Elections cantonales Le Front de Gauche à plus de 10% ce 20 mars 2011

dimanche 17 juin 2018.
 

Ces élections cantonales 2011 confirment notre analyse de la période politique en France :

- une forte insatisfaction qui cherche une expression politique et vote systématiquement contre ceux qui occupent le pouvoir.

- une crise du rapport entre les citoyens et les institutions. Jean-Luc Mélenchon a noté fort justement dès l’annonce des premiers résultats "Le fossé se creuse chaque jour davantage entre la masse des citoyens français et les institutions qui les représentent". L’abstention en constitue l’indice évident : après 59% d’abstention lors des élections européennes de 2009 et 54% lors des élections régionales de 2010, voici 55% pour des cantonales traditionnellement plus mobilisatrices de l’électorat.

- une crise des partis politiques dominants avec à droite seulement 17% pour l’UMP. Aussi, beaucoup de candidats avaient choisi une étiquette Divers droite (32% pour UMP, Nouveau Centre, DVD). Le Front National continue à siphonner l’électorat populaire de droite (19,2% en moyenne pour ses candidats au plan national).

Ces élections confirment aussi notre analyse de la conjoncture politique avec une usure de la droite et de Nicolas Sarkozy. Les résultats du Second tour peuvent leur donner des sueurs froides dans la perspective des présidentielles et législatives de 2012 : 50,23% à gauche, 35,56% à droite, 11,57% pour le Front National. La "majorité présidentielle" paie sa réforme des retraites de 2010 comme ses diverses lois antisociales. Le maintien d’un cap libéral lié aux politiques de l’Union européenne peut un jour mener à une crise politique majeure dans un pays comme la France. Le problème, c’est que le Front National a pris une longueur d’avance sur le terrain d’une affirmation comme alternative parce qu’il rassemble toutes les forces importantes à droite de l’UMP ; si nous ne réussissons pas la même unité à gauche du PS, il n’est pas certain que nos lendemains chantent.

Seuls, quatre départements sont changé de majorité de la droite vers la gauche (Jura, Pyrénées-Atlantiques, La Réunion et Mayotte) pour un important passé de gauche à droite ( Val d’Oise). Le vote à gauche ne peut donc pas être analysé comme une victoire électorale significative d’une aspiration populaire, encore moins comme un raz de marée. L’électorat se prononce plus par défaut que par adhésion.

Les candidats du Front de Gauche (PCF, PG) ont attiré 10,38% des suffrages au premier tour. Il s’agit d’un succès important affirment Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent ; ils ont raison ; notons seulement que cela est surtout dû aux candidats locaux plus qu’à un rapport de force national porté par le Front de Gauche, contrairement au FN. Parmi les bilans positifs de cette élection pour le Front de Gauche, notons des exemples départementaux réussis d’alliance politique comme en Haute Vienne (FG et NPA).

Jacques Serieys

Cantonales 2011 : 10,38% pour le Front de Gauche ! (résultats définitifs donnés par le ministère de l’intérieur)

1) Commentaire de Jean-Luc Mélenchon

Le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, estime que le Front de gauche (coalition PCF-PG) a atteint son objectif au premier soir des cantonales. "Le Front de gauche a atteint son score à deux chiffres. Cela atteste d’une radicalisation des électeurs", a-t-il ajouté. "La progression du FN confirme aussi cette radicalisation. La base populaire de l’UMP a changé de chef", a lancé Jean-Luc Mélenchon. "L’UMP s’est pris une raclée et le FN lui a fait les poches. C’est le bilan de la soirée".

2) Quelles leçons du 1er tour des cantonales (Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard) Video

Pour accéder à cette video très intéressante, cliquer sur l’adresse URL ci-dessous :

http://www.dailymotion.com/video/xh...

3) Réactions PCF, PS, EEVerts, UMP

Front de gauche

* Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a affirmé, au soir du premier tour des élections cantonales, que la forte abstention marquait "la défiance de millions d’électeurs vis-à-vis de la vie politique", pointant la "responsabilité du gouvernement". "Elle marque la défiance de millions d’électeurs vis-à-vis de la vie politique dans laquelle ils ne se reconnaissent plus. C’est aussi la responsabilité du gouvernement", a affirmé le secrétaire national. "On n’a jamais vu un scrutin aussi méprisé par un gouvernement. C’est un très mauvais coup à la démocratie", a-t-il ajouté. Il a souligné que par rapport au Front national, il n’y avait "pas de triangulaire possible, mais des duels gauche/Front national et droite/Front national". "On appellera à voter à gauche, à battre le Front national dans l’autre situation", a-t-il précisé.

* Le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a déclaré que le Front de gauche (coalition PCF-PG) avait atteint son objectif, en atteignant "son score à deux chiffres" au premier tour des cantonales. "Nous avons atteint notre objectif", a-t-il déclaré. "Le Front de gauche a atteint son score à deux chiffres. Cela atteste d’une radicalisation des électeurs", a-t-il ajouté. "La progression du FN confirme aussi cette radicalisation. La base populaire de l’UMP a changé de chef", a lancé M. Mélenchon.

Parti socialiste

* La première secrétaire du Parti socialiste (PS), Martine Aubry, a appelé "tous les Français" à "amplifier leur vote" au second tour des élections cantonales pour exprimer leur "exaspération" et leur "volonté de changement". Les électeurs "ont donné un double message, à la fois un refus de la politique de M. Sarkozy et un désir de changement", a dit Mme aubry plus tard sur France 2.

