29 août 2005 : L’ouragan Katrina ravage la Louisiane et satisfait Milton Friedman, idéologue libéral

jeudi 7 septembre 2017.
 

Réaction de l’idéologue libéral Milton Friedman "Rien ne vaut une bonne crise ou un désastre national pour vendre des biens publics à des intérêts privés".

Katrina.

Un joli prénom, pour un ouragan dévastateur et meurtrier.

Rappelez-vous. La Nouvelle-Orléans. La Louisiane. 29 août 2005.

Le passage de l’ouragan Katrina cause des dégâts considérables le long du littoral, frappant la Louisiane avec des vents qui soufflent jusqu’à 224 km/heure avant de balayer le Mississippi, l’Alabama et l’ouest de la Floride.

A la Nouvelle-Orléans, les digues du lac Pontchartrain, mal entretenues et défectueuses, cèdent en plusieurs endroits provoquant l’inondation de 80 pour cent de la ville.

Deux jours auparavant le président Bush, encore en vacances, prenait le temps de décréter l’état d’urgence ; les autorités locales, elles, exhortaient la population à évacuer la ville.

C’est ce que feront les familles les plus aisées, qui prendront leur voiture pour se mettre à l’abri dans des motels ou chez des amis.

Ce ne sera pas le cas de dizaines de milliers de gens qui, sans aucun moyen de se déplacer, resteront sur place, sans abri, sans nourriture et sans eau potable, piégés par les eaux croupies où flottent des cadavres.

Privés de secours, sans personne pour même songer à leur faire parvenir de l’eau et de la nourriture, sans la possibilité d’être hélitreuillés, certains iront se servir dans les magasins d’alimentation environnants, partageant leurs trouvailles avec les autres sinistrés.

Les grands médias, eux ne trouveront rien de mieux que de criminaliser ces gens en faisant du battage sur ces « gangs de pilleurs violents » afin de détourner l’attention de la criminelle irresponsabilité des autorités à tous les niveaux.

Ces pauvres seront entassés au Superdome, un grand gymnase, ou dans d’autres abris de fortune dans des conditions sanitaires épouvantables, ou bien ils seront poussés dans des cars en partance pour des destinations incertaines, ou bien encore, ils partiront à pied, errant dans une ville dévastée où la traversée des beaux quartiers leur est interdite.

La Garde Nationale et d’autres unités arriveront enfin.

Hélas, non pas pour leur porter secours, mais pour tous les faire évacuer et pour protéger les propriétés privées. Des troupes équipées de fusils d’assaut et des colonnes de « humvees » montés de mitrailleurs sillonnent les rues de la ville.

Ray Nagin, le maire de La Nouvelle-Orléans donnera l’ordre, le 6 septembre, d’évacuer de force les résidents restants (des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes).

Et l’armée a l’ordre de "tirer pour tuer".

Les pays pauvres, émus de la souffrance de ces populations, proposent des aides. Cuba, entre autres, offre d’envoyer une aide sanitaire substantielle. Le gouvernement Bush ne daignera même pas répondre.

Cet ouragan aura fait officiellement 1 836 morts et 705 disparus.

Un beau gâchis qui n’aura pas désespéré tout le monde.

Profitant du départ de ces familles défavorisées et de la destruction de centaines de logements mal entretenus, les entreprises privées feront main basse sur les services publics, en particulier les écoles, où nombre d’écoles publiques passeront entre les mains du privé (les "charter schools").

Milton Friedman, l’économiste américain, qui mourut un an plus tard, en novembre 2006 avait déclaré :

"Rien ne vaut une bonne crise ou un désastre national pour vendre des biens publics à des intérêts privés, pendant que les citoyens sont sous le choc et que leurs collectifs sont impuissants".

Qu’en est-il, trois ans plus tard ? Bill Quigley, avocat spécialiste des droits de l’homme et professeur de droit à l’université Loyola de la Nouvelle Orléans, dresse un bilan chiffré de l’état de la ville et de son agglomération aujourd’hui.

Bill QUIGLEY

par Des bassines et du zèle


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