Sarkozy, Hollande, Macron : Salaires en baisse constante (INSEE) !

mardi 21 novembre 2017.
 

- 24) INSEE : Les salaires en France sont en recul constant
- 23) Salaires : Hollande a fait pire que Sarkozy
- 22) Vite, un SMIC à 1700 euros ! (PG)
- 21) Octobre 2015 91% des salariés veulent une augmentation de salaire
- 20) En 2013 (moins 0,8%) comme en 2012 (moins 1,3%), le salaire net moyen a baissé en France
- 19) Vague ininterrompue de grèves sur le salaires depuis 1 mois
- 17) Augmentation des salaires : une revendication à la hausse
- 16) L’INSEE, confirme « un ralentissement dans l’évolution du salaire de base »
- 15) Hollande Valls baissent les salaires (Jacques Serieys)
- 14) Hausse du SMIC : La mauvaise blague carambar
- 13) La rançon de l’austérité : baisse historique du pouvoir d’achat
- 12) Une vraie hausse du Smic serait à la portée des entreprises
- 11) Derrière le SMIC : 2 à 2,5% au SMIC ? 12% pour les banquiers ? (Editorial du Parti de Gauche)
- 10) SMIC : 0,6 % de coup de pouce, les salariés ne se satisferont pas d’une bouchée de pain (CGT)
- 9) Le coup de pouce du SMIC : « un sévère coup de froid » (O.Dartigolles - PCF)
- 8) Smic : le coup de pouce sous pression
- 7) La question du SMIC s’est progressivement installée dans le débat présidentiel (J-L Mélenchon)
- 6) La hausse du Smic à 1700 euros ? C’est juste et possible
- 5) Avec J-L Mélenchon, le SMIC à 1 700 euros c’est possible !
- 4) Avec Jean-Luc Mélenchon, il faut augmenter les salaires !
- 3) Hollande et les salaires (Jean-Luc Mélenchon)
- 2) Les salaires dans les 60 engagements de François Hollande
- 1) Projet socialiste 2012 et salaires : du baratin électoraliste (1er avril 2012)

24) INSEE : Les salaires en France sont en recul constant

Selon l’Insee, le revenu salarial annuel diminue dans l’Hexagone depuis 2009. Une baisse qui s’est accélérée en 2013, sans que l’emploi en profite malgré les prétendues vertus de la baisse du « coût du travail ».

En juillet 2016, l’Insee a publié son rapport sur l’emploi, le chômage et les revenus du travail. Une sortie que l’Institut national de la statistique a coordonnée avec celle du bilan annuel Dares Analyses « Emploi, chômage, population active », corédigé par la Dares (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du Travail) et l’Insee...

Privé ou public, le revenu salarial annuel est en chute

Les salaires sont en recul en euros constants dans le secteur privé pour la deuxième année consécutive (chiffres de 2013), avec un salaire net moyen de 2 200 euros en équivalent temps plein, soit – 0,3 % sur un an. Cette baisse est particulièrement sensible dans les services (– 0,7 %) et dans le commerce (– 0,5 %), écrit l’Insee, contrairement à l’industrie (+ 0,4 %) et à la construction (+ 0,5 %). Dans la fonction publique, la diminution est encore plus prononcée entre 2010 et 2013, due notamment au gel du point d’indice, avec – 0,7 % pour le salaire net moyen d’un fonctionnaire d’État, – 0,2 % pour un hospitalier et – 0,1 % pour un territorial. Au total, tous secteurs confondus, le revenu salarial annuel continue sa chute constatée en France depuis 2009, et celle-ci s’est même accélérée, avec – 0,4 % en 2013 après – 0,3 % par an entre 2009 et 2012. Le rapport fait également état d’une baisse des revenus moyens d’activité des non-salariés  : – 1,5 % en 2012 et – 2,6 % en 2013.

Enfin, l’Insee étudie les évolutions annuelles du revenu salarial, analysant que celui-ci « suit en moyenne le cycle de la vie professionnelle et qu’à 45 ans, il est en moyenne 4 fois plus élevé qu’à 25 ans ». Sauf que, pour environ 90 % des travailleurs les moins rémunérés, l’évolution est « en réalité beaucoup plus faible » tandis que, pour 10 % des salariés touchant déjà une paye conséquente, la progression est beaucoup plus forte (jusqu’à 11,9 fois pour les 1 % des salariés les mieux rémunérés). Là aussi, ce sont les jeunes, mais aussi les femmes, qui sont le plus exposés au « risque salarial », c’est-à-dire à la variabilité des revenus d’une année sur l’autre. Pour ces dernières, lorsque leurs revenus sont bas, ces différences résultent d’écarts de temps de travail. Alors qu’aux rangs intermédiaires et supérieurs de l’échelle, même en travaillant à temps plein, les femmes ont « des évolutions de salaire horaire et donc de revenu salarial moins favorables en moyenne et plus incertaines que les hommes ».

Olivier Morin, L’Humanité

23) Salaires : Hollande a fait pire que Sarkozy

Pour accéder à cet article 23, cliquer sur le titre en bleu ci-dessus.

22) Vite, un SMIC à 1700 euros !

Guillaume Etiévant Secrétaire National du Parti de Gauche à l’économie et au travail

Pas de surprise dans les annonces du gouvernement aujourd’hui. Après la débâcle électorale des régionales, Manuel Valls garde son cap. Après avoir osé dire qu’il entendait le message donné par les électeurs, il affirme qu’il n’y aura pas de coup de pouce au SMIC.

A compter du 1er janvier 2016, il sera fixé à 1 466,62 euros brut mensuel. Rappelons que plus aucune cotisation patronale ne pèse sur le SMIC depuis l’instauration du Pacte de responsabilité et que cet argent va directement dans les poches des actionnaires.

Le Parti de Gauche exige que le SMIC soit immédiatement revalorisé à 1700 euros brut, pour améliorer la situation des 1,7 million de salariés qui le touchent et pour que peu à peu cette hausse se diffuse à l’ensemble des salaires. C’est possible, il s’agit simplement de rediriger l’argent ponctionnée par l’oligarchie vers le peuple et en particulier ceux qui sont les plus fragiles.

21) Octobre 2015 91% des salariés veulent une augmentation de salaire

Un sondage réalisé les 2 et 3 octobre par l’institut Harris Interactive donne quelques indications sur l’état d’esprit des Français après deux années de baisse du salaire net moyen (voir partie 20 ci-dessous sur la base des travaux de l’INSEE).

- > 87% des smicards, 78% des ouvriers et 71% des employés considèrent que leur salaire est insuffisant pour vivre. Ces pourcentages sont encore plus élevés parmi les femmes.

- > 79% des ouvriers, 67% des employés, 65% des professions intermédiaires, 51% des cadres disent que leur pouvoir d’achat a baissé depuis 5 ans. Ce constat alarmant émane particulièrement des plus de 50 ans (76% toutes catégories professionnelles confondues).

- > 50% des salariés jugent qu’il leur faudrait au moins 400 euros de plus par mois pour vivre dignement (ce pourcentage atteint 60% parmi celles et ceux qui gagnent moins de 750 euros par mois).

- > 88% des salariés considèrent que le SMIC est actuellement trop bas, insuffisant pour vivre. 78% de ceux qui se déclarent politiquement proches du MODEM ont le même point de vue.

- > 67% des salariés se prononcent pour un SMIC entre 1300 et 1700 euros, soit 160 à 560 euros de plus qu’aujourd’hui (28% entre 1300 et 1499 euros, 39% entre 1500 et 1699 euros).

- > 67% estiment que leur entreprise a les moyens d’augmenter les salaires (79% dans les grandes entreprises).

- > 60% jugent les écarts de salaire trop importants dans leur entreprise.

- > 62% des ouvriers se déclarent prêts à faire grève pour l’augmentation des salaires.

20) En 2013 (moins 0,8%) comme en 2012 (moins 1,3%), le salaire net moyen a baissé en France

Mardi 15 septembre 2015, l’INSEE a publié ses statistiques concernant l’évolution des salaires. En 2013, la rémunération moyenne, en équivalent temps plein, des salariés du privé et des entreprises publiques – 2 202 euros nets par mois – a diminué de 0,3% en euros constants, c’est-à-dire en prenant en compte les effets de l’inflation.

Cette baisse est due à la poursuite de la dégradation du marché du travail, mais aussi, pour les ouvriers, et dans une moindre mesure pour les cadres, à la suppression du dispositif des heures supplémentaires défiscalisées et exonérées de cotisations sociales.

