Malbouffe et capitalisme : Alimentation et cancer, diabète, obésité, SEP, AVC...

mercredi 13 décembre 2017.
 

5) Lien vers d’autres articles de notre site concernant l’alimentation

L’inquiétant effet cocktail des pesticides sur nos cellules

Etats-Unis : un tiers des poissons vendus avec une étiquette frauduleuse

4) Le grand business de la mal-bouffe

Viande de cheval ou farines animales... Au moment où le Salon de l’agriculture 2013 ouvre ses portes, ces deux affaires jettent une lumière crue sur les dérives d’une mécanique agroalimentaire happée par les appétits financiers.

Quel est le point commun entre un cheval roumain et un poisson d’élevage  ? La réponse n’a rien d’une rigolade et vient polluer l’ambiance, à l’heure où s’ouvre le cinquantième Salon international de l’agriculture (lire repères ci-après). Scandale dit de la viande de cheval ou relance des farines animales  : l’actualité, depuis deux semaines, a remis à la carte les questions portant sur notre alimentation, assaisonnées à la sauce suspicion.

Rien à voir, a priori, entre les deux affaires, si ce n’est que l’une et l’autre jettent une lumière crue sur les dérives d’une mécanique agroalimentaire happée par les appétits financiers.

Etiquetage et fraude

La première a éclaté début février en Irlande, après que de la viande de cheval a été détectée dans 29 produits censés être au bœuf. À peine révélée par l’agence l’Agence britannique de sécurité alimentaire, l’histoire embrasait toute l’Europe. La France, d’abord, où l’industriel de surgelés Findus, en testant 18 de ses plats de lasagnes fabriqués par le groupe français Comigel, découvrait que dans onze d’entre eux, entre 60 et 100 % de la viande de bœuf était en fait du cheval. Dès le 9 février, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) annonçait le retrait des produits non conformes dans sept enseignes de la grande distribution. Des mesures similaires étaient prises dans la foulée en Allemagne, en Bulgarie, à Chypre, ou encore en Espagne où Nestlé, numéro 1 de l’industrie agroalimentaire mondiale, a retiré de la vente deux de ses plats à base de bœuf. Lancées dans la foulée, les enquêtes sont en cours pour déterminer à qui revient la faute mais avancent déjà un coupable : c’est Spanghero, en France, qui, en faussant sciemment l’étiquetage de ses produits, serait à l’origine de la fraude.

L’affaire, depuis, se poursuit sous sa tournure judiciaire. «  Ce n’est pourtant pas le plus important de l’histoire  », relève Jacques Cossart, économiste et secrétaire général du Conseil scientifique d’Attac. «  Le plus intéressant, c’est cette mise en évidence du nombre effroyable d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur.  » Spanghero, basée à Castelnaudary, dans l’Aude, avait acquis la viande surgelée auprès d’un trader chypriote, lequel avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, celui-ci s’étant fourni auprès d’un abattoir et d’un atelier de découpe situés en Roumanie, énumérait, dès les premières heures du scandale, Benoît Hamon.

Le beurre de la finance

On comptait, au total, près de 8 intermédiaires. Une chaîne instable, qui ne facilite ni contrôles ni traçabilité. Une chaîne qui, en revanche, garantit à la finance de faire son beurre sur le marché du frais, décortique Jacques Cossart. «  La viande ou les légumes n’offrent pas une capacité de stockage comme c’est le cas pour les céréales.  » Avec ce type de denrées, impossible de spéculer sur des marchés à terme, comme cela se fait avec le blé ou le riz, où les récoltes sont achetées et revendues en fonction de l’offre et de la demande, provoquant les flambées de prix que l’on connaît. «  Cette forme de trading est bien moins importante dans la viande, reprend l’économiste. Ce qui permet les bénéfices, ce sont les marges opérées à chaque maillon de la chaîne.  » Elles sont faibles, à chaque fois. «  C’est donc en multipliant les intermédiaires que le marché parvient à se nourrir.  » Pour multiplier les centimes, chaque intermédiaire compte, lui, sur la quantité de la marchandise. Et les prix sont les plus bas à la source.

Où le lien se dessine avec la farine animale – on dit désormais protéines animales transformées, ou PAT –, dont l’Union européenne vient de réautoriser l’usage dans l’aquaculture et prévoit de le faire, à terme, dans l’élevage de porcs et de volailles. Si elles ont été interdites en 2001 après les deux crises de la vache folle (1996 et 2000), la question de leur réintroduction est dans les tuyaux européens depuis un bon moment déjà. Depuis 2007, la Commission européenne finance, à hauteur de 1,7 million d’euros, des recherches visant à les rendre acceptables sur le marché. Des propositions avaient déjà été avancées en 2009 et 2011, repoussées entre autres pour défaut d’acceptabilité par les populations. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail avait d’ailleurs rendu des avis défavorables.

