La France dans la toile de la mondialisation 1 Délocalisations et commerce extérieur

jeudi 26 janvier 2017.
 

La France se situe à la deuxième place mondiale comme pays délocalisateur

L’objet de cette étude est de donner des éléments de réflexion, notamment d’ordre statistique, pour appréhender l’influence de la mondialisation durant la période contemporaine sur l’économie française.

En raison des retombées négatives de la mondialisation, notamment en terme de suppressions d’emplois dans les pays occidentaux depuis maintenant plusieurs décennies, celle-ci a été critiquée de différentes manières depuis les années 1990 : courant alter mondialiste ; courant souverainiste ; courant nationaliste ; courant régulationiste ; etc. Le débat autour de la mondialisation s’est intensifié car l’enjeu économique et politique est de taille : c’est celui du libre-échange et de la concurrence "libre et non faussée", qui sont à la base même du néolibéralisme dont le développement depuis les années 1970- 1980 a structuré la construction économique de l’union européenne libérale. La crise financière récente accentue encore cette remise en cause et la proximité des élections présidentielles en fait un enjeu électoral.

Il ne m’a pas paru utile de rédiger un article sur les effets négatifs et sur quelques aspects positifs de la mondialisation car la littérature économique et politique sur ce sujet est très abondante. Le Monde diplomatique, Alternatives économiques ont, par exemple, publié nombre de dossiers sur la mondialisation. Plusieurs sites Internet de couleurs politiques diverses traitent de cette question.

En revanche, on ne trouve nulle part une compilation de données statistiques qui mette en perspective les incidences de la mondialisation sur l’économie de la France.

Ces données sont généralement disparates et pas toujours faciles d’accès. C’est l’originalité de la première partie de ette contribution.

Après avoir consulté de nombreux articles sur la mondialisation, j’en ai retenu un qui m’a paru à la fois précis et synthétique intitulé : "La concurrence entre travailleurs déchaînée par le capitalisme mondialisé" que je reproduis dans la deuxième partie.

Ce document est suivi d’un article sur le droit du travail qui montre, sur un exemple, que certains droits des travailleurs ont demandé plusieurs siècles de construction (en l’occurrence sept siècles). La mise en concurrence déchaînée des prix de production des biens et services d’une part et des travailleurs entre eux d’autre part, au niveau mondial, en contribuant à anéantir ces droits, constitue une véritable entreprise de destruction que l’on peut qualifier de barbarie des temps modernes, puisque qu’elle porte atteinte non seulement à des droits sociaux ponctuels et récents mais aussi à des acquis séculaires de notre société. Je rejoins donc sur un point particulier l’analyse de Jean-Claude Guillebaud développée dans son livre "La refondation du monde" qui considère que le néolibéralisme s’attaque aux fondements de notre civilisation occidentale.

Dans la troisième partie nous montrerons qu’un certain nombre d’hommes politiques et de pays (53) après la Libération de 1945, en défendant la Charte de La Havane de 1948 et que la CGT dans les années 1950 avaient parfaitement prévu les dégâts actuels causés par un libre échangisme aveugle. Lordon, Sapir, Todd et d’autres ne font que proposer, à leur manière, un certain protectionnisme dans les échanges internationaux qui avait déjà été souhaité par les pays de l’ONU, (sauf les Etats-Unis), il y a plus de 50 ans. Mais ce n’est pas l’intelligence, la raison et le bien commun qui guident les puissance de l’argent et leur commis politiques mais le profit à court terme, ce qui n’est pas du tout la même chose.

Première partie

1 – Faits et chiffres de la délocalisation.

1.1- Les entreprises étrangères en France.

Le nombre d’entreprises étrangères installées en France s’élève à 22 000 qui emploient 2,5 millions de salariés et produisent 40% des exportations. http://www.lexpress.fr/emploi-carri... http://www.insee.fr/fr/themes/table...