De plus, la baisse du salaire net moyen de l’ensemble de la population est freinée, explique l’Insee, par « l’évolution tendancielle des qualifications, l’augmentation de l’âge moyen des salariés et donc de l’expérience ». En conservant, d’une année sur l’autre, la même structure de la population salariée (c’est-à-dire sans modification des effectifs des différents groupes de salaires, définis par le sexe, l’âge ou encore le secteur d’activité), le salaire net moyen aurait baissé de 0,8% en euros constants, après -1,3% en 2012.

Le Monde s’était particulièrement distingué en faisant une campagne sur "l’exception française" avec des salaires qui continuaient à augmenter malgré la crise. Déjà pour l’évolution des salaires en 2012 Le Monde ( et d’autres médias) s’était particulièrement distingué...en se trompant complètement ou plus exactement en voulant comme d’habitude enfumer les français.

19) Vague de grèves sur les salaires

C’est le moment de faire grève pour les salaires

La tendance amorcée il y a deux semaines se confirme : les patrons cèdent de plus en plus souvent aux grèves sur les salaires et de plus en plus rapidement. Dans la période précédente, décembre ou janvier, ils ne donnaient rien et du coup soit les mouvements étaient symboliques soit les grèves duraient. Aujourd’hui, ils ont tendance à céder au bout de 3 ou 4 jours, et aux 1,5 à 2% qu’ils concèdent le plus souvent, ils ajoutent maintenant fréquemment une prime exceptionnelle de plusieurs centaines d’euros jusqu’à 2 200 euros pour les grévistes de la SRPP. Il faut dire que le nombre de grèves augmente, la participation aux grèves aussi, les usines sont plus fréquemment bloquées, le niveau des revendications s’accroit, les syndicats demandent des ré-ouvertures de négociations salariales lorsque celles-ci sont terminées - bref on assiste à une lente montée de la contestation et à un véritable mouvement sur les salaires qui déborde les NAO - et les médias comme les confédérations commencent à souligner le phénomène ; par exemple la CGT qui veut centrer le 9 avril sur les salaires. C’est le moment de faire grève pour les salaires mais aussi, de mener une politique qui s’appuie sur ce mouvement. Jacques

18) Retour des grèves pour les salaires

Enfin, a-t-on envie de dire, on reparle des salaires. Michelin, routiers, Aéroports de Paris, Sanofi, Renault, Thales, Vinci. Autant de grandes entreprises ou de secteurs où la question est de nouveau posée avec grèves à l’appui. On voit tout de suite les contre-feux à venir, assortis de cris d’orfraie sur le «  coût  » du travail, les «  charges  » des entreprises, le poids des grèves sur la croissance, pour ne pas parler des lignes de fracture que l’on va nous dessiner entre ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas, entre ceux qui ont la chance, car c’est devenu une chance, d’avoir un CDI et ceux qui sont précaires et en CDD. Ah oui, on allait oublier l’unité nationale célébrée depuis un mois et au nom de laquelle le président du Medef lui-même invitait les syndicats à être un peu plus consensuels et donc les salariés à être un peu plus compréhensifs…

Alors soyons clairs. Selon l’Office international du travail, entre 1999 et 2013 la part du revenu national allouée au travail a diminué dans les grandes économies développées et l’indice des salaires réels n’a progressé que d’à peine 0,4 % dans ces pays alors que celui de la productivité du travail a augmenté de plus de 5,4 %. Selon l’Insee, depuis 1981, la part du capital dans la valeur ajoutée des entreprises a progressé de près de 10 % au détriment de la part des salaires. Tout cela ne touche pas que la France et a joué un rôle essentiel dans l’aggravation phénoménale des inégalités dans le monde. On a mesuré aussi, voilà quelques jours, ce qu’il en était pour les actionnaires du CAC 40 avec les quelque cinquante milliards qui leur ont été distribués l’an passé. Voilà pour les chiffres, mais la réalité va au-delà car c’est bien la stagnation des salaires et du pouvoir d’achat qui a conduit à la crise de 2008, à sa persistance sous d’autres formes aujourd’hui avec un fort risque de déflation et de gel de la croissance. Relever les salaires, c’est relancer la demande et la croissance réelle, tandis que les grèves d’aujourd’hui sont aussi un appui pour les précaires et les salariés les moins bien lotis.

17) Augmentation des salaires : une revendication à la hausse

Alors que les profits des entreprises du CAC 40 explosent, les salariés se mobilisent massivement contre l’austérité imposée par les employeurs. Après la grève des routiers, les mobilisations s’étendent au secteur automobile, aérien ou de la défense, pour exiger plus de pouvoir d’achat.

Les luttes sociales se multiplient. Alors que le gouvernement s’en prend aux instances représentatives du personnel (IRP), que la régressive loi Macron est en passe d’être adoptée au Parlement et que la cure d’austérité n’a jamais été aussi violente pour les travailleurs, la coupe est pleine. Partout en France, des mobilisations se multiplient contre les profits démentiels accumulés par les entreprises du CAC 40 et pour exiger une augmentation substantielle du pouvoir d’achat. Dans tous les secteurs de l’automobiles, celui de la défense ou encore le bâtiment, les salariés disent non. Des débrayages débutent aujourd’hui dans la plupart des sites de Renault. Encouragés par des mobilisations victorieuses, comme chez Vinci. Les ouvriers y ont arraché 2 % d’augmentation de salaire, pour un groupe qui a vu son résultat net progresser de 26,4 % à hauteur de 2,5 milliards d’euros en 2014. Contre la politique de réductions budgétaires du gouvernement mais aussi pour exiger une hausse générale des salaires, la CGT appelle à une journée d’action dès le mois de mars.

Chaque année, c’est la même histoire. Les résultats mirobolants des groupes du CAC 40 sont publiés mais les salariés n’ont droit qu’aux miettes lors des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur les salaires. En 2014, les dividendes et de rachats d’actions ont pourtant atteint 56 milliards d’euros pour les entreprises du CAC, selon une étude publiée par la lettre spécialisée Vernimmen. Face à l’injustice, les salariés débrayent un peu partout en France. Le nouveau secrétaire de la CGT, Philippe Martinez, a appelé à une journée d’action en intersyndicale la plus large possible, afin de contester «  la politique d’austérité  » mais aussi d’avancer «  sur les salaires et les retraites  » qui stagnent désespérément.

1. Vinci  : des profits exceptionnels pour 
des salaires au rabais

Les sites de Vinci ont tangué cette semaine. Lundi dernier, cinq grands chantiers tels que la canopée des Halles à Paris, la station de traitement des eaux d’Achères (Yvelines) ou le stade Arena de Nanterre (Hauts-de-Seine)… sont entrés en grève. Le premier jour, les matériaux ont été bloqués, dès le deuxième jour, les chantiers ont été stoppés. «  C’est la première fois qu’une grève de cette ampleur depuis l’histoire de Vinci, se réjouit le délégué syndical CGT, Ali Tolu, 80 % des ouvriers en CDI étaient mobilisés, soit 500 à 600 personnes, les intérimaires étaient solidaires, même si la direction essayait de nous monter les uns contre les autres.  » Vinci, leader mondial du BTP, a la croissance insolente, avec 2,5 milliards de résultat net en 2014, en hausse de 26,4 %, sans compter les 82 millions d’euros de crédit impôt compétitivité emploi (CICE) versés en 2013 et des dividendes exceptionnels à hauteur de 2,20 euros par action. Mais la direction a osé soumettre une hausse de salaire de 0,3 à 0,5 %. Grâce à la mobilisation de l’intersyndicale CGT, CFDT, CFTC et FO, 2 % d’augmentation, primes incluses ont été arrachés.

2. Crash salarial 
en vue chez ADP

Mercredi, la direction d’Aéroports de Paris (ADP) annonçait «  des perturbations et des retards à prévoir sur l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle  » pour les deux jours à venir. Quatre syndicats, CGT, FO, CFE-CGC et Unsa, ont déposé un préavis de vingt-quatre heures allant de jeudi midi à vendredi midi. Christelle Martin, représentante de FO à l’ADP, explique qu’ils réclament «  une augmentation des salaires équivalente au niveau de l’inflation, soit 0,9 %  ». Une revalorisation plutôt faible à en croire la syndicaliste qui déplore un gel des salaires, alors que «  les rémunérations des cadres dirigeants progressent fortement et que les actionnaires s’octroient 60 % des bénéfices nets de l’entreprise en dividendes  ». Alors que son syndicat espérait qu’il n’y ait que 200 grévistes, il semblerait qu’ils soient le double. Si, pour cette première mobilisation, les syndicats n’ont pas voulu trop perturber ADP, en ce premier week-end de vacances, ils sont cependant «  prêts à aller plus loin  », comme l’explique Christelle Martin, car, selon elle, «  ce n’est pas aux salariés de payer l’austérité  ».