Pourquoi de tels efforts pour les réintroduire  ? Pour faire face à la flambée des prix des céréales, répond en substance la Commission, quand elle plombe, aujourd’hui, le marché de la viande.

Source : http://www.humanite.fr/sports/le-gr...

3) Les 100 meilleurs aliments pour votre santé et la planète

Alerte. Dans son livre (Les 100 meilleurs aliments pour votre santé et la planète), Laurent Chevallier explique comment survivre au désastre nutritionnel annoncé.

Chaque année en France, la malbouffe provoque trois fois plus de morts que le tabac et cinquante fois plus que les accidents de la route. Elle est en partie responsable de 30 % de nos cancers, de nos 500 000 insuffisants cardiaques, de 2 millions de diabétiques et de 8 millions d’obèses. Effarant. En un demi-siècle, le contenu de notre assiette s’est radicalement transformé. Aujourd’hui, 80 % des aliments que nous avalons sont industriels. Souvent trop gras, trop sucrés, trop salés et bourrés de chimie.

Un constat dénoncé dans un livre paru récemment aux éditions Fayard . Son auteur, le docteur Laurent Chevallier, met les pieds dans le plat. « Plus personne ne peut nier le lien entre les dérives d’une certaine forme d’alimentation industrielle et l’augmentation significative de certains cancers et maladies cardiovasculaires, explique ce consultant en nutrition attaché au CHU de Montpellier. Je tire la sonnette d’alarme parce que, lors de mes consultations, je suis confronté tous les jours aux victimes de la malbouffe. »

Comment en est-on arrivé là ? Pour produire en quantité, le plus vite possible, au plus bas coût, les ingénieurs agronomes ont créé des variétés de légumes, de fruits et de céréales qui poussent plus vite, « boostées » à coups d’engrais et de pesticides dont on retrouve les résidus sous notre fourchette. De la même façon, on a sélectionné des races d’animaux à gros rendements. Des « usines sur pattes » qui fonctionnent avec des granulés hautement énergétiques. Un super-carburant qui a altéré la composition de la viande, du lait ou des oeufs.

Une matière première bas de gamme, qui est ensuite transformée au point de perdre une partie de ses nutriments, vitamines et arômes. Au milieu des années 80 la chimie s’est invitée en cuisine. Pour ressusciter le goût perdu dans le processus industriel, on a réinjecté en bout de chaîne des arômes artificiels, mais aussi des conservateurs pour allonger la durée de vie des produits, des colorants pour les rendre plus tape-à-l’oeil, des correcteurs d’acidité, sans oublier les émulsifiants, antiagglomérants, gélifiants et autres agents d’enrobage... Aujourd’hui, l’industrie agroalimentaire dispose de 357 additifs autorisés qui remplissent 24 fonctions différentes. « Un cocktail chimique dont on évalue mal tous les effets sur notre organisme », avertit Laurent Chevallier. Ajoutez-y des emballages en plastique dont certains composants ont une fâcheuse tendance à migrer vers les aliments...

« Notre nourriture n’est plus adaptée à nos gènes. Non seulement on y a ajouté des substances chimiques mais on l’a bourrée de mauvais gras pas cher à produire, hypercalorique comme l’huile de palme. Et surtout de sucre et de sel. » Trois ingrédients que l’on trouvait rarement au menu de l’omnivore tendance frugivore qu’était l’homme préhistorique et vers lesquels nous sommes naturellement attirés. Des appâts gustatifs désormais utilisés à tout-va par l’industrie agroalimentaire. Nous consommons ainsi chaque jour 8,5 grammes de sel, quatre fois plus que nos besoins physiologiques. Quant au sucre-une « calorie vide » dans le jargon des nutritionnistes, c’est-à-dire qui ne contient rien d’autre que de l’énergie-, nous en avalons 35 kilos par an. 75 % de ce sucre étant directement incorporé dans les aliments par les industriels. Avec certains produits, l’addition grimpe vite : un pain au chocolat représente l’équivalent de sept morceaux de sucre, un soda six. « C’est d’autant plus grave, dans le cas du soda, que notre cerveau ne comptabilise pas les calories sous une forme liquide. » Ce qui explique pourquoi, après avoir vidé une canette, on ne ressent pas la sensation de satiété. Notre cerveau se fait aussi berner par certains aliments industriels quasi prémâchés. « Le meilleur exemple, c’est la portion de céréales du petit déjeuner qui se transforme, avec le lait, en une bouillie vite gobée, plus ou moins grasse, salée et sucrée, indique le nutritionniste. C’est la mastication qui permet d’envoyer le signal de satiété au cerveau. Et le fait de mâcher imprègne de salive les aliments, ce qui facilite la digestion et dope l’immunité. »