Ainsi, en 2009 et 2010, la France est classée 10e rang mondial comme pays d’accueil des investissements étrangers avec un montant de 134 milliards de dollars. Elle était classée septième en 2008 et troisième en 2005. http://fr.wikipedia.org/wiki/Invest...’%C3%A9tranger Les entreprises étrangères représentent 14 % des effectifs et plus de 18 % de la valeur ajoutée brute du système productif français. http://www.insee.fr/fr/themes/table...

"Au 31 décembre 2009, 42,3% de la capitalisation boursière des entreprises françaises du CAC 40 étaient détenus par des investisseurs non résidents, selon une étude parue dans le dernier bulletin trimestriel de la Banque de France. Soit une valeur de 404,5 milliards d’euros sur un total de 955,4 milliards. Cela représente une progression de 2,1 points par rapport à 2008. Après un pic atteint en 2006, où les investisseurs non résidents détenaient 45,7% du CAC 40" http://www.lefigaro.fr/bourse/2010/...

1.2 - La main-d’œuvre étrangère en France et l’immigration.

En 2008, le nombre de travailleurs immigrés en France était d’environ 5 millions c’est-à-dire 8% de la population dont 3 500 000 étrangers qui représentent donc 5,6 % de population.

Cette proportion est comparable à celles de la Suède (5,3 %), du Royaume-Uni (5,7 %). La France se situe derrière l’Allemagne (8,8 %), l’Autriche (9,8 %), l’Espagne (9,1 %), la Belgique (8,6 %). Elle se situant au 11e rang pour la proportion des travailleurs immigrés des pays de l’UE 27. Le pourcentage de la population étrangère en France est supérieure à 4 % depuis 1920 et dans le passé, le pourcentage a pu être sur plusieurs périodes supérieure au taux actuel. (Notamment en 1931 et dans les années 1985 –1990).

Remarquons que ces chiffres peuvent faire l’objet de manipulation. En effet, les Nations unies considèrent comme immigrés les personnes qui ne sont pas nées sur le territoire quel que soit leur nationalité et donc avec la possibilité, pour le cas de la France, d’être un Français né à l’étranger. Dans ce cas les chiffres diffèrent.

En 2008, la France accueillait, selon la définition internationale des Nations Unies (nés hors du territoire quelle que soit la nationalité de naissance), 6,7 millions d’immigrés soit 11 % de la population. Elle se classe au sixième rang mondial, derrière les Etats-Unis (42,8 millions), la Russie(12,3), l’Allemagne (9,1), l’Arabie Saoudite (7,3), le Canada (7,2) mais elle devance en revanche le Royaume-uni (6,5) et l’Espagne(6,4). " (Source : wikipédia).

Entre 1999,et 2006, la population étrangère a augmenté plus vite que l’ensemble de la population résidant en France (8,7 % contre 4,9 %). La répartition par origine continentale est la suivante : Afrique : 43 % (31 % pour le Maghreb) ; Europe : 40 % ; Asie : 13,5 % ; Amérique et Océanie : 3,5 %. La plus forte augmentation entre 1999 et 2006 est due au flu migratoires en provenance d’Asie : + 15 %. soit le double du flux d’origine africaine.

Sources utilisées : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?... http://www.insee.fr/fr/publications... p. 23/88 http://www.immigration.gouv.fr/spip... http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A...

1.3 - Les entreprises françaises à l’étranger.

Inversement, la France est le deuxième investisseur mondial en 2009 dans les pays étrangers avec un investissement de 103 milliards le dollars et troisième en 2010 avec un investissement de 84 milliards de dollars. On pourrait donc dire que la France remporte la médaille d’argent aux championnats internationaux de la délocalisation. http://fr.wikipedia.org/wiki/Invest...’%C3%A9tranger

Ouvrons ici une parenthèse : ce record est-il à rapprocher de deux autres ? La France est la championne d’Europe en nombre de millionnaires.

Au total, 2,6 millions de Français disposent d’un patrimoine dont la valeur dépasse 1 million de dollars, selon l’étude annuelle de la banque Credit Suisse sur l’état de la richesse dans le monde, publiée mercredi 19 octobre 2011. Le Royaume-Uni "ne compte que" 1,6 million de millionnaires. http://www.challenges.fr/economie/2...