3. Les routiers contre 
la «  smicardisation  » 
de leur métier

Opérations escargot et blocages de sites industriels ont ponctué, ces dernières semaines, la lutte des salariés du transport routier pour la revalorisation de leur grille salariale. Des salaires gelés depuis trois ans et qui, pour six des sept coefficients de la grille, se situent en dessous du niveau du Smic, à 9,43 euros de l’heure contre 9,61 euros pour le minimum légal. Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO), les syndicats de routiers ont poussé à une revalorisation générale de 5 % assortie d’un taux horaire minimum de 10 euros et de la mise en place d’un treizième mois. Dans cette affaire, «  le patronat joue au poker menteur  », n’a cessé de dénoncer Jérôme Vérité, secrétaire générale de la fédération CGT des transports. Après avoir laissé traîner les discussions, les barons de la route ont fait valoir que les demandes des salariés étaient «  en décalage avec la réalité économique des entreprises  », pour ensuite ne plus se présenter aux négociations avant de mettre sur la table des propositions de revalorisation dérisoires, de 1 à 2 %, selon les coefficients, loin, très loin des revendications syndicales. Finalement, c’est sur un «  échec total  » que se sont soldées les NAO dans la branche. Les salariés, eux, ont promis de rester mobilisés.

4. Chez Renault, les écarts 
de salaires se creusent

Des économies sur le dos des salariés. Depuis le plan de compétitivité, signé en mars 2013 par la CFDT, FO et la CFE-CGC, actant la suppression de plus de 7 500 emplois et de gel des salaires, c’est le leitmotiv de Renault. Poursuivant sur cette vague austéritaire, malgré les résultats en redressement du groupe, la direction devrait proposer autour de zéro euro d’augmentation salariale lors de la deuxième réunion des négociations annuelles obligatoires (NAO) aujourd’hui. Pour Fabien Gâche, délégué syndical central CGT, «  c’est une bataille de communication pour la direction, elle avance les mille embauches. Mais elle nous fait comprendre qu’on doit choisir entre les recrutements et la hausse des salaires  ». Pour faire passer la pilule auprès des employés, le constructeur automobile vient aussi d’annoncer une hausse de 2,6 % de la prime d’intéressement, passant de 86,5 millions à 89 millions. «  Cela n’a rien à voir avec le salaire, commente Fabien Gâche, nous voulons aussi une revalorisation du point de la grille de salaire. Par exemple, les ouvriers en bas de la grille gagnent 1 453,71 euros, nous voulons au moins 1 700 euros. Ça fait 16 % d’augmentation, c’est la hausse des revenus du PDG Carlos Ghosn, entre 2012 et 2013, part fixe et part variable comprise. Sans compter qu’il détient près de 455 000 actifs Renault, à 1,90 euro l’une, facile de faire le calcul  !  » Mais les salariés plumés ne comptent pas rester bras croisés. Ils débrayent aujourd’hui en marge des NAO dans tous les sites Renault à l’appel de la CGT ou en intersyndicale.

5. Mobilisation massive contre l’austérité chez Thales

Après un arrêt de travail mardi dernier, suivi par des milliers de salariés, et une pétition nationale qui a recueilli plus de 12 000 signatures, quatre syndicats de l’entreprise Thales (CGT, CFDT, CFTC et CFE-CGC) ont appelé jeudi à manifester devant le siège du groupe à la Défense. Selon Laurent Trombini, représentant de la coordination CGT, ils étaient 600 à participer à la mobilisation. Dans le même temps, les salariés travaillant en province ont également organisé des rassemblements sur leurs sites de travail. D’après le syndicaliste, les négociations entreprise par entreprise sur la question de 
la revalorisation salariale qui ont été entamées ne sont pas satisfaisantes. 
Les dirigeants proposeraient entre 1 % et 2 % de hausse de salaire (1,8 % en moyenne), alors que les salariés exigeraient entre 3 % et 5 %. Selon Laurent Trombini, l’entreprise en aurait les moyens. Il rappelle qu’«  en décembre, le conseil d’administration a décidé d’octroyer le versement d’un acompte 70 millions de dividendes, soit une hausse de 26 % par rapport à l’année précédente  ».

6. Michelin  : tout pour 
les actionnaires

Au lendemain de l’ouverture des discussions sociales au sein de l’entreprise Michelin de Blavozy (Haute-Loire), les syndicats FO et CGT ont décidé de durcir leur mouvement de grève entamé le 29 janvier dernier. Ils réclament de meilleures conditions de travail ainsi que des hausses de salaire de l’ordre de 350 euros par mois, des embauches – pour combler les nombreux départs à la retraite (entre 76 et 78 personnes) auxquels devrait faire face le site – et des investissements en France dans des outils de production. Les très bons résultats du groupe, ainsi que les généreux dividendes qui ont été distribués aux actionnaires – 164 millions en 2014, après 147 millions en 2013 – justifient ces exigences, selon les syndicats. Hier, ils ont invité les salariés à se rassembler sur leur lieu de travail afin de définir les modalités de continuité de la lutte.

Colère chez Carrefour Market colère chez Carrefour Market Sanofi, les profits avant tout La direction ayant adressé une fin de non-recevoir 
aux revendications des syndicats sur les salaires, 
la fédération CGT commerce appelle à des mouvements d’actions tous les vendredis, samedis 
et dimanches jusqu’à la réouverture des négociations. 30 C’est, en pourcentage, l’augmentation des dividendes et rachats d’actions versés par les groupes du CAC 40 
à leurs actionnaires en 2014.

16) L’INSEE, confirme « un ralentissement dans l’évolution du salaire de base »

Les dernières statistiques sur l’évolution des salaires pour l’année 2013 font apparaître, selon l’INSEE, « un ralentissement dans l’évolution du salaire de base ». Selon ces statistiques et selon les branches, le montant du salaire de base n’aurait augmenté que de 1,1 % à 1,9 % durant l’année passée, moins qu’en 2012. Mais comme il s’agit de moyenne concernant le salaire de base, cela ne correspond pas à ce qui a pu être touché réellement par les salariés.

Des millions de salariés ont vu leur salaire bloqué, quand ils n’ont pas vu leur rémunération annuelle purement et simplement baisser. Pudiquement, l’Institut de la statistique relève que l’importance du chômage pèse sur l’évolution des salaires. C’est le moins qu’on puisse dire.

En réalité, on assiste à une pression générale à la baisse des salaires. Les millions de salariés qui changent d’entreprise par suite d’une fin de contrat, de licenciement ou pour quelque motif que ce soit, ne retrouvent bien souvent qu’un emploi à un salaire bien plus bas que précédemment. Car le patronat profite à fond de la concurrence aux emplois due au chômage de masse. Ensuite, comme plus de 90 % des embauches se font à travers un emploi précaire (CDD ou intérim), les périodes de travail alternent avec les périodes de chômage, rémunérées peu ou pas du tout, avec comme résultat une baisse importante de la rémunération. Cela sans compter tous ceux qui sont des chômeurs de longue durée, avec les conséquences dramatiques que cela entraîne.

Enfin, il y a un phénomène qui a pris de plus en plus d’ampleur ces dernières années : c’est le transfert d’une part toujours plus grande de la rémunération des salariés vers la participation ou l’intéressement. Aujourd’hui une majorité des entreprises sont concernées, et en premier celles de plus de 1 000 salariés. C’est un piège pour les salariés. En effet, ces sommes versées peuvent faire impression car elles ne sont pas négligeables, plus de 2 000 euros en moyenne par salarié.

Ce ne sont pas des salaires.

Ce qui veut dire que ces sommes ne comptent ni pour la retraite, ni pour le chômage, car elles ne sont pas soumises à cotisations sociales.

Pour le patronat c’est donc triple bénéfice :

1) D’abord pas de cotisations sociales à payer et donc 60 % d’économisé ;

2) puis elles sont déductibles des impôts... pour les sociétés, mais absolument pas pour le salarié qui paiera lui ses impôts sur ces sommes.

