Chansons de la Révolution française

samedi 15 décembre 2018.
 

1) Ah ! ça ira, ça ira, ça ira

Pour visionner la video comprenant ce chant interprété par Edith Piaf dans le film "Si Versailles m’étais conté", cliquer sur le titre ci dessous, en bleu.

Ah ! ça ira, ça ira, ça ira (par Edith Piaf)

2) La Carmagnole

Pour écouter ce chant, cliquer sur le titre ci-dessous, en bleu.

La Carmagnole

3) Motion des harangères de la Halle sur l’air de "Catiau dans son galetas"

Cette chanson de 1789 est intéressante pour plusieurs raisons :

- elle montre bien l’état d’esprit des milieux populaires en 1789, fidèles au roi, mais haineux vis à vis de tous les profiteurs ( noblesse, haut clergé...)

- elle est typique de ces innombrables chants produits par les mouvements sociaux.

Ces grands états généraux

F’ront-ils du brouet d’andouille ?

Ces messieurs s’ront-ils si sots

Que d’s’en r’tourner chez-eux bredouilles,

Quand par miracl’un bon roi

Veut faire le bien et d’si bonne foi ? (bis)...

C’n’est pas dans les plus petites gens

Qu’est la plus grande canaille,

C’est dans ces chiens d’Parlement,

Dans c’te noblesse et c’te mitraille,

C’n’est pas leux roi, si loyal,

Qu’ils aimont, c’est l’coffre royal (bis)...

Au lieu d’payer ces tyrans

N’voulant qu’pêcher en eau trouble,

Et plus nos malheurs sont grands,

Plus leur avidité redouble,

Quand le feu prend aux maisons,

Ca fait la fortune aux larrons. (bis)...

Si les grands troublent encor,

Que le diable les confonde !

Et puisq’ils aiment tant l’or,

Que dans leur gueule on en fonde !

Voilà les sincères vœux

Qu’les harangères font pour eux (bis)

Histoire de France par les chansons, P Barbier-F. Vernillat,BN ms.fr.n°6620,na.,1789 Clé du caveau n°505

4) Couplets sur la cocarde nationale

18 juillet1789

paroles de Mercier

air de : On compterait les diamants

J’admire la variété

De ces rubans, de cette aigrette,

Dont le citoyen exalté

Embellit à l’envie sa tête.

Emblême de l’égalité

Une cocard’est sa marotte ;

Le Savoyard march’à côté

Du gentilhomme qu’il décrotte (bis)...

Des fléaux de la nation

Pour chasser la horde funeste,

Il n’a fallu que l’union

Du bleu, du rouge et du céleste ;

Le blanc annonce la candeur

D’âme vraiment républicaine ;

Le bleu fait présager au cœur

Une existence plus sereine. (bis)

Reste le rouge, mais comment

Lui trouverai-je une origine ?

M’y voici, c’est que, sûrement,

Les fleurs viendront après l’épine ;

Peut-être encore, sexe charmant,

Chaque preux, défendant ta cause,

A voulu porter galament

Ta couleur en prenant le rose. (bis)

histoire chantée de la 1ère République. 1789 à 1799. Louis Damade, Paris, 1892

5) Notre Saint père est un dindon. Air de : O filii et filiae

Cette chanson de 1789 symbolise la poussée anti-cléricale des milieux populaires en opposition aux milieux cléricaux réactionnaires qui condamnent violemment la Déclaration les droits de l’homme...

Notre saint Père est un dindon

Le calotin est un fripon,

Notre archevêque un scélérat.

Alléluia.

Ces malheureux ont arrêté

Les bienfaits de sa majesté ;

Tôt ou tard il en périra.

Alléluia.

A quoi sert la confession,

Ainsi que l’absolution ?

Le Seigneur nous la donnera.

Alléluia.

Le clergé s’est bien entêté,

Le pain a toujours augmenté,

Mais Necker le diminuera.

Alléluia.

Ils ont caché tous leurs trésors,

Empilés dans des coffres-forts.

Mais bientôt on les trouvera.

Alléluia.

Grand Dieu ! Mettez fin à nos maux,

Délivrez-nous de ces corbeaux ;

Nous chanterons des libera.