Mais la France détient aussi un deuxième record : c’est aussi le pays d’Europe où les grands patrons sont les mieux payés.

"La rémunération des présidents de conseils d’administration des entreprises du CAC 40 est repartie à la hausse en 2009 avec quelque 928 000 euros en moyenne contre un peu plus de 864 000 euros en 2008, année marquée par la crise financière, a indiqué lundi le cabinet Proxinvest. Ils sont ainsi "les mieux payés d’Europe", souligne l’étude annuelle de ce cabinet, qui déplore qu’en 2010 encore les grandes sociétés aient refusé de soumettre "au contrôle de l’assemblée les rémunérations des présidents non exécutifs". http://www.lemonde.fr/economie/arti... Mais remarquons que ce ne sont pas les banquiers français qui sont les mieux payés des banquiers d’Europe dont les rémunérations atteignent des altitude stratosphériques en dépit de la crise financière. http://www.latribune.fr/entreprises...

Le nombre d’entreprises françaises installées à l’étranger est d’environ 30 000 qui emploient près de 6 millions de salariés. http://www.exporter.gouv.fr/EXPORTE...

"Selon l’enquête pilote Outward FATS réalisée en 2009, on comptait en 2007 plus de 800 groupes français, hors secteur bancaire ayant au moins une filiale implantée hors Union européenne . Ils détenaient près de 25 000 filiales à l’étranger (y compris UE) qui ont réalisé dans l’année un chiffre d’affaires cumulé de près de 960 milliards d’euros et employaient près de 4 millions de salariés.

Ces groupes internationalisés hors secteur bancaire comptent un peu plus de la moitié de leurs filiales en dehors du territoire national. Ces filiales étrangères réalisent 56 % de leur chiffre d’affaires consolidé et emploient 53 % de leurs effectifs.

Quant aux principaux groupes français du secteur bancaire, ils détenaient environ 1 000 filiales à l’étranger employant 200 000 salariés. Ces dernières réalisent 30 % de leur produit net bancaire (PNB) à l’étranger et y emploient 32 % de leur effectif. Sur les critères de la part d’activité générée et de celle des effectifs, les groupes bancaires apparaissent ainsi davantage centrés sur le territoire national que les grands groupes des autres secteurs." http://www.insee.fr/fr/themes/detai...

Concernant les entreprises du CAC 40, en 2009, 24,9 % de leur chiffre d’affaires se réalisaient en France, 42,7 % dans les autres pays d’Europe ; 6,8 % en Asie ; 8,4 % en Amérique du Nord ; 14,9 % dans reste du monde. http://cib.natixis.com/flushdoc.asp...

Cela explique, en bonne partie, la raison pour laquelle le taux d’imposition fiscale des sociétés du CAC 40 ne s’élève qu’à 8 %, soit quatre fois moins que celui des PME, selon le rapport parlementaire de Gilles Carrez. Pire encore, 40 % de l’impôt global (3,5 milliards d’euros) est payé seulement par quatre entreprises du CAC 40 (EDF, GDF, France Telecom, Renault) dont l’Etat est encore actionnaire). Le taux d’imposition des 36 autres sociétés est alors ramené à 3,3 %. http://www.marianne2.fr/Scandaleux-...

1.4 La main-d’œuvre française à l’étranger en général. La fuite des cerveaux en particulier.

Il y avait début 2010 environ 1 472 000 Français installés à l’étranger et 1 504 000 fin 2010. (inscrits sur les registres consulaires). La répartition par pays est consultable à : http://www.statistiques-mondiales.c...

Globalement, environ la moitié de la population française à l’étranger se trouve en Europe occidentale et plus particulièrement dans les pays limitrophes de la France, 13 % vivent en Amérique du Nord et 15 % en Afrique (alors que l’Afrique accueillait 23 % de la population française vivant à l’étranger en 1985), 7 % en Asie – Océanie, 9 % au Moyen-Orient, 6 % en Amérique centrale – Sud.