3) Et enfin, selon les volontés du patronat ou ses tripatouillages comptables, ces sommes seront reconduites ou pas l’année suivante. Ce qui fait qu’une part importante de la rémunération des salariés se retrouve menacée de disparition d’une année sur l’autre.

Alors, face aux salaires qui, comme l’emploi, deviennent de plus en plus précaires, il est urgent de mettre au premier plan des revendications du monde du travail l’augmentation générale et massive des salaires et des pensions.

Lors des élections présidentielles, le Front de Gauche avait fait campagne pour un SMIC à 1700 euros (voir i-dessous, articles 5, 6, 7).

15) Hollande Valls baissent les salaires (Jacques Serieys)

Le salaire des salariés comprend :

- une part de salaire direct qu’ils touchent généralement en fin de mois

- une part de salaire indirect (appelé aussi socialisé, mutualisé) qui représente une contribution individuelle du travailleur aux caisses de retraite, de Sécurité sociale, pour les accidents du travail, les allocations familiales, le chômage...

Certains salariés trouvent que la part de leur salaire indirect est trop importante. Ils ne prennent pas en compte la nécessité de payer la retraite de leurs parents, le chômage de leur conjoint, les feuilles maladie pour leurs enfants...

Le patronat a toujours rêvé de diminuer le salaire direct et ne plus payer certaines cotisations qu’il présente faussement comme des "charges". Il a toujours rêvé d’en revenir au capitalisme sauvage du 19ème siècle où le salarié n’a plus qu’à mourir dans la misère lorsqu’il ne peut plus participer à la production. Il a toujours rêvé d’en finir avec l’avance française en matière de santé et de couverture sociale, laissant le salarié se satisfaire de retraites et couverture maladie de misère comme aux Etats-Unis.

Sarkozy l’avait rêvé avec le MEDEF et Hollande Valls l’ont fait. D’ici 2017, les cotisations pour les allocations familiales seront supprimées. Soit la bagatelle de 35 milliards d’euros par an que les travailleurs devront payer d’une façon ou d’une autre (TVA, CSG, impôts, écotaxe, réduction des prestations sociales, diminution des retraites, etc…).

La décision de Hollande représente un gain brut pour le Capital. Elle va accroître la hausse des profits et contribuer à la baisse de la masse salariale alors que même les fameux "experts" considèrent que les salaires sont actuellement trop bas par rapport aux profits pour permettre un bon fonctionnement de l’économie et la baisse du chômage.

D’un point de vue socialiste, c’est le Travail qui rémunère le Capital une fois défalqué le salaire direct et le salaire socialisé (les cotisations sociales y compris la part dite « patronale »). La décision de Hollande représente donc , en réalité, une lourde baisse de salaire.

Jacques Serieys

Voir article plus complet dans :

http://www.democratie-socialisme.or...

14) Hausse du SMIC : La mauvaise blague carambar

par Nolwenn Neveu, PG

En juillet 2012, le gouvernement Ayrault avait fait aux salariés rémunérés au SMIC l’aumône d’une augmentation « par avance » de 2%, leur offrant ainsi la pitoyable perspective de pouvoir s’offrir un carambar supplémentaire par jour. Cette revalorisation anticipée avait ensuite permis la quasi-stagnation du SMIC en janvier 2013 où il n’avait augmenté que de 0.3%.

En 2014, pour suivre les recommandations d’un obscur groupe d’« experts » sur le SMIC, le gouvernement a décidé de n’accorder aucun coup de pouce aux salariés français. Ainsi, au premier janvier 2014, le SMIC a-t-il été « revalorisé » de 1,1%, ce qui porte le montant du SMIC horaire à 9,53 euros (contre 9,43 en 2013). Le salaire mensuel des salariés à temps plein rémunérés au SMIC atteindra donc 1446 euros brut par mois, soit 1132 euros net.

En 2013 le SMIC net était de 1120 euros par mois, les salariés au SMIC vont donc, en apparence, bénéficier d’une augmentation de salaire de 12 euros par mois. En réalité, le gain de pouvoir d’achat sera moindre puisqu’il faut tenir compte de l’inflation qui a été de 0.6% en 2013. Une fois corrigé de l’inflation, le gain de pouvoir d’achat du SMIC est donc de 5.6 euros par mois. A ce tarif, on n’atteint même plus le carambar quotidien…

Le SMIC français, rien d’un privilège

Contrairement aux idées répandues par les médias dominants, le SMIC français est loin d’être le salaire minimum le plus élevé en Europe et les salariés français ne bénéficient d’aucun privilège. En 2013, au Luxembourg, le salaire minimum s’élevait à 1874 euros brut, il était de 1501 euros en Belgique, de 1471 euros au Pays Bas et de 1461 euros en Irlande.

Les smicards français ne sont donc en rien des privilégiés. Ils le sont encore moins au regard des salaires versés à leur compatriotes : en 2011 (dernières données INSEE disponibles) le salaire médian était de 1712 euros par mois, ce qui signifie que 50% des salariés français gagnaient plus et 50% gagnaient moins. Le salaire moyen des salariés français était de 2130 euros soit 1,9 fois le SMIC version 2014. Pire, le SMIC à 1132 euros se situe en dessous de la limite du premier décile (1170 euros) en dessous duquel sont rémunérés les 10% des salariés les plus pauvres. Dans ce contexte, on voit mal comment une augmentation de 5,6 euros pourra permettre le moindre rattrapage salarial.

Les salariés au SMIC encore plus pauvres en 2014

5.6 euros d’augmentation de pouvoir d’achat… c’est sans compter la hausse de la TVA dont la plupart des taux ont, eux, réellement augmenté au premier janvier 2014. Avec cette hausse, un ménage de quatre personnes devra acquitter chaque année 428 euros de taxe supplémentaires. Pas besoin de calculs savants pour se rendre compte que les salariés au SMIC vont, au final, perdre du pouvoir d’achat.

Rappelons que cette hausse de la TVA servira à financer les 20 milliards d’euros de cadeaux faits aux entreprises au titre du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Le CICE a pour objectif de faire baisser, une fois encore, un fantasmatique « coût du travail » en organisant un énième transfert de richesse des ménages vers les entreprises et les actionnaires.

Ainsi, depuis le 1er janvier, le taux normal de la TVA est passé de 19,6% à 20% et, surtout, le taux intermédiaire (celui de l’hôtellerie, de la restauration mais aussi des transports publics, de l’électricité et des médicaments non remboursables) est passé de 7 à 10%. La TVA est pourtant l’impôt le plus injuste socialement puisqu’il frappe davantage les ménages modestes qui consomment une part plus importante de leur revenu que les ménages plus aisés.

Alors que l’INSEE a confirmé mi-décembre que le pouvoir d’achat des Français avait reculé au troisième trimestre, la hausse de la TVA et la stagnation du salaire minimum vont rogner une fois encore sur le pouvoir d’achat des ménages populaire et tirer davantage la consommation vers le bas.

Vite, le SMIC à 1700 euros !

Les « experts » font semblant de craindre qu’une augmentation du SMIC ne se traduise par une baisse de l’emploi et de la compétitivité des entreprises. Pourtant dans la période de croissance nulle voire de récession, une relance de la consommation serait plus que bienvenue. Plutôt qu’une diminution du pouvoir d’achat, c’est bien d’une augmentation massive des salaires versés aux plus modestes que la France a besoin.

Le Parti de Gauche, défend plus que jamais la hausse immédiate du SMIC à 1700 euros bruts.

Cette exigence est également soutenue par des syndicats comme FO ou la CGT. Cette hausse de 20% du salaire minimum n’a rien d’irréaliste ni d’idéaliste comme certains voudraient le laisser penser. C’est, en tout état de cause, bien moins irréaliste que de penser que l’on peut vivre décemment avec 1132 euros nets par mois. L’augmentation du SMIC à 1700 euros permettra simplement d’assurer à toutes et tous une vie décente, c’est-à-dire la possibilité de se loger, de se nourrir, de se soigner, de se chauffer, de se déplacer, de s’instruire etc.