Alléluia.

histoire chantée de la 1ère République. 1789 à 1799. Louis Damade, Paris, 1892

6) L’abolition des privilèges

air de : Avec les jeux dans le village

Enfans d’un vrai peuple de frères

Gouverné par les mêmes lois,

Sous l’empire heureux des lumières

Jouissez tous des mêmes droits :

Non, la liberté n’est qu’un piège.

Par l’avare orgueil apprêté,

Tant que le mot de privilège

Blesse la sainte égalité. (bis)...

Jamais l’infâme despotisme

N’osera souiller nos regards.

Comme aujourd’hui si le civisme

Brille toujours dans nos remparts ;

Songeons qu’il conserve et féconde

Le bien, sans lui trop incertain,

Que pour le bonheur de ce monde

Peut enfanter l’esprit humain. (bis)

Ce monde entier qui nous contemple

Brûle ici de nous imiter ;

L’honneur de lui donner l’exemple

Est bien fait pour nous exalter :

Prouvons-lui que de l’esclavage

Qu’il voit à nos pieds abattu,

Qui triomphe par le courage

S’en préserve par la vertu. (bis)

Que notre accord inébranlable

Offre, législateurs unis,

Une barrière insurmontable

Aux efforts de nos ennemis :

Contre eux, d’une ardeur peu commune,

Que chaque orateur transporté

Lance du haut de la tribune

Les foudres de la vérité. (bis)

Sages, que la France rassemble

Pour concourir à son salut,

Unissez vos moyens ensemble,

N’ayez jamais qu’un même but :

Aux principes toujours fidèles,

Tous n’ayez jamais qu’un seul cœur ;

Voilà les bases éternelles

De sa gloire et de son bonheur. (bis)

histoire chantée de la 1ère République. 1789 à 1799. Louis Damade, Paris, 1892

7) Chanson contre le ci-devant roi et sur les trahisons de l’exécrable Bouillé

air : Catiau dans son galetas

Cette chanson s’en prend :

- d’une part au général de Bouillé fusilleur des militaires de Nancy qui avaient créé des comités de soldats, adhéré au club des jacobins et fraternisé avec la garde nationale. De plus Bouillé a menacé de marcher sur Paris

- d’autre part au roi qui cherche à fuir la France le 20 juin 1791 et à rejoindre les troupes de Bouillé

Français, voici le moment

De montrer notre courage,

Louis fausse son serment.

Pour nous préserver de l’orage

Restons toujours bien unis

Et nous vaincrons nos ennemis. (bis)

Louis étoit notre ami

Nous le nommions notre père

Sans rien dire, il est parti

Hélas ! Qu’espéroit-il donc faire ?

C’est l’exécrable Bouillé

Qui dans la France a tout troublé. (bis)

Dans l’affaire de Nanci

Il eut en vain des louanges

Croyant avoir réussi,

Du vrai, du faux fit des mélanges

Sous le nom de citoyen

Ses faits montrent qu’il ne vaut rien. (bis)

Il voudroit par ses écrits

Faire aux Français des menaces

On les voit avec mépris

Les Français lui font des grimaces

Sa clique ne nous fait pas peur

Qu’il viennne s’il a du cœur. (bis)

Sa clique ne nous fait pas peur

Ce traitre est donc bien subtil

Pour vaincre la capitale

Sachant la route, dit-il

Mais la force nationale

Se mocque de ses discours. (bis)...

Qu’il viennne, qu’il vienne à Paris

Vivre libre, c’est la loi

De tout le peuple de France

Mais soutenir un faux roi,

Tout bon Français autrement pense

Nous connoissons les vertus

Du vice nous n’en voulons plus.

BHVP n° 9312

8) Les voyages du bonnet rouge

paroles de : Sallé

air de : On doit soixante mille francs

Le bonnet de la liberté

Brille et voyage avec fierté

En dépit des despotes. (bis)

Sa course embrasse l’univers

Partout il va briser les fers

Des braves sans-culottes. (bis)

Déjà ce signe rédempteur

Imprime une juste terreur

Sur le front des despotes. (bis)

Ils s’arment en vain contre lui !