Un désastre nutritionnel longtemps masqué par les progrès réalisés sur le plan de l’hygiène. En aseptisant notre alimentation, les industriels ont fait chuter le nombre de morts par intoxications alimentaires, et l’invention du réfrigérateur ajouté à l’usage des antibiotiques a fortement diminué l’incidence des cancers de l’estomac provoqués par des bactéries. Mais, dans le même temps, les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’obésité ont explosé. Pour la première fois, malgré les progrès continuels de la médecine, l’espérance de vie d’un Américain naissant aujourd’hui ne dépassera pas celle de ses parents. Elle sera même plus faible dans les classes défavorisées.

Si l’on commence à se préoccuper de qualité nutritionnelle, le risque que fait peser la présence de molécules chimiques dans nos aliments n’est pas suffisamment pris en compte. Ce que dénonce Laurent Chevallier. « N’ayons plus la naïveté de croire que si des ingrédients étaient nocifs on ne les trouverait pas dans les magasins. Régulièrement, des produits que nous avons consommés pendant des années sont retirés du marché. » La preuve, selon lui, que l’on nous met sur la table des aliments mal évalués. « On a mis trente ans à s’apercevoir que le E128, un colorant pour saucisses industrielles, attaquait les cellules du côlon chez le rat et la souris. » On a pourtant multiplié les instances de contrôle. « Pour évaluer la dangerosité d’une substance chimique, les agences se contentent la plupart du temps des études fournies par les industriels à partir de cahiers des charges inadaptés. Sans compter qu’un certain nombre de leurs experts travaillent avec ces mêmes industriels. » Bref, les mailles du filet seraient trop lâches. « Je suis sidéré que l’on n’avertisse pas les femmes enceintes des risques liés aux substances chimiques de notre alimentation. » Le cas du BHA fait bondir le nutritionniste. Cet additif, présent dans certains chewing-gums, est considéré comme cancérogène. Mais, au lieu de l’interdire, on a demandé aux industriels d’en diminuer la teneur, sans même les obliger à en indiquer la concentration sur l’étiquette.

« Nous ne devons pas attendre que les pouvoirs publics durcissent la réglementation, au risque de revivre ce que l’on a connu avec l’amiante ou le plomb. C’est au consommateur d’agir, dès maintenant . » Dans son livre, le docteur Chevallier donne les clés pour faire le ménage dans nos assiettes. Il dresse ainsi la liste de 100 produits « modèles », à acheter sans risque. Et surtout, il désigne une dizaine de « marqueurs de malbouffe ». Des ingrédients faciles à repérer sur l’étiquette, qui doivent faire office d’épouvantails. A vos courses !

Source :

http://www.lepoint.fr/actualites-so...

2) Les marqueurs de malbouffe

Le butylhydroxyanisole (E 320 et E 321)

On les appelle les antioxydants. Leur rôle est de retarder le pourrissement des aliments. Deux d’entre eux sont sur la sellette. Le butylhydroxyanisole, ou BHA, dénommé E 320 sur les étiquettes, est classé « cancérogène possible » par le Centre international de recherche sur le cancer. Son cousin, le butylhydroxytoluène (BHT), ou E 321, a été jugé « inclassable ». Ce qui n’empêche pas d’en trouver dans des plats industriels et de nombreux chewing-gums.

Les parabens (E 214 à E 219)

On peut en consommer dans les pâtés en gelée, les charcuteries industrielles, les pâtes à tarte, les biscuits apéritifs et les confiseries. Pourtant, ces conservateurs sont suspectés d’être cancérogènes. Ils seraient également des perturbateurs endocriniens. En clair, ils détraqueraient notre système hormonal, au point que l’Australie en a déjà interdit certains.

Les arômes artificiels

C’est la baguette chimique de l’agroalimentaire. Grâce à eux, on injecte par exemple le goût du boeuf ou du poireau dans un plat cuisiné. Une glace à l’« arôme naturel vanille » ne signifie pas que son arôme provient des gousses de la vanille, mais qu’il a été obtenu industriellement à partir d’un processus biologique comme le développement d’un champignon (pour l’arôme noix de coco), d’une bactérie ou de copeaux de bois (arôme fraise). Si la même glace affiche « arôme vanille », il s’agit le plus souvent de molécules odorantes de synthèse, concoctées de A à Z en laboratoire. Longtemps jugés inoffensifs, ils sont soupçonnés aujourd’hui d’agir sur notre cerveau comme un leurre qui perturberait le sentiment de satiété et nous pousserait à manger plus.

