’être un agent des services secrets britanniques ou de la Gestapo. Il est l’un des principaux accusés des procès de Moscou. Son fils, Léon Sedov, est assassiné en 1938. Ses secrétaires sont liquidés les uns après les autres. Trotsky lui-même est assassiné en août 1940, d’un coup de piolet dans le crâne, par Ramon Mercader, un agent de Staline. Transporté à l’hôpital, Trotsky lutte 24 heures contre la mort et décède le 21 août.


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