Exiger le SMIC à 1700 euros, ça n’est pas demander aux entreprises de payer davantage avec de l’argent qu’elles n’ont pas. D’autant que cette mesure sera assortie de la mise en place d’un salaire maximum. Il s’agit simplement d’organiser une répartition plus juste de la richesse créée par le travail et qui est pour l’instant captée par le capital. Une hausse du SMIC à 1700 ne « coûtera » aux entreprises privées que 10 milliards d’euros. C’est à peine 0.5 point de PIB, soit une infime fraction de la richesse créé par les travailleurs et qui est à l’heure actuelle accaparée par les capitalistes.

Aujourd’hui 13% de l’ensemble des salariés sont payés au SMIC et 30% de ceux et, plus souvent, celles qui travaillent à temps partiel. Ainsi en 2013, 3,1 millions de salariés étaient payés au smic, c’est un demi-million de personnes de plus que l’année précédente. Dès lors, en plus d’être socialement juste, la hausse du SMIC sera économiquement efficace puisqu’elle permettra une importante relance de la consommation. Une hausse du SMIC créera par ailleurs une pression à la hausse sur l’ensemble des bas salaires. Au final, au moins un quart des salariés pourront bénéficier d’une amélioration sensible de leur pouvoir d’achat.

Le salaire n’est pas un « coût » de production, c’est la rémunération du travail fourni par les travailleurs qui, seul, est créateur de valeur. C’est aussi le moteur de la consommation. Exigeons un partage juste des richesses. Rendons aux travailleurs la richesse qui leur est due !

13) La rançon de l’austérité : baisse historique du pouvoir d’achat

Baisse du pouvoir d’achat des Français pour la première fois depuis près de 30 ans, hausse en continue du chômage et casse sociale, ce sont les indicateurs d’une mauvaise politique, d’une logique d’austérité qui empêche toute forme de croissance. Et les prévisions de croissance pour 2013 et 2014 sont tout aussi sombres.

Il s’agit du "premier recul depuis 1984" du pouvoir d’achat des Français, quand il avait fléchi de 1,1%, explique l’Insee dans ses comptes nationaux trimestriels publiés mercredi. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime ainsi que le pouvoir d’achat a baissé de 0,8% au quatrième trimestre 2012, et de 0,4% sur l’année.

En cause : la contribution exceptionnelle sur la fortune et les réévaluations liées au gel du barème de l’impôt sur le revenu (qui entraîne son augmentation générale). Cela reste donc pour l’instant les plus aisés qui trinquent, entrainant statistiquement un contrecoup mécanique sur les statistiques. Et encore ces chiffres de l’Insee ne prennent pas en compte la baisse de pouvoir d’achat qui frappera des millions de retraités suite à la désindexation des hausses de pensions sur l’inflation, qui adviendra le 1er avril prochain.

Concrètement, cette baisse de pouvoir d’achat se traduit par "un léger recul de la consommation en 2012" (-0,1%), assure M. Ouvrard, chef de la division synthèse conjoncturelle de l’Insee même si celle-ci se maintient car les Français puisent dans leur épargne. L’institut envisage néanmoins un rebond de 0,6% du pouvoir d’achat au premier trimestre 2013, puis un léger repli de 0,1% au deuxième trimestre.

Il est possible et urgent de faire autrement

"Hausse du chômage, baisse du pouvoir d’achat, croissance nulle... Olivier Dartigolles avance cinq propositions de directions à prendre pour inverser la spirale régressive :

« Face à la « flexicurité », avançons la lutte pour une sécurisation de l’emploi et de la formation construite sur la conquête de nouveaux pouvoirs des salariés et une expansion de la dépense de formation ;

Face à la baisse du « coût du travail », travaillons à la baisse du coût du capital, plutôt que la baisse des « charges sociales » optons pour celle des charges financières du crédit aux entreprises, avec la lutte pour un Pôle financier public et un nouveau crédit sélectif pour les investissements créateurs d’emplois et de formations ;

Face au pacte budgétaire (TSCG), opposons la lutte pour le financement d’une relance massive des services publics grâce à la création monétaire de la BCE, via un Fonds social, solidaire et écologique de développement européen et une réforme radicale de fiscalité ;

Face à l’augmentation de la CSG, obtenons une refonte des prélèvements obligatoires notamment par une nouvelle fiscalité incitatives à l’essor de l’emploi, des qualifications, des salaires et pénalisant et placements financiers ;

Face aux privatisations, engageons la lutte pour une nouvelle maîtrise sociale des entreprises publiques et la promotion de Pôles publics d’impulsion et de coopération favorisant un redressement des filières industrielles et de service. »

Pour la CGT, qui insiste sur l’augmentation continue du nombre de chômeurs depuis 22 mois, il est également plus que temps de changer : "Les mêmes causes produisant les mêmes effets, seul un changement radical des politiques économiques et sociales permettra d’inverser la tendance. C’est tout le sens des propositions de la CGT pour une politique industrielle ambitieuse, le développement des services publics, la relance de l’activité et la création d’emplois."

Article de L’Humanité

12) Une vraie hausse du Smic serait à la portée des entreprises

Contestée par le patronat au nom du coût du travail, une augmentation du Smic représenterait un effort soutenable pour les entreprises. À condition de réorienter les ressources, aujourd’hui accaparées par le capital. Propositions.

Au secours, on nous assassine  !

À la seule évocation d’une hausse du Smic qui pourrait finalement, nous disait-on hier, plafonner à 2%, le chœur des libéraux s’est une fois de plus emballé. « Toute augmentation au-delà des critères objectifs (l’inflation – NDLR) ferait peser un risque majeur pour l’emploi », martelait Laurence Parisot, la patronne des patrons, sur France 2. Elle mettrait « en danger » des milliers de très petites entreprises et de PME, renchérit la CGPME. Le gouvernement lui-même a justifié la modestie du coup de pouce par le souci de la compétitivité des entreprises. Bref, s’il est difficile de contester ouvertement la légitimité d’une augmentation pour les quelque 2,5 millions d’hommes et de femmes qui doivent boucler le mois avec 1 100 euros, le réalisme économique de la mesure est mis en doute.

Transfert de richesses du travail vers le capital

Avec, au fond, le même argument que celui qui nous est régulièrement servi depuis trente ans, et que le chef de l’UMP, Jean-François Copé ressassait hier matin sur France Inter  : un coût du travail trop élevé serait la première cause du déficit de compétitivité. Un dogme dont la déclinaison concrète par les patrons et les gouvernements s’est traduite, rappelons-le, par une baisse de dix points de la part des salaires dans la valeur ajoutée depuis le début des années quatre-vingt. Tandis que, dans le même temps, la part de la richesse créée accaparée par les seuls dividendes versés aux actionnaires a été multipliée par cinq. Or, contrairement à la promesse faite, ce transfert de richesses du travail vers le capital, s’il a « profité aux détenteurs de capitaux », « n’a pas servi au développement de l’investissement productif », souligne l’économiste de la CGT Nasser Mansouri-Guilani. Pour preuve, la désindustrialisation, avec, entre autres, ses effets négatifs sur les salaires  : ceux-ci sont, en moyenne, de 20% plus élevés que dans les services. Pour Nasser Mansouri-Guilani, pas de doute  : « ce n’est pas le coût salarial, mais le coût du capital, c’est-à-dire les prélèvements financiers, sous forme de charges d’intérêts ou de dividendes, qui pèse sur la santé des entreprises ». Des charges écrasantes (elles représentaient, en 2010, 318 milliards d’euros, dont 210 milliards pour les dividendes, sur une valeur ajoutée totale de 973 milliards), mais qui restent systématiquement taboues dans le discours des Parisot et Cie.

Fiscalité très défavorable aux petites entreprises

Dès lors, une hausse sensible du Smic, à 1 700 euros brut comme le revendique la CGT, représente un effort soutenable pour peu que l’on desserre cette contrainte financière, que l’on « libère ainsi des marges », en particulier pour les petites et moyennes entreprises, fait valoir Nasser Mansouri-Guilani. Différents leviers peuvent, dès maintenant, être actionnés pour agir en ce sens. Celui du crédit, en créant, comme le propose le Front de gauche, un pôle financier public, avec la mission de faciliter le financement des PME, qui se heurtent à des taux d’intérêt élevés dans les banques. Celui de la fiscalité, aujourd’hui très défavorable aux petites entreprises. De même faudrait-il s’attaquer aux relations donneurs d’ordres-sous-traitants, nombre de PME se trouvant, dans ce cadre, victimes d’un « pompage vers les groupes », pointe l’économiste de la CGT, qui prône l’attribution de droits d’intervention aux salariés pour faire respecter les normes sociales. Dernier levier  : le pactole des aides publiques aux entreprises, exonérations de cotisations sociales notamment, qui devrait être « conditionnées au respect de normes », tel le salaire minimum, actuellement bafoué dans nombre de branches professionnelles. Autant de moyens de réorienter les ressources pour répondre aux exigences salariales et, ainsi, créer les conditions d’une relance de l’activité.

