Catastrophe d’AZF à Toulouse (21 septembre 2001) : un livre collectif pointe la responsabilité de Total

dimanche 22 septembre 2019.
 

Peu avant la commémoration du 17ème anniversaire de l’explosion de l’usine AZF, à Toulouse, un ouvrage paraît, signé par 14 acteurs du combat judiciaire, qui expose la responsabilité de l’industriel et le combat des victimes pour la faire reconnaître.

ls sont anciens salariés, représentants du personnel, chercheur, avocat, ou riverain... Leur point commun est d’avoir été acteurs de l’affaire AZF. Et aujourd’hui de co-signer un ouvrage sur 17 ans de combat pour une vérité judiciaire.

Le livre s’intitule "AZF/Total, responsable et coupable". Coordonné par Rémy Jean, expert en santé et sécurité au travail et Philippe Saunier, syndicaliste CGT chez Total, il ne présente évidemment pas le point du vue de toutes les personnes concernées par l’explosion de l’usine AZF et ses suites judiciaires mais celui de personnes convaincues de l’accident industriel et de la responsabilité de l’entreprise et sa maison-mère.

Le point de départ de ce projet d’écriture se situe en octobre 2017, après que la cour d’appel de Paris ait rendu son arrêt dans l’affaire, condamnant Grande Paroisse et le directeur de l’usine pour manquements à leurs obligations de sécurité.

Depuis la catastrophe du 21 septembre 2001 à Toulouse, qui a fait rappelons-le 31 morts, 22 000 blessés, 70 000 dommages immobiliers déclarés, dix-sept années ont donc passé, avec trois procès (2009, 2012, 2017) et deux condamnations. Dix-sept très longues années pour les parties civiles.

C’est - en partie - leur combat que raconte cet ouvrage. Les 14 auteurs n’ont pas toujours été d’accord mais au fil des procès, ils ont appris à se connaître. Et ont uni ici leurs pensées pour décrire ce qu’ils considèrent comme "les manoeuvres du groupe Total pour empêcher la vérité d’advenir".

Dans un chapitre intitulé "la plainte pour entrave à la justice, un parcours du combattant", Gérard Ratier, président de l’association des familles endeuillées et père d’Alain Ratier, l’une des 31 victimes décédées dans la catastrophe, relate son combat personnel pour faire reconnaître l’entrave à la justice et particulièrement le rôle de la commission d’enquête interne de Total, intervenue sur les lieux de la catastrophe quelques heures après que celle-ci se soit produite. Un rôle trouble qui sera mis sur la sellette dès le premier procès en 2009...

L’ouvrage écrit à 28 mains évoque également le rôle des associations de victimes et des syndicats, "essentiels pour l’aboutissement judiciaire". Ainsi que les manquements de l’Etat : "la catastrophe d’AZF ne doit rien à la fatalité". Pour ses auteurs, c’est bel et bien un "laisser-faire injustifiable des institutions publiques envers cette multinationale".

Ces témoignages, ils disent les apporter pour que l’on tire les enseignements de cette catastrophe, ce qui est selon eux possible désormais, après trois procès qui ont balayé l’affaire de manière exhaustive. Pourtant, l’action judiciaire n’est pas éteinte. Les avocats de Serge Biechlin et de Grande Paroisse ont en effet déposé un recours auprès de la cour de cassation. Laquelle pourrait mettre encore plus d’un an à rendre compte de sa décision.

"On va battre le record de longévité en terme de procès d’une catastrophe collective", nous confiait récemment maître Stella Bisseuil, avocate de l’association des familles endeuillées et co-signataire de "Azf/Total, responsable et coupable".


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