Les sceptres tombent aujourd’hui

Devant les sans-culottes. (bis)

A Rome, à Londres, à Berlin,

A Vienne, à Madrid, à Turin,

On voit les fiers despotes, (bis)

Sur ce bonnet, en lettres d’or,

Lire tous l’arrêt de leur mort,

Au gré des sans-culottes. (bis)

L’esclave, enfant de Mahomet,

Libre en recevant ce bonnet

Va frapper ses despotes. (bis)

Déjà sous les yeux du sultan

Il bénit le nouveau turban

Des Français sans-culottes. (bis)

Enfin, de Paris au Japon

De l’Africain jusqu’au Lapon,

L’égalité se fonde. (bis)

Tyrans, le sort en est jeté :

Le bonnet de la liberté

Fera le tour du monde. (bis)

histoire chantée de la 1ère République. 1789 à 1799. Louis Damade, Paris, 1892

Le bonnet rouge, symbole de la liberté retrouvée, de la fin de l’esclavage. En lui faisant faire le tour du monde, l’auteur cherche à montrer que rien ne peut arrêter les principes universels et moteurs de la Révolution.

9) Chanson fêtant la reconnaissance du droit au divorce

dialogue entre Mme Engueule, Mme Saumon, harangères et M. Mannequin, fort de la halle

air de : Les marigniers d’la guernouillère ou : On doit soixante mille francs

Mme ENGUEULE

J’aurons l’divorce, ma commère,

En dépit de nos calotins.

Avec leux quatre mots latins

Du mariage, ils font eunn’galère.

Et l’sacrement nous plonge encor,

Au fond d’l’enfer, après la mort.

Jeune brebis douce et gentille

Tombe à vieux vilain loup garou

On met du dur avec du mou

Pour l’intérêt de la famille

La jeune fille ne veut pas

Mais papa l’veut ; faut sauter l’pas.

C’te pauvre enfant qu’on tyrannise

Obéit, et n’ose pas broncher.

Comme l’agneau va cheux l’boucher,

Telle elle va triste à l’église.

Sa bouche y dit, oui, son cœur, non,

V’la qu’est bâclé ; l’mariage est bon.

Mme SAUMON

N’y a pu moyen de s’en dédire,

Par l’indissolubricité,

Du bon Dieu, c’est la volonté

Qu’all souffre un éternel martyre,

V’la comm’vous raisonne un cagot,

Qui d’son Dieu fait un ostrogot.

Mme ENGUEULE

Faut d’la vertu, pu gros qu’un ange,

Pour que l’mâtin n’soit pas cocu :

Bientôt la tête emporte l’cul,

Faut ben gratter où ça démange,

Un galant gratte, et par un sort,

V’la qu’ça démange encor pu fort.

Mme SAUMON

Pour la vertu faut être libre

L’choix qu’on fait soy même est l’seul bon,

L’mariage est comme le canon

Faut qu’son boulet soit de qualibre,

Sinon il rate ou porte à faux

Et c’est j’ter sa poudre aux moignaux.

Mme ENGUEULE

Avec l’divorce mon chien d’homme

N’me f’ra pu tant son embarras ;

Il n’vendra plus jusqu’à nos draps

Pour payer ses d’misquiés d’rogôme ;

Il sçaura que j’peux l’planter là

Et ça seul le corrigera.

Mme SAUMON

Et l’mien donc, qui porte à sa gueuse

C’que j’gagne, et jusqu’à mes jupons.

J’en f’ray justice, j’t’en réponds.

Tu verras c’te belle engueuseuse,

Drès que l’divorce sera v’nu,

Les yeux pochés, et l’cul tout nu.

D’ailleurs que f’roient les droits de l’homme

Sans l’divorce point d’liberté.

Leux indissolubricité

Est eune chaîne all vient de Rome,

J’lavons traînée assez long-temps ;

Plus d’chaîne, et qu’les Français soient francs.

La joye de la nation BHVP n° 12031

10) Le chant du départ

Pour écouter ce chant connu, cliquer sur le titre ci-dessous :

Le chant du départ


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