Les smicards et les autres

La question d’une revalorisation salariale n’est pas posée pour les seuls smicards. Alors que la moitié des salariés perçoivent moins de 1 650 euros par mois, un coup de pouce significatif pour le salaire minimum devrait inciter à enclencher une dynamique d’évolution pour les échelons supérieurs des grilles de rémunération. C’est nécessaire pour développer l’emploi qualifié. Un processus général de négociation devrait être engagé pour cela. L’État pourrait le favoriser en conditionnant l’octroi 
de certaines aides publiques à l’ouverture de ces discussions.

Yves Housson, L’Humanité

11) Derrière le SMIC : 2 à 2,5% au SMIC ? 12% pour les banquiers ?

Editorial du Parti de Gauche

Une hausse de salaires de 12 %. C’est en moyenne celle dont ont bénéficié cette année les grands banquiers américains et européens. Comment ne pas voir que l’évolution des salaires est l’expression d’un rapport de forces ! Aucune loi économique implacable n’impose donc au gouvernement Ayrault de mégoter sur la hausse du SMIC. Elle ne dépassera pas 5 % disait-il avant les élections législatives. Sitôt le scrutin passé, on apprend que le SMIC pourrait n’augmenter que de la moitié de ce chiffre. Cela ferait moins de 30 euros par mois pour un smicard (le plus souvent une smicarde) à temps plein. De toute façon c’est aux partenaires sociaux d’en discuter, ce qui sera fait lors du sommet social de juin avait aussi expliqué le candidat François Hollande en réponse à la proposition du Front de Gauche de porter le SMIC à 1 700 euros bruts. Finalement l’annonce sera faite sans concertation. C’est logique puisque le montant du SMIC est une prérogative gouvernementale comme nous l’avons maintes fois expliqué. Cela l’est aussi car les syndicats de salariés n’auraient jamais accepté de cosigner une progression aussi minime. Souvenons-nous qu’une fois élu même le RPR Jacques Chirac avait augmenté le SMIC de 4 % !

Si le salaire exprime un rapport de forces cela signifie donc que la victoire du PS aux législatives n’a pas suffi pour renverser celui-ci en faveur des salariés. Pour qu’il en soit autrement, il faudrait que le nouveau gouvernement se donne les moyens d’affronter efficacement la finance. La rigueur salariale fait en effet partie des critères économiques imposés par le capital financier, notamment à travers la coordination des politiques économiques européennes, quand bien même l’objectif de celles-ci n’était au départ que la réduction des dépenses publiques. Il faudrait donc que le pouvoir politique reprenne le pas sur la finance. C’est possible en établissant un contrôle démocratique de la banque centrale. Ce serait l’arme fatale. Car toutes les banques privées dépendent de la banque centrale et aucun spéculateur ne peut lui résister dans la mesure où elle dispose de liquidités par nature illimitées puisqu’elle peut émettre souverainement de la monnaie. Pour y parvenir et nous libérer ainsi du joug de la finance, il faudrait assumer sans mollir une confrontation avec Merkel mais aussi, avec les sociaux-démocrates allemands qui soutiennent l’indépendance de la BCE, cette disposition imbécile des traités européens. De tout cela François Hollande n’a pas voulu. Il avait prévenu le pays donc il n’y a pas de surprise. Il risque en revanche d’y en avoir en grand nombre lorsque la majorité de nos concitoyens constateront les conséquences concrètes de ce choix initial.

Parmi celles-ci se trouvent les politiques d’austérité qui se préparent pour la rentrée. Un séminaire gouvernemental s’est tenu ce lundi. Vu les délais de sa préparation on se doute que les mesures d’économie qu’il a discutées était dans les tuyaux avant même que les nouveaux ministres ne prennent possession des lieux. Dès lors il ne faudra pas s’étonner de retrouver dans les mesures bientôt mises en œuvre des éléments de continuité avec la politique du précédent gouvernement. Le détail devra être scruté. Quelle traduction concrète par exemple à cette phrase du communiqué final : « Les dépenses sociales seront maîtrisées ». Dès la semaine dernière j’écrivais que le moteur de la nouvelle période serait la contradiction entre l’attente de changement exprimée dans les urnes et la politique qui découle de ce cadre institutionnel inchangé. Nous voilà sans tarder dans le dur.

10) SMIC : 0,6 % de coup de pouce, les salariés ne se satisferont pas d’une bouchée de pain (CGT)

Le gouvernement vient d’annoncer une hausse du SMIC de 2 %, le portant à 1 425,67 euros brut mensuel, dont 1,4 % au titre d’une anticipation de la prise en compte de l’inflation normalement prévue pour janvier prochain.

Le coup de pouce réel n’est donc que de 0,6 %, soit l’équivalent d’une baguette de pain par semaine !

Cette augmentation est largement insuffisante. Elle se situe dans la fourchette basse des augmentations des 20 dernières années. Elle n’est pas de nature à impulser une dynamique sur les bas salaires permettant l’évolution de l’ensemble des salaires à la suite. Elle ne répond ni aux attentes sociales fortes exprimées dans les urnes en mai et juin derniers, ni à une contribution nécessaire pour une reprise par la consommation, la croissance et la création d’emplois.

En 2010 la moitié des salariés à temps plein touchaient moins de 1 675 euros net. Aujourd’hui le SMIC dépasse légèrement les 1 100 euros net par mois, soit 150 euros au-dessus du seuil de pauvreté.

Elle attend du gouvernement qui affiche l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes comme une priorité qu’il revalorise significativement le SMIC. 80% des salariés qui sont rémunérées du SMIC étant des femmes, il ferait ainsi un premier pas pour remettre en cause les écarts inacceptables sur les salariés, les traitements des fonctionnaires et les pensions des retraités.

La CGT rappelle sa revendication d’un SMIC à 1 700 euros brut, niveau minimum pour assurer aux salariés nouvellement embauchés et sans qualification les moyens nécessaires à leur existence et à leurs besoins fondamentaux.

De même, la CGT demande une revalorisation de 25 % des minima sociaux pour les salariés ou privés d’emploi obligés d’y recourir. La CGT demande également une revalorisation des pensions de retraite au niveau du SMIC.

La CGT rappelle que l’argument de la compétitivité ne tient pas, 75 % des salariés concernés par le SMIC ne travaillant pas dans des secteurs concernés par la concurrence internationale.

La CGT demande également que, sans tarder, des négociations se traduisent dans les branches professionnelles par un rétablissement d’une hiérarchie des salaires permettant reconnaissance de l’expérience et des qualifications, validation des acquis et de la formation continue.

Enfin, la CGT encourage le Président et le gouvernement à promouvoir une véritable politique de croissance au niveau européen, passant par une relance des salaires et de la consommation et ne cherchant pas à calquer un modèle allemand construit en partie sur des bas salaires et une précarité accrue.

La CGT demandera qu’à l’occasion de la conférence sociale des 9 et 10 juillet prochains, la question des salaires soit traitée comme un élément déterminant de la politique de croissance souhaitable pour notre pays.

9) Le coup de pouce du SMIC : « un sévère coup de froid » (O.Dartigolles - PCF)

Le coup de pouce du SMIC qui avait été promis se révèle être un premier et sévère coup de froid pour toutes celles et ceux qui attendaient autre chose qu’une valorisation à peine supérieure à celles des années précédentes.

Face à la crise et aux politiques d’austérité, en réponse aux attentes populaires pour une amélioration concrète des conditions de vie, le gouvernement avait, avec une vraie hausse du salaire minimum, la possibilité d’agir efficacement dans trois directions.

La première porte sur la question salariale. Elle est au cœur, depuis le 6 mai, du changement attendu en terme de justice sociale. La seconde s’inscrit dans l’indispensable rupture avec l’austérité qui nourrit la crise à l’échelle européenne en brisant la croissance que le Président de la république appelle pourtant de ses vœux. La troisième s’inscrit dans la nécessite d’en finir avec les dogmes néo-libéraux qui font du « cout du travail » la cause des déficits commerciaux de la France. En réalité, ce sont les « coûts en capital » qui minent l’efficacité productive : en 2010, les charges d’intérêts payés aux banques et les dividendes versées aux actionnaires par les sociétés ont atteint 309 milliards d’euros.