L’acide benzoïque (E 210 à E 213)

Ce conservateur de synthèse favoriserait chez certaines personnes les allergies, les crises d’asthme et l’urticaire. Il continue pourtant d’être utilisé dans une kyrielle d’aliments, comme les sodas, les limonades, les soupes et les bouillons industriels.

Les colorants (tous les E 1...)

La tribu des colorants aligne plusieurs dizaines de membres. Sauf qu’on soupçonne fortement certains d’entre eux de jouer un rôle dans les allergies alimentaires, voire d’être cancérogènes. Depuis peu, ils sont aussi montrés du doigt dans le syndrome d’hyperactivité des enfants. C’est entre autres pour cette raison que sont interdits aux Etats-Unis le E 110, qui donne sa jolie couleur orangée au flan, le E 104, qui rehausse le jaune des bonbons et des gâteaux, ou encore le E 124, que l’on trouve notamment dans les pâtisseries aux fruits rouges.

Le ferrocyanure (E 535)

Ce dérivé du cyanure est notamment utilisé dans les sels fins de table pour éviter que les grains ne collent. Employé à très faibles doses, cet antiagglomérant n’est pas toxique, mais il peut provoquer des allergies.

L’huile de palme

L’agroalimentaire en raffole parce qu’elle a un goût neutre et qu’elle n’est pas chère. On en trouve dans les tablettes de chocolat, les sauces préparées, les pains industriels, les biscottes, les cornets de glace, les mayonnaises, les biscuits apéritifs et même dans certains produits « bio ». L’huile de palme contient des acides gras saturés qui font grimper le taux de cholestérol dans le sang. Sa présence se devine aussi sur l’étiquette derrière l’intitulé « acides gras saturés », « matière grasse végétale » ou « MGV ».

Les huiles hydrogénées

C’est le must de la malbouffe : de l’huile de palme ou de maïs solidifiée par injection d’hydrogène pour rendre plus croustillants les biscuits, les frites industrielles, les cornets de glace, les barres de céréales ou encore la pâte à pizza. On en avale en moyenne 2,7 grammes par jour, alors que la consommation quotidienne d’un seul gramme peut faire grimper de 20 % le risque de maladies cardiovasculaires en raison de la quantité de mauvais gras qu’elles contiennent et qui s’attaquent aux artères. Les huiles dites « partiellement hydrogénées » favoriseraient aussi l’apparition des cancers du sein et de la prostate. D’ailleurs, au Danemark, l’industrie alimentaire n’a plus le droit de les utiliser. A bannir de votre charriot.

Les sulfites (E 220 à 228)

Ajoutés dans le vin, notamment les blancs et les rosés, comme conservateurs chimiques, les sulfites provoquent des réactions allergiques et des maux de tête. On en trouve aussi dans certaines moutardes, crevettes congelées...

Les édulcorants (E 950, E 951, E 955)

De nombreux produits estampillés « sans sucre ajouté » contiennent l’un de ces trois édulcorants. Pourtant, on a de plus en plus de doutes sur leur innocuité, en particulier pour la femme enceinte. Selon une récente étude menée sur le rat, l’aspartame (E 951) pourrait ainsi être cancérogène pour le foetus. Les autorités sanitaires, qui se contentent pour l’essentiel des données fournies par les fabricants, se sont jusqu’à ce jour bornées à fixer les doses journalières à ne pas dépasser. Un seuil qui pourrait être atteint par certains enfants ou adolescents gros consommateurs de sodas et d’autres produits light. Fait aggravant : l’agroalimentaire mélange fréquemment les édulcorants, alors que l’on ne connaît rien quant à la toxicité de ce type de cocktails.

Les nitrites (E 249 et E 250)

Ils permettent au jambon de garder sa belle couleur rose. Les sels de nitrites sont des conservateurs que l’on retrouve dans presque toutes les salaisons et les conserves où ils servent à neutraliser les toxines. Le problème est qu’une fois dans l’organisme les nitrites peuvent se transformer en nitrosamines, des molécules qui se révèlent cancérogènes en fonction des doses ingérées.

