Des Ligues fascistes des années 1930 à Jean-Marie et Marine Le Pen

jeudi 23 mars 2017.
 

L’orientation de la campagne du Front National en cette fin mars 2007 (interview dans Le Progrès de Lyon, discours devant la CGPME, programme...) résonne comme un écho des Ligues fascistes des années 1930. Jean-Marie Le Pen et sa directrice de campagne Marine Le Pen n’inventent rien.

1) Les Le Pen s’inscrivent dans la tradition intellectuelle des Anti-Lumières et des anti-républicains :

* désaccord avec la "notion de citoyen" coupable de « définir les communautés humaines comme des communautés de destin plutôt que de culture ». Ce point, explicité dans l’interview au Progrès de Lyon rejoint évidemment de façon profonde Louis de Bonald, Paul Déroulède et Xavier Vallat, Mussolini et Hitler.

* désaccord avec la limitation des libertés de l’individu par l’Etat. Ce point aussi rejoint la longue tradition des Anti-Lumières, dès la Renaissance.

Pour les Le Pen, "l’Etat jacobin" "se mêle de tout", "prélève tout ce qu’il peut" et "s’immisce dans des domaines où il n’a rien à faire".

* Moquerie à l’encontre de la gueuse (la République) et de sa devise Liberté Egalité Fraternité

« Il y a la liberté, puis, presque son contraire, l’égalité, et pour arranger les choses, on a ajouté la fraternité. C’est une devise qui en vaut une autre. C’est Honneur et Patrie ; Valeurs et discipline ; Tiens voilà du boudin etc »

* Attaques contre la laïcité et l’enseignement public

Le duo Père Fille avance dans le programme du Front National des propositions bien résumées par l’article de Christiane Chombeau dans Le Monde « La société dessinée dans le programme frontiste favorise l’individualisme, la concurrence, la sélection. L’enseignement est réduit à un produit de consommation avec la création d’un chèque scolaire. Celui-ci, donné aux parents, servirait à financer l’établissement scolaire de leur choix, privé ou public, dans un contexte d’abandon de la carte scolaire. »

* Individualisme contre solidarité

Cet autre élément fondamental de l’idéologie d’extrême droite surgit sans cesse dans les écrits et discours émanant de Jean-Marie et Marine Le Pen ces derniers jours : "liberté de travailler plus pour gagner plus", incitation au cumul des emplois, retraite à la carte...

2) Ultra-libéralisme économique et autoritarisme politique

Contrairement aux pingouins qui définissent les programmes scolaires d’histoire, l’extrême droite comme tout fascisme, ne naît pas d’une réaction, d’une opposition au "libéralisme" mais au contraire d’une surenchère sur les deux fondements de l’idéologie de droite : libéralisme économique et autoritarisme politico-social. L’extrême droite a toujours représenté un aiguillon "libéral" au service du patronat le plus dur dans la défense de ses intérêts face aux salariés.

Ainsi, dans son interview au Progrès, Jean-Marie Le Pen s’enflamme en faveur d’une "liberté" maximale des entrepreneurs : allègement de leurs impôts en particulier sur les bénéfices et les successions, de la taxe professionnelle ; plus caractéristique encore l’allègement de l’impôt sur la fortune et surtout disparition de l’impôt sur le revenu au profit de la TVA.

Pour ne pas être soupçonné d’exagérer, je cite ci-dessous le compte-rendu (agence Reuters) du discours de Jean-Marie Le Pen devant les patrons de la CGPME, publié dans Le Point :

Jean-Marie Le Pen a défendu mercredi devant les petits patrons français les vertus du travail et dénoncé une "idéologie dominante" en France qui a "diabolisé" le marché et l’entrepreneur depuis 30 ans.

« Il a notamment préconisé de "desserrer l’étau fiscal", en diminuant l’impôt sur le revenu du travail et l’impôt sur le bénéfice des sociétés. "

"Il faut inciter nos compatriotes à s’enrichir pour valoriser le travail, l’effort et le risque"

Le président du FN s’en est violemment pris à la classe politique, de gauche comme de droite, l’accusant d’avoir "donné à nos jeunes une fausse image de la création de richesse par le secteur privé".

"Toutes les valeurs de l’entreprise ont été sciemment détruites en France depuis 30 ans", a-t-il accusé.

Une partie "importante" de la gauche a été "hostile par principe" et la droite l’a été par "faiblesse et par lâcheté". »

3) Le Front National, fer de lance du patronat dur contre les salariés et leurs syndicats

Historiquement, la fonction de l’extrême droite et du fascisme, c’est de casser les acquis sociaux et démocratiques du mouvement ouvrier si le taux de profit capitaliste est en danger. Mussolini, Salazar, Hitler, la Cagoule française et les Jeunesses patriotes, les escadrons de la mort d’Amérique latine s’expliquent fondamentalement ainsi.

Jean-Marie et Marine Le Pen se placent clairement dans ce sillon : remise en cause des 35 heures, remise en cause de la retraite à 60 ans, refonte complète du code du Travail pour donner plus de "souplesse" aux entreprises dans les plannings de travail des salariés ...

Y a-t-il des travailleurs qui trouvent grâce à leurs yeux ? Oui, ceux qui "travaillent la nuit et le week-end".

L’attaque contre les salariés serait vide sans la préparation d’une offensive contre leurs organisations syndicales " sans légitimité réelle", "destructeurs", auxquels il faut imposer un "service minimum". Ces tirades rappellent que l’interdiction des syndicats ouvriers fut toujours une décision première des partis d’extrême droite et fascistes lors de leur arrivée au pouvoir.

4) Xénophobie et préférence nationale

Tout étranger serait un humain de seconde zone pour l’emploi, le logement, les prestations sociales.

Nous choisissons ce point pour montrer comment les Le Pen père et fille s’inscrivent dans un autre fondamental idéologique de l’extrême droite et du fascisme, celui du catastrophisme décadentiste.

« Nous allons vers des déconvenues terrifiantes. Nous serons submergés »

CONCLUSION

Le travail de décorticage du programme et des discours du Front National constitue aujourd’hui une priorité de l’action militante de proximité, sinon, c’est nous qui subirons un jour des "déconvenues terrifiantes".


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