Augmentation légale déduite, les smicards pourront s’offrir une place de cinéma à tarif réduit pour rêver à une autre vie.

Les calculs les plus savants ne feront en rien disparaitre une réalité :

le salaire minimum est une grande conquête sociale qui, après 5 années de Sarkozysme, méritait bien autre chose que ce 2% qui apparait aujourd’hui comme un renoncement.

Une hausse du SMIC à 1700 euros brut est parfaitement soutenable à condition, comme le proposent le PCF et ses partenaires du Front de gauche, d’instaurer un salaire maximum dans les entreprises publiques et privées et de réduire l’écart entre le plus bas et le plus haut salaire de manière à ne pas dépasser 1 à 20.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

8) Smic : le coup de pouce sous pression

La légère hausse du Smic, promise par François Hollande, devrait rester très faible, bien en deçà des attentes des syndicats. Pourtant la droite et le Medef dénoncent la mesure, au nom de la « compétitivité ».

C’est une attaque en règle contre l’augmentation du Smic qui s’organise à droite. Un pseudo-collège de cinq économistes soutenu par la patronne du Medef, autoproclamé "groupe d’experts sur le Smic" tente d’expliquer "qu’un coup de pouce ne serait pas opportun et pouvait avoir des conséquences néfastes sur l’emploi ou sur les finances publiques". Des députés UMP se lancent dans la brèche et lancent des chiffres plus que contestables : "1% d’augmentation, c’est 700 millions d’allègements en plus", "en comptant les revalorisations de salaires des 890.000 fonctionnaires concernés, la facture atteindrait 1 milliard" lance Gilles Carrez (UMP), rapporteur général du Budget dans l’Assemblée nationale sortante. Un autre avant qu’une hausse du Smic de 1% supprimerait 25000 emplois, surtout des jeunes.

Pour une vraie augmentation, pas que symbolique

De l’autre côté, la CGT comme FO réclament une hausse d’au moins 20 % du salaire minimum. C’est que 2,5 millions de personnes bénéficieraient d’une hausse du SMIC. 1,6 million de salariés du privé, et près d’un million supplémentaires en ajoutant les fonctionnaires et les intérimaires, soit près de 11% des travailleurs.

François Hollande a promis de "rattraper ce qui n’a pas été accordé" ces dernières années. Il a prévenu néanmoins qu’il veillerait "à ce que cela ne déstabilise pas les entreprises". C’est que la dernière hausse du salaire minimum supérieure à l’augmentation légale remonte à 2006 (+0,3%).

Un hausse du SMIC, à 1700 euros comme le propose la CGT, c’est le minimum pour assurer des conditions de vie décentes en 2012, en prenant en compte notamment la forte hausse, ces dernières années, des dépenses incompressibles (logement, santé, énergie, essence…). C’est aussi l’un des moyens, surtout s’il s’inscrit dans une revalorisation de l’ensemble des grilles de salaires, d’initier une relance économique, favorable à l’emploi.

Source : http://www.humanite.fr/social-eco/s...

7) La question du SMIC

C’est un acquis de la campagne du Front de Gauche. Dans mon discours de Lille le 27 mars, j’avais mis en garde le PS : « Quand on est de gauche et qu’on arrive au pouvoir, le SMIC on l’augmente, ça fait parti des figures imposées ». Sans nous, aucun journaliste n’aurait donc interrogé François Hollande sur le SMIC. Ce dernier aurait ainsi pu en rester au renvoi aux négociations des partenaires sociaux. Une méthode qui lui sert régulièrement d’écran de fumée pour ne rien proposer dès qu’il s’agit de droits des travailleurs. Cette fois-ci, il n’a pas pu s’en tirer comme ça. Et interrogé successivement sur RTL puis sur France 2, il a dû concéder qu’il faudrait un coup de pouce au SMIC. C’est un bon début même si c’est peu de chose pour l’instant. Le coup de pouce, c’est la hausse du SMIC que le gouvernement est libre de décider au-delà de son indexation sur les prix. Hollande veut proposer aux partenaires sociaux que ce coup de pouce soit équivalent à la moitié de la croissance constatée. Si elle avait été appliquée depuis 2007, cette proposition aurait augmenté le SMIC d’à peine 4 % supplémentaires (+15%, contre +11% de hausse décidée par le gouvernement depuis 2007), selon les calculs du journal Les Echos. Avec la formule de François Hollande, le SMIC brut serait à 1 450 euros contre 1 398 actuellement. Les smicards n’auraient donc gagné en 5 ans que 40 euros nets de plus par mois. Ce n’est pas beaucoup mais même ce rattrapage il n’est pas certain de le décider. Ce que les 3 millions de smicards peuvent espérer avec sa formule en 2012… c’est une hausse de 2,70 euros nets par mois. En effet, il table dans son projet sur une croissance du PIB de 0,5 % en 2012. En application de sa proposition, cela donne donc un coup de pouce au SMIC de 0,25 %.

Quant à la négociation dont François Hollande fait dépendre les futurs choix du gouvernement, son déroulement est connu d’avance. Car sur le SMIC, les positions sociales en présence sont parfaitement connues. Les syndicats sont tous pour la hausse du SMIC et la majorité d’entre eux, CGT, FO et Solidaires partagent la volonté du Front de Gauche de le porter à 1 700 euros bruts. Quant au Medef, il est contre toute hausse du SMIC. On ne voit donc pas ce qu’il y aura à négocier. Surtout avec une base de négociation aussi mauvaise que la formule de coup de pouce proposée par Hollande. En effet son coup de pouce de 0,25 % en 2012 représente 84 fois moins que ce que propose la CGT avec la hausse du SMIC à 1 700 euros (+21 %).

Reste donc à rappeler la loi : c’est au gouvernement de décider de la hausse du SMIC par décret. C’est ce qui permettra au Front de Gauche d’accorder dès 2012 une augmentation de salaire net de 239 euros par mois pour un smicard si nous arrivons au pouvoir. Cette perspective a fait montrer les dents au capital. L’Institut de l’entreprise, organisme satellite du Medef, et le Modem ont en effet prétendu que la hausse du SMIC à 1700 euros et la fin des exonérations de cotisations sociales conduirait à « 800 000 suppressions d’emplois » selon l’Institut de l’Entreprise et à « 1 million de chômeurs en plus dès septembre » selon le Modem. Les méthodes d’estimations de pareilles menaces ne sont bien sûr pas précisées. Car elles sont uniquement destinées à faire peur. Car c’est une présentation erronée des propositions du Front de Gauche. Pour atteindre 1 700 euros bruts en 2012 (+21 %), la hausse du SMIC peut être échelonnée en 3 hausses : +7% au 1er juin, +6,5% au 1er septembre, +6,5% au 1er décembre. C’est la méthode qui a été appliquée en 1981 sous forme de 4 hausses en juin, septembre, novembre et décembre. C’est une bonne manière de permettre aux entreprises d’absorber cette hausse grâce à l’augmentation progressive de leur chiffres d’affaires et de leurs commandes que permettra la relance de la consommation par des millions de smicards mieux payés. Et le Front de Gauche ne propose pas la fin immédiate des exonérations de cotisations sociales mais leur disparition progressive, à commencer par le secteur des services, non soumis à la concurrence internationale. Il n’y aura donc pas de choc brutal sur le "coût du travail" comme le prétendent l’Institut de l’entreprise et le Modem.

D’ailleurs ce n’est pas le coût du travail qui détruit l’emploi depuis des années mais le manque d’activité. Il ne s’agit pas là d’estimation mais du bilan bien réel du système actuel. Celui dont les coûts et le chiffrage ne sont jamais faits. Alors qu’il ne marche pas. 600 000 emplois ont en effet été détruits de 2008 à 2010. Et pendant cette période, le SMIC n’a jamais été aussi peu augmenté, puisque la présidence Sarkozy est la seule de la 5ème République sans aucun coup de pouce au SMIC. Quant aux exonérations de cotisations sociales, elles n’ont jamais été aussi élevées puisqu’elles ont atteint 30 milliards par an. Et pourtant l’emploi a massivement reculé. La clef de la lutte contre le chômage se situe donc dans la relance de l’activité dont la hausse du SMIC est une pièce maîtresse. La hausse du SMIC permet de relancer l’activité pour développer le chiffre d’affaires des entreprises. En passant le SMIC à 1700 euros, 30 milliards de salaires supplémentaires seraient injectés dans la consommation au bout d’un an. 15 milliards de salaires supplémentaires pour les actuels smicards. Et 15 milliards de salaires supplémentaires par impact sur les grilles de salaires qui devront être modifiées pour tenir compte de la hausse du SMIC.