Il apparaît que la communauté française établie hors de France a augmenté fortement ces dernières décennies, la population inscrite au registre s’étant accrue de près de 50% depuis 2000 (et environ des deux tiers depuis 1995). Cette augmentation s’inscrit dans une tendance de l’ordre de 3-4% par an, accompagnée de « pics » occasionnels comme 2001 ou 2006 http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le... http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc...

Ces statistiques ne tiennent compte que des français immatriculés sur le registre des consulats.

La consultation de statistiques un peu plus anciennes, montre que ces chiffres sont en réalité sous-estimés.

Par exemple 1999, il y avait 1 015 000 Français immatriculés mais avec une estimation de 867 000 non immatriculés, on obtenait environ au total 1 882 000 Français installés à l’étranger en cette année-là. Mais l’augmentation de 3 % d’expatriés par an, en moyenne, est bien confirmée. Dans cette même étude statistique, on trouve un tableau avec la répartition socioprofessionnelle qui indique par exemple que les cadres et professions intellectuelles (31 %) , les employés (30 %), sont les plus représentées. On ne compte que 10 % d’artisans, de commerçants, chefs d’entreprise ; que 4,5 % d’ouvriers et 2,5 % de personnes à la recherche d’un emploi. http://www.minefe.gouv.fr/fonds_doc...

Une partie de ces données statistiques indique qu’il existe une véritable fuite des cerveaux de la France à l’étranger. Ce phénomène a été l’objet d’un rapport sénatorial intitulé : "La fuite des cerveaux : mythe ou réalité ?" (rapport d’information numéro 388 ; 1999 – 2000)

On pouvait lire dans ce rapport publié il y a 11 ans : "Une enquête auprès de 1.000 jeunes diplômés résidant à l’étranger a été conduite par Taylor Nelson/SOFRES, du 5 au 15 juillet 1999, dans le cadre d’un rapport de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la région Rhône-Alpes concernant les départs des jeunes diplômés à l’étranger. 31 % de ces jeunes diplômés affirment ne pas avoir l’intention de revenir s’installer en France, et 80 % d’entre eux invoquent, pour expliquer leur décision, le fait que leur carrière professionnelle est mieux assurée à l’étranger.

Les chiffres fournis par les autorités américaines sur les Français ayant obtenu un visa en raison de leur compétence professionnelle confirment que le nombre des retours diminue.

Le nombre des visas permanents obtenus par les Français permet d’approcher le nombre de ceux qui, ayant décidé de prolonger leur séjour aux Etats-Unis au-delà de cinq ans, ont, en général, l’intention de s’y installer définitivement. Or, ce nombre a plus que doublé depuis 1975. Il est passé de 1.634 en 1975 à 3.079 en 1996.

Il en va de même des naturalisations, dont le nombre est passé de 741 en 1980 à 2.257 en 1996. Ces données sont évidemment très partielles, mais elles sont corroborées par les témoignages oraux recueillis par le Groupe de Travail en Californie et à Londres." http://www.senat.fr/rap/r99-388/r99...

Une étude détaillée beaucoup plus précise sur l’expatriation des jeunes universitaires français, notamment vers les Etats-Unis, indique : "Les statistiques du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche indiquent que la proportion des docteurs formés en France effectuant leur postdoctorat à l’étranger représente 50 à 55 % de la totalité des effectifs entre 2004 et 2007. Parmi ces jeunes chercheurs, environ 30 % se décident pour un pays hors UE principalement les États-Unis." http://www.institutmontaigne.org/me... (il est cocasse de constater que c’est l’institut Montaigne, think tank très libéral qui s’appuie sur ce rapport dont l’humanisme de l’auteur, Ioanna Kohler n’est pas ici en cause http://www.institutmontaigne.org/le... )

Evidemment ce phénomène n’est pas propre à la France, et à l’inverse, les diplômés étrangers de l’enseignement supérieur peuvent venir s’expatrier en France. Ainsi : 27 % des expatriés de l’ex-URSS sont diplômés de l’enseignement supérieur ; 35 % pour le Royaume-Uni ; 28 % pour l’Allemagne ; 41 % pour la Chine ; 53 % pour l’Inde ! Source : Manpower : la mondialisation de la main-d’œuvre ;p. 12/28 http://manpower.prezenz.com/data/pu...

