17 août 1944 Massacre de Résistants à Sainte Radegonde (Aveyron)

samedi 19 août 2017.
 

Mi août 1944, la gestapo (Sipo SD) de Rodez reçoit l’ordre d’exécuter tous les Résistants faits prisonniers. Les soldats allemands présents sur la ville refusent. Le 17, leur chef Arthur Fienemann, utilise une unité nazie de passage.

Les Résistants sont attachés deux par deux avec du câble téléphonique, portés en camion jusqu’à la butte de tir de Sainte Radegonde. Là, ils sont alignés devant la tranchée préparée puis fusillés. Les corps tombés dans la fosse sont recouverts de gravats et de terre.

Ci-dessous, intervention de Guilhem Serieys, conseiller régional Midi Pyrénées, à l’occasion de l’inauguration du nouveau Mémorial de Sainte Radegonde durant l’été 2008.

Monsieur le préfet,

Monsieur le député,

Monsieur le sénateur,

Monsieur le président du Conseil Général,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs les représentants des associations d’anciens combattants, de victimes de guerre, de résistants et de déportés,

Mesdames et messieurs,

Nous sommes réunis en cet instant solennel pour commémorer l’inauguration du Mémorial départemental de la Résistance de Sainte Radegonde.

Nous rendons hommage aux 214 combattants de l’ombre, inscrits ici. Nous rendons hommage aux Aveyronnais qui refusèrent dès 1940 l’instauration d’un régime raciste, criminel et antidémocratique, aux Aveyronnais qui contribuèrent ensuite par les armes à la défaite du fascisme.

Dans cet hommage, nous n’oublions pas les immigrés qui étaient nés parfois bien loin mais qui conservèrent leurs convictions jusqu’à ce tragique 17 août 1944 où ils furent fusillés ici, comme Esteban Bravo, Zénon Romanovski, Garabed Derderian ou Henri Weingardt.

Alors que le voile noir du fascisme et des forces réactionnaires recouvrait durant plusieurs années la quasi-totalité de l’Europe asservie, la révolte de femmes et d’hommes venus de tous horizons a permis de sortir des ténèbres. La Résistance incarna ce combat pour la liberté nationale mais aussi pour les valeurs d’une république démocratique et sociale.

Le refus de l’asservissement, ce fut la capacité à tenir, à rester fidèle à son choix, à risquer sa vie, à mourir au fond d’une cellule, dans un train de déportés, dans le maquis.

Bravant les risques encourus, ces résistants ont incarné la France, ont incarné la force des valeurs humaines de liberté, d’égalité, de fraternité, de justice, de démocratie, d’universalité.

Plus d’un demi siècle plus tard, devant ce mémorial, il nous revient de perpétuer le message que nous ont laissé ces résistants, ce message de courage, ce message de refus de toutes les formes d’abaissement de la dignité humaine, ce message de fraternité entre les hommes et les femmes unis par ce même idéal de liberté.

Je tiens au nom de la Région Midi-Pyrénées à rendre hommage à l’action dans ce département des associations d’anciens combattants et de victimes de guerre, de résistants et de déportés, pour souligner toute l’importance de leur oeuvre de mémoire et toute l’importance des efforts qu’elles font pour enseigner aux jeunes générations le message de cette France combattant pour sa liberté.

Ainsi, au nom du passé que nous célébrons ensemble et de l’avenir que nous construirons également ensemble :

- il nous revient de dire aux jeunes, combien il est capital de continuer à résister face à l’oubli, aux dérives négationnistes, aux menées antisémites et racistes.

- Il nous revient, de leur dire que la souffrance et le sacrifice de ces résistants aveyronnais ne se résument pas seulement à des noms gravés dans la pierre, mais sont le témoignage bien vivant d’un combat qui n’est jamais terminé.

- Il nous revient enfin de leur dire que, quand la liberté, les droits de l’Homme ou les valeurs de la République sont en jeu, la résistance est une exigence de tous les instants.


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