Cette propagation de la hausse du SMIC n’est pas un voeu du Front de Gauche mais un constat effectué par l’INSEE. Et la propagation constatée par le passé aux autres salaires est d’autant plus forte que la hausse du SMIC est importante. Au-delà d’un an, la masse de salaires supplémentaires redistribuée sera donc encore plus importante. En attendant, dès la première année, les 30 milliards de salaires supplémentaires injectés dans la consommation entraîneront plus 0,8 % de croissance de l’activité. Ce qui permettra la création de 180 000 emplois, selon les ratios actuels de création d’emploi par point de PIB. Et encore, c’est bien sûr sans compter l’impact beaucoup plus favorable en emplois que nous pourrons atteindre en appliquant les protections nécessaires aux frontières pour réduire la consommation de produits importés. Ils représentent environ 15% de la consommation et pourraient rapidement être réduits à 10% grâce aux visas écologiques et sociaux aux frontières. Car un SMIC plus élevé permettra aux plus pauvres des salariés d’acheter des produits de meilleure qualité fabriqués en France. C’est aussi la preuve que la hausse du SMIC est une mesure de salubrité écologique.

6) La hausse du Smic à 1700 euros ? C’est juste et possible

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5) Avec Jean-Luc Mélenchon, le SMIC à 1 700 euros c’est possible !

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4) Avec Jean-Luc Mélenchon, il faut augmenter les salaires ! Par Hervé Debonrivage

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3) Salaires : François Hollande plus pingre que Sarkozy sur le SMIC (par Jean-Luc Mélenchon)

On a entendu les cris déchirants de ceux qui s’opposent par principe à l’augmentation du SMIC proposée par le programme du Front de Gauche. « Comment faites-vous ? ». « Les petites entreprises vont mourir ». Bon. Je réponds aux objections, une par une, au fil des émissions. Je ne suis pas pressé d’épuiser les questions toutes faites. Mon propos est de faire en sorte que la question de la hausse des salaires entre dans le débat. Pour l’instant elle n’y est pas. Et je note que je suis le seul à qui on pose des questions « techniques ». Les autres peuvent dire ce qu’ils veulent, personne ne se donne l’inconfort de la moindre question qui dérange.

Ainsi quand François Hollande déclare avec aplomb qu’il augmentera le SMIC d’un montant égal à « la moitié du taux de croissance ». Comme la formulation a un air très technique, les bons esprits baissent les yeux. Pas un n’a fait le calcul pour voir ce que donne cette formule. C’est pourtant édifiant. Voyez. En 2010 la croissance a été de 1,60 %. Donc François Hollande aurait augmenté le SMIC de 0,80 % en 2010. Nicolas Sarkozy l’a augmenté de 1,58 % ! Elire François Hollande pour avoir une augmentation de salaire moitié moins qu’avec Sarkozy, à quoi bon ? Pour autant faut-il préférer Sarkozy ? Non plus. Car l’inflation cette année-là fut de 1,8% !

Hollande augmente le SMIC moins que Nicolas Sarkozy qui, lui, l’augmente moins que l’inflation. Tels sont les termes du choix pour un citoyen payé au SMIC qui suit les sondages. Seul le Front de Gauche garantit un rattrapage et une augmentation du SMIC. Une dernière fois rappelons que le SMIC est à seulement 120 euros du seuil de pauvreté ! L’augmentation proposée par le Front de Gauche est de 25%. Les patrons du CAC 40 se sont augmentés de 23% en 2010 ! Ce sera tout pour aujourd’hui. La suite de l’argumentaire au prochain numéro !

Source : http://www.jean-luc-melenchon.fr/20...

2) Les salaires dans les 60 engagements de François Hollande

Je défendrai l’égalité des carrières professionnelles et des rémunérations entre les femmes et les hommes. Une loi sanctionnera les entreprises qui ne respectent pas cette règle, notamment par la suppression des exonérations de cotisations sociales.

J’imposerai aux dirigeants des entreprises publiques un écart maximal de rémunérations de 1 à 20

Dès l’été 2012, je réunirai une grande conférence économique et sociale qui sera saisie des priorités du quinquennat. Je permettrai la présence des représentants des salariés dans les conseils d’administration et dans les comités de rémunération des grandes entreprises.

Source : http://www.parti-socialiste.fr/arti...

1) Projet socialiste 2012 et salaires : du baratin électoraliste

Je viens de lire la partie du projet socialiste 2012 sur la question des salaires et je n’en crois pas encore mes yeux. Pour avoir été adhérent durant 26 ans de ce parti, je sais pertinemment à quoi sert ce type de littérature ( en tout cas depuis une bonne vingtaine d’années : à gagner des suffrages et à s’asseoir dessus aussitôt le vote passé. Les théoriciens du social-libéralisme justifient cette contradiction par la différence existentielle entre "conquête du pouvoir" et "exercice du pouvoir". En fait, le souci premier de beaucoup d’élus, ce n’est pas l’intérêt des travailleurs qu’ils connaissent rarement mais l’intérêt à court terme de leur carrière d’élus.

Pour les élections présidentielles et législatives 2012, gauchir le discours a également pour objectif de laisser le moins de place politique possible au Front de Gauche.

Venons-en au premier paragraphe de ce projet socialiste concernant "le pouvoir d’achat des ménages". Il faut le lire comme un contrat d’assurances : chercher les mots importants qui rendent tout le reste inutile.

Nous soutiendrons le pouvoir d’achat des ménages. Plus de 40 % des Français n’ont pas été augmentés depuis cinq ans alors que leurs dépenses contraintes explosent. C’est inacceptable. C’est intenable, socialement et économiquement. Nous organiserons une conférence salariale annuelle qui, dans un dialogue tripartite (État, organisations syndicales, organisations patronales) et à partir d’un diagnostic de la situation économique du pays, permettra aux partenaires sociaux d’établir un cadre général d’évolution des salaires ayant vocation à orienter les discussions dans les différentes branches professionnelles et les entreprises.

Dans ce paragraphe ci-dessus, je crois que les mots importants rendant le reste inutile, c’est "à partir d’un diagnostic de la situation économique du pays".

A partir du moment où des candidats savent pouvoir prétexter ne rien changer en raison " de la situation économique du pays", ils peuvent promettre la lune et même mieux "le rééquilibrage de la part des salaires dans la valeur ajoutée" sans risquer d’être accusés de mensonge électoraliste.

Cette conférence devra notamment contribuer au rééquilibrage de la part des salaires dans la valeur ajoutée. Durant la législature, nous procéderons à une revalorisation du pouvoir d’achat du Smic. Pour que les hautes rémunérations ne captent pas l’essentiel des richesses produites dans les entreprises, les rémunérations variables seront limitées au montant de la part fixe (les bonus et les parachutes dorés compris), les contributions fiscales et sociales sur les stock-options, les bonus et les parachutes dorés seront fixées au même niveau que les salaires et nous plafonnerons les écarts de rémunérations de 1 à 20 au sein des entreprises qui ont une participation publique dans leur capital. Dans les autres, l’assemblée générale des actionnaires, sur proposition du conseil d’administration et après avis du comité d’entreprise, fixera ce ratio.

Dans les 30 propositions socialistes pour 2012, les promesses sont déjà nettement plus limitées et plus vagues :

Pour une plus juste répartition des richesses au bénéfice des salariés, nous organiserons une conférence salariale annuelle tripartite et revaloriserons le pouvoir d’achat du Smic. Nous limiterons les rémunérations abusives : rémunérations variables n’excédant pas la part fixe, écarts de rémunérations de 1 à 20 maximum dans les entreprises à participation publique, présence des salariés dans les conseils d’administration ou de surveillance et les comités des rémunérations.

Si un candidat du Parti Socialiste arrive en tête de la gauche au premier tour des élections présidentielles de 2012, le Parti de gauche comme le Front de Gauche appelleront à coup sûr à battre la droite au second tour. Mais attention, nous resterons vigilants vis à vis des promesses électoralistes précédentes, vigilants sur l’intérêt des salariés et des couches populaires de notre pays.

Jacques Serieys)


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