2– Le commerce extérieur.

2.1- Les balances du commerce extérieur de la France.

A) La balance commerciale de la France.

a) Elle est déficitaire depuis 2003 : le déficit est supérieur à 50 milliards d’euros . http://www.lesechos.fr/chiffres-eco... Le taux de couverture (rapport entre les exportations et les importations , l’indice 100 étant l’équilibre) était de 88 en 2008. http://lekiosque.finances.gouv.fr/A...

b) Echanges avec l’Allemagne. L’Allemagne demeure, en 2009, le premier client de la France et absorbe 16,25% des exportations françaises. La France est également, en 2009, le premier client de l’Allemagne, celle-ci y réalisant 10,1% de ses exportations. http://www.botschaft-frankreich.de/...

La balance commerciale de la France par rapport à l’Allemagne est déficitaire depuis 2004, http://www.humandee.org/spip.php?pa...

c) Echanges avec l’Europe.

Environ deux tiers des importations et des exportations de la France se réalisent avec les pays de l’union européenne. Par exemple en 2006 ; 64,5 % des exportations et 68,4 % des importations. Concernant l’industrie manufacturière, celle-ci représente 15,2 % des emplois situant la France au 16e rang de l’UE 27, et avec un investissement de 8000 € par personne occupée la France se place au neuvième rang. http://www.insee.fr/fr/publications...

d) Echanges avec la Chine.

"Avec près de 20 milliards d’euros de déficit commercial en 2009, selon les chiffres des douanes françaises, la Chine est le pays avec lequel la balance commerciale française est la plus déséquilibrée. Une tendance qui semble s’accélérer au fils des ans, puisque les importations chinoises en France ont progressé de 13,7 % par an, en moyenne, depuis 2000." http://www.france24.com/fr/20101104...

e) Importation des biens culturels : américanisation ou mondialisation ?

Concernant le livre,"58 % des titres traduits le sont de l’anglais. Pour les romans, 40 % des titres publiés sont des traductions : les trois quarts sont traduits de l’anglais (enquête Livre Hebdo, 19 mai 2006). Le même phénomène se retrouve dans la musique où l’on observe une prééminence anglo-saxonne à l’importation proche de celle observée dans l’édition. Pour la télévision, la consommation de fiction en « prime time » qui est étrangère est presque exclusivement américaine. (ajoutons que : sur les dix séries les plus regardées, sept sont américaines.) Pour le cinéma, en 2004, la part des films nationaux (dans le total des recettes) est de 38 %, celui des films américains de 48 %.Le cinéma confirme cette bipolarisation, française et américaine, du marché intérieur. Notons que la présence américaine est encore plus marquée dans le reste de l’Europe, où elle atteint 71 % du marché intérieur Dans le secteur des logiciels, qui représente en France un chiffre d’affaires de 7,5 milliards d’euros, la part des sociétés françaises est de 32 %" (Source : la mondialisation immatérielle p.8 -9/220 http://www.lyc-arsonval-brive.ac-li... ). Grosso modo, la France exporte peu ses produits culturels aux Etats-Unis mais essentiellement en Europe. Ses importations culturelles des Etats-Unis sont contrebalancées par ses exportations vers l’Europe.

"Depuis 1945, on assiste à un phénomène inédit, une hégémonie culturelle mondiale. Les Etats-Unis, leader international, diffusent alors un mode de vie et de culture, c’est l’ère de « l’American way of life ». Au-delà du modèle économique et politique, les Etats-Unis sont surtout un modèle culturel et social à la base de l’éternel mythe du rêve américain. Et cela, les artistes et les industriels de la culture l’ont bien compris." (source : l’hégémonie culturelle américaine en Europe ; p. 5/13 ; http://www.lycee-pablo-picasso.fr/C... )

B) La balance des paiements de la France.