1) Les multinationales veulent du mal à notre santé

Le lobbying des multinationales contre la santé publique

En 2002, l’État américain de l’Oregon voulait légiférer pour imposer sur les étiquettes le signalement de la présence d’OGM dans les aliments. Les multinationales de l’alimentation ont alors mis en place un grand lobby pour contrecarrer cette résolution dont l’objectif était la santé publique et non le profit des actionnaires comme cela se fait normalement dans la société capitaliste. Pepsico a engagé dans ce lobbying 127,000$, Procter & Gamble, 80,000$... Et l’Oregon a retiré sa proposition de loi.

En France, suite à une initiative parlementaire, une loi est votée le 9 août 2004. Elle stipule dans son article 30 que les distributeurs automatiques de boissons et de produits alimentaires payants accessibles aux élèves seront interdits dans les établissements scolaires à compter du 1er septembre 2005. Elle vise particulièrement les « chips », barres chocolatées et boissons sucrées. Cette législation est judicieuse car les distributeurs poussent de nombreux élèves au grignotage permanent, y compris au détriment du repas de midi. De plus, ces "aliments" posent de nombreuses questions en matière de santé. Comme dans le cas de l’Oregon, les multinationales de l’alimentation se sont réunies pour mettre de la pression sur le gouvernement français. Résultat : des aspects centraux de la loi ont été retirés.

Qui sont donc ces multinationales ?

Une dizaine contrôle une grande partie du marché mondial. Nous pouvons citer Nestlé, Unilever, Mondelèz, Pepsico, Coca Cola, Kellogs, Kraft, Mars, Procter & Gamble... Leur influence politique est considérable. Nous venons de le démontrer sur des cas concrets pour l’Oregon et la France.

Le processus de monopolisation (oligopole, cartel) du marché alimentaire par ces grandes sociétés pose évidemment de nombreux problèmes :

- de corruption d’élus et magistrats achetables

- d’ententes de type cartel sur les prix

- de contradiction entre leur intérêt privé et l’intérêt public.

Multinationales, pollution et menaces sanitaires

La multinationale américaine Kraft a investi massivement dans une entreprise de lobbying auprès de l’administration Bush afin de militer contre le protocole de Kyoto. Elle n’entreprenait pas cette démarche par souci environnemental mais au contraire, pour faire valoir l’intérêt des multinationales contre l’intérêt général.

La société Procter & Gamble a combattu, quant à elle, afin d’affaiblir des projets de lois environnementales européennes concernant les produits chimiques. Elle a obtenu gain de cause : la loi adoptée au final en 2003 par le parlement européen ne protège que très peu les citoyens et l’environnement de substances toxiques présentes dans les produits ménagers.

Le dossier de l’huile de palme résume la logique de profit des multinationales :

- coût très bas

- destruction de l’environnement (déforestation à grande échelle, extinction d’espèces animales, émission de gaz à effet de serre)

- exploitation des populations avec la délocalisation de communautés locales menant à des situations violentes

- menaces sanitaires

Multinationales et impérialisme

En Amérique latine, la multinationale américaine United Fruit porte une large responsabilité dans plusieurs coups d’état militaire et massacres à l’encontre de syndicalistes, salariés et militants contestant l’esclavage qu’elle impose.

United Fruit : Bananes, avocats et mitrailleuses

En Afrique, Nestlé a été poursuivie en 2005 par l’ILRF (International Labor Right Fund) pour trafic d’enfants. Ces enfants sont amenés en Côte d’Ivoire à partir des pays environnants pour travailler sur les plantations de cacao utilisées par la compagnie. Malgré plusieurs avertissements lancés à l’endroit de Nestlé afin de les informer de ces pratiques, Nestlé n’a jamais vraiment réagi sur la question avant la poursuite. Une autre poursuite a été lancée aux États-Unis, où Nestlé est accusé de complicité pour esclavage, enlèvement et torture d’enfants dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest. (Source ContreInfo)

En Chine, Pepsico et Nestlé ont été condamnées pour pollution de cours d’eau. Unilever a illégalement déversé 7,4 tonnes de déchets contaminés au mercure à l’entrée de la forêt Pambar Shola en Inde, juste à côté d’une ville à forte densité de population.

Conclusion

Depuis la rédaction de ce court texte de nouveaux éléments sont venus aggraver le dossier des multinationales, par exemple en ce qui concerne :

- l’exploitation des gaz de schiste

- les brevets et le prix des médicaments.

Décidément, il est temps de construire un lieu mondial d’affirmation du rapport de forces (ne serait-ce qu’un prolongement des forums sociaux mondiaux) face à ces multinationales.

Jacques Serieys


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