Austérité oblige, une politique de la ville sans ambition

mercredi 21 août 2013.
 

François Lamy, ministre délégué à la Ville, a présenté vendredi 2 août en Conseil des Ministres son projet de la politique de la Ville.

L’objectif affiché : plus d’efficacité, plus de lisibilité, la fin du « saupoudrage » des fonds, la concentration des moyens sur les quartiers les plus pauvres. Plusieurs mesures sont prévues.

La plus importante est l’abrogation des multiples zonages (Cus, ZUS, ZRU) pour adopter un seul dispositif, les « quartiers prioritaires ». On passera alors de 750 zones urbaines sensibles (ZUS) et de 2500 Contrats urbains de cohésion sociale (Cucs) à environ 1200 quartiers prioritaires. Ces derniers, sur lesquels se concentreront l’action gouvernementale, seront choisis en fonction du seul critère de la pauvreté, où les populations ne gagnent que 60 % du revenu médian de référence par an, calculé selon les revenus fiscaux médians national et local. 300 millions d’euros seront affectés...

Le programme national de renouvellement urbain sera reconduit et l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) y participera à hauteur de 5 milliards d’euros, ce qui fera en tout 20 milliards en 2014 pour le volet urbain de cette politique...

L’organisation de cette politique se fera par des dotations aux agglomérations, en accord avec la loi de décentralisation.

Ce projet de loi est encourageant. Enfin une politique qui est un peu de gauche ! Mais attention, ne nous y trompons pas ! Les défauts et écueils sont nombreux.

Tout d’abord le calendrier. François Hollande, pendant presque un an et demi d’exercice, n’ a rien fait pour les banlieues, pourtant vivier électoral important du Parti socialiste. Il voit sa cote de popularité au plus bas. Il voit les sondages des intentions de vote aux élections municipales. Tout d’un coup, le projet de loi sur la politique de la ville est présenté en Conseil des Ministres, et l’on espère un vote avant janvier 2014, deux moins avant les élections...Une attitude qui sent bon le clientélisme électoral ! Surtout quand deux mesures phares du programme socialiste – le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales et le récépissé de contrôle de police – ont été enterrées si rapidement. Il fallait trouver quelque chose pour contenter son électorat...

Plus d’efficacité, du droit commun, c’est bien... plus de moyens c’est mieux ! Les crédits font cruellement défaut puisque le budget du ministère est de 500 millions d’euros et que le gouvernement veut d’abord s’appuyer sur des mesures transversales. Bref, une politique de gauche en période d’austérité. Résultat : une politique « petits bras ». De plus, les quartiers prioritaires auront la fâcheuse conséquence de faire sortir nombre de communes et de banlieues de la politique de la ville. En d’autres termes, elles n’obtiendront plus d’aides. Même si la sortie sera progressive, ce sera un coup dur pour les maires et les habitants. Il est vrai, de nouvelles communes feront leur entrée, telles que Guéret (Creuse) et Villeneuve-sur-Lot. Villeneuve-sur-Lot... tiens ça ne vous rappelle rien ? Cahuzac, FN au second tour, désastre du PS aux élections législatives partielles... ? ...

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