Elle était déficitaire de 28,4 milliards d’euros en 2009 et de 33,7 milliards d’euros en 2010 (biens + services + revenus + transferts courants) http://www.banque-france.fr/economi...

2.2 L’UE et les pays émergents.

La balance commerciale des pays de la zone euro avec l’ensemble des pays émergeants, était légèrement excédentaire jusqu’en 2000 puis devient de plus en plus déficitaire : depuis 2007, le déficit oscille autour de 120 milliards d’euros. La production manufacturière a augmenté d’environ 20 % entre 1995 et 2010 dans la zone euro mais a augmenté sur la même période d’environ de 330 % pour les pays émergents. De 1995 à 2011, la part des importations depuis les pays émergents dans la demande intérieure de la zone euro est passée de 2,2% à 7,0%. L’impact de ces importations sur les prix n’a été que de 2,5 % en 16 ans, la diminution des coûts salariaux par les délocalisations n’a donc eu comme effet qu’un accroissement considérable des profits pour les entreprises mais peu d’effet sur les prix pour le consommateur des produits courants. Ce phénomène est masqué par l’importation de vêtements bas de gamme et la commercialisation des produits de la haute technologie dont les prix ont été bridés. ".Ces délocalisations et les menaces d’autres délocalisations ont conduit : aux pertes d’emplois industriels (graphique 5a), donc à un supplément de chômage (graphique 5b) ; à une pression unur les salaires (graphique 6a) qui vient des pertes d’emplois, de la menace de délocalisation, de l’effort des entreprises pour réduire les coûts salariaux (graphique 6b)." Voir le document complet avec ses graphiques à : http://gesd.free.fr/flas1778.pdf p. 68/88

2.3 - Le taux d’ouverture de l’économie française.

Ce taux est censé mesurer l’ouverture de l’économie française sur le reste du monde. Pour cela on établit le rapport : montant des exportations/PIB En observant les données publiées par l’INSEE, entre 1955 et 1975. il varie entre 14 % et 18 % et entre 1980 et 2010 il oscille entre 22 % et 28 %. Il est de 24,5 % en 2010. http://www.cndp.fr/stat-apprendre/i... Mais cette méthode de calcul est discutable : c’est l’objet d’un article de Gilles Ardinat dans le Monde diplomatique de janvier 2012 intitulé : "chiffres tronqués pour idée interdite" http://www.monde-diplomatique.fr/20... Mais même en adoptant cette méthode de calcul officielle, on peut démontrer que l’ouverture n’est pas du tout un gage de croissance économique comme on va le voir.

2.4 - Quel est l’impact de l’ouverture de l’économie de la France sur sa croissance économique ?

Une étude de Philippe Guillaumet du Centre d’Économie et de finances internationales, Université de la Méditerranée montre qu’il n’y a pas d’effet positif de l’ouverture croissante du commerce extérieur de la France vers l’Europe et le monde (de 1850 à nos jours) sur la croissance économique sauf pour la période 1957 – 1974. "Durant les années 1970, le taux d’ouverture de la France a augmenté sous l’effet de la conjoncture internationale. Face à la crise, notamment dans les années 1980, le discours de libéralisation des échanges a pris de l’ampleur, et c’est dans cette voie que la France s’est engagée au sein de l’Union européenne. Pourtant, notre modèle causal ne met pas en évidence d’effet positif entre l’ouverture croissante de la France et l’augmentation du PIB". Selon cette étude, le protectionnisme est donc plutôt facteur de croissance. http://www.ofce.sciences-po.fr/pdf/...

Ainsi comme le dit justement et prudemment Frédéric Lordon : " On ne sache pas en effet que la période 1945-1985 ait ignoré les échanges extérieurs — sans doute le commerce international était-il moins développé qu’aujourd’hui... mais il n’est pas certain que ce soit une tare." (source : La démondialisation et ses ennemis. Le Monde diplomatique août 2011 http://www.monde-diplomatique.fr/20... )

Fin de la première partie

Hervé Debonrivage


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message