18 mai 1925 : les premières élues de la République française

dimanche 19 mai 2019.
 

29 avril 1945 : Les Françaises votent... enfin

Le 18 mai 1925, trois femmes sont illégalement élues à l’occasion des élections municipales. Dans l’entre deux guerre, la France est l’un des derniers pays à n’avoir accordé ni le droit de vote ni l’éligibilité aux femmes. Les différentes propositions de loi qui l’auraient permis ont à chaque fois rencontré l’opposition du Sénat, instance soi-disant nécessaire pour sa sagesse mais qui prend le plus souvent la forme de l’archaïsme réactionnaire. Les femmes, malgré leur rôle dans la Grande guerre, ne peuvent donc participer à la vie démocratique de la cité.

Le mouvement socialiste n’avait pas attendu la guerre pour mener la bataille féministe. Il avait organisé les candidatures illégales de plusieurs femmes aux élections municipales de 1881 avec Léonie Rouzarde dans le XIIème arrondissement et aux législatives de 1910, en présentant Madeleine Pelletier dans le VIIIème arrondissement ou soutenant Elisabeth Renaud dans l’Isère.

Dans les années vingt, le Parti communiste reprend ce mode d’action pour tout à la fois dénoncer la société bourgeoise fondée sur le patriarcat et permettre d’intégrer les femmes dans la lutte contre le capitalisme. Il décide de présenter des femmes sur ses listes lors des élections municipales de 1925. Dans la Seine, trois femmes sont élues : Augustine Variot à Malakoff, Marie Chaix à Saint-Denis et Marthe Tesson à Bobigny. Dans ces villes, la commission électorale a accepté de comptabiliser les suffrages obtenus au même titre que ceux de leurs colistiers. Voter pour des femmes, n’a pas effrayé les hommes de ces communes. Rares sont ceux qui ont rayé leur nom sur les bulletins : Augustine Variot, par exemple, recueille 2 321 voix, c’est-à-dire seulement 62 de moins que la moyenne de la liste.

Au lendemain de cette élection, le Parti communiste va encore plus loin en attribuant des responsabilités municipales à certaines d’entre elles. Marthe Tesson est élue deuxième adjoint de Bobigny et Marie Chaix maire adjointe chargée des affaires sociales à Saint-Denis.

Elles exercent ces fonctions, jusqu’à ce que le Conseil d’Etat invalide leur élection en janvier 1926. C’est par de telles actions de désobéissance civique que la lutte pour le droit de vote des femmes progresse avant d’aboutir à la Libération.


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