* Harlem Désir, numéro deux du PS, "Le gouvernement ne pourra cacher sa défaite historique dans les départements derrière l’abstention. Il a tout fait pour effacer ce scrutin mais le message des Français est clair", a estimé M. Désir. "La droite reçoit une double sanction pour sa politique et pour avoir attisé la flamme du Front national, sa responsabilité est grave", a-t-il estimé.

* Le président du groupe PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, a qualifié dimanche le premier tour des cantonales de "véritable vote sanction" de la politique du gouvernement et a appelé les forces de gauche "à se rassembler" pour le second tour. "Pour le gouvernement et la droite, cette élection constitue un véritable vote sanction" et "l’abstention très importante s’explique par une entreprise de démobilisation facilitée par le gouvernement", a déclaré M. Bel.

* François Hollande, ancien premier secrétaire du PS et probable candidat aux primaires socialistes, a déclaré dimanche soir sur LCI qu’en cas de duel UMP/FN au second tour, il fallait "faire barrage au FN" et "voter pour le candidat UMP".

Europe écologie les Verts

* Cécile Duflot (EELV) : "Nous appelons tous les électeurs à faire barrage au FN"

UMP et majorité présidentielle

* François Fillon, Premier ministre : "Je ne peux que regretter que les Français ne se soient pas mobilisés pour choisir les élus qui prennent des décisions importantes pour leur vie quotidienne. J’invite chacun à se mobiliser pour le second tour car, dans beaucoup de cantons, rien n’est encore joué. J’invite chaque électeur à la responsabilité car notre démocratie locale, loin des postures démagogiques, mérite des élus capables de construire l’avenir des départements."

* Le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé a déclaré qu’en raison du taux d’abstention au premier tour des cantonales, on ne pourrait "pas tirer d’enseignement national de ce scrutin".

4) Bilan du premier tour (L’Humanité)

Une gifle pour l’UMP

Ces résultats confirment le pari raté de l’UMP. Le parti présidentiel a tout fait pour passer sous silence ces cantonales, dernier rendez-vous électoral avant les présidentielles et législatives de 2012, afin de minimiser le vote sanction contre Nicolas Sarkozy et sa majorité. Mais la claque est bien arrivée et elle est retentissante. Au deuxième tour, dimanche prochain, la gauche est bien placée pour augmenter le nombre de conseils généraux qu’elle contrôle (actuellement 58).

La gauche rassemblée au deuxième tour

Les dirigeants du PS Martine Aubry, d’Europe Ecologie-Les Verts Cécile Duflot et du PCF Pierre Laurent ont appelé ensemble, dimanche soir, au rassemblement de la gauche pour le deuxième tour des élections cantonales, afin d’"amplifier" leur victoire et contrer le FN. Un peu avant, Marie-George Buffet avait déjà donné le ton en demandant à "toute la gauche de se rassembler derrière les candidats de gauche les mieux placés pour donner la raclée nécessaire à la droite et à l’extrême droite... Les hommes de ce pays ont voulu sanctionner Nicolas Sarkozy, car ils n’en peuvent plus." De son côté, Jean-Luc Mélenchon a expliqué : "L’UMP s’est pris une raclée et le FN lui a fait les poches. C’est le bilan de la soirée."

Le Front de gauche, deuxième force à gauche

La logique de rassemblement promue par le Front de gauche semble couronnée de succès et devrait atteindre les 10%, car le ministère ne comptabilise pas l’ensemble des candidats FG dont certains sont classés extrême-gauche. De quoi ravir les composantes du FG. Pierre Laurent (PCF) s’est dit "plutôt confiant" pour conserver les présidences des deux départements PCF, le Val-de-Marne et l’Allier. Il pense même que les communistes vont augmenter leur centaine de conseillers généraux au deuxième tour et, ainsi, rester la deuxième force à gauche. Au QG du Parti de gauche, Eric Coquerel s’est félicité de "l’alliance large FG/NPA" qui "porte ses fruits dans la Haute-Vienne". "Nous sommes manifestement la deuxième force à gauche derrière le PS", a-t-il dit, appelant "au rassemblement sans exclusive de toute la gauche".

Dans un communiqué, le Front de Gauche (FG) voit dans ce premier tour "un encouragement à poursuivre sur la voie de la construction d’un Front de Gauche à même de bousculer encore davantage la donne à gauche et d’imposer le rassemblement de la gauche autour d’un programme de rupture avec les logiques capitalistes et productivistes."

5) L’UMP va aider le FN pour le second tour

Malgré la perspective de 52 duels gauche/FN au second tour dans 36 départements (décompte AFP), le secrétaire général de l’UMP est resté cloué à ses certitudes. Jean-François Copé a déclaré qu’il laissait les électeurs du parti majoritaire "libres de leur choix" en cas de duel "gauche/extrême droite" au second tour, refusant le vote FN et le "front républicain". De quoi régaler la présidente du Front national. Marine Le Pen s’est félicitée du"recul assez lourd de l’UMP" et a appelé à "renforcer la vague bleue Marine" au second tour.

A gauche, le réflexe est tout autre et le PS, le Front de gauche et les Ecologistes appliqueront le principe de front républicain. En cas de duel UMP/FN au second tour, les trois mouvements demandent à leurs électeurs de voter pour le candidat UMP.


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