Présidentielle 2017 : Plus de 7 millions de Français avec Jean-Luc Mélenchon ! Nous porterons leurs espoirs !

lundi 15 mai 2017.
 

Jean-Luc Mélenchon a obtenu 19,58% ce 23 avril 2017 à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle. Il ne se qualifie pas pour le second tour (7 mai 2017) contrairement à Emmanuel Macron (24,1%) et Madame Le Pen (21,3%).

Benoît Hamon réalise un score inférieur aux intentions de vote annoncées par les instituts de sondage avec 6,36%. Viennent ensuite Nicolas Dupont Aignan 4,70%, Jean LASSALLE 1,21%, Philippe Poutou 1,1%, François ASSELINEAU 0,92%, Nathalie ARTHAUD 0,64%, CHEMINADE 0,18%.

Ce résultat du candidat de la France Insoumise représentera une déception pour de nombreux citoyens qui espéraient la qualification pour le second tour et la victoire finale. Cependant, j’affirme que la campagne puis le résultat de Jean-Luc Mélenchon :

- évitent l’immense catastrophe à laquelle le quinquennat de François Hollande pouvait conduire ce soir la gauche et les intérêts des milieux populaires

- nous donnent des outils pour affronter les échéances à venir, qui ne manqueront pas.

La non qualification pour le second tour des deux grands partis de la 5ème république (PS et LR) va ouvrir une période de recomposition politique sur laquelle nous reviendrons.

Pour ce soir, restons-en au plus près des résultats et du bilan de notre campagne.

A) Analyse des résultats

Plusieurs articles ont été écrits sur le sujet et mis en ligne sur notre site.

Je remplace donc la partie que j’avais rédigée rapidement le dimanche soir 23 avril sur la base d’éléments incomplets par quelques liens.

Analyse des résultats du 1er tour : Le peuple a parlé (par Laurent Maffeis et MATTHIAS TAVEL)

Premier tour de la présidentielle : radiographie d’un vote éclaté (Roger Martelli)

La Hollandie qualifiée pour le second tour, grâce à Benoît Hamon (agoravox)

Présidentielle 2017 : quelques résultats (Jacques Serieys)

Présidentielle : Quelques résultats sur la région Occitanie (Jacques Serieys)

La Gauche est vivante – Une analyse à chaud (Roger Martelli)

B) Qui a voté "Mélenchon" et pourquoi ?

B1) Qui a voté "Mélenchon" ?

D’après les enquêtes d’Opinion Way (auprès de 9010 électeurs) et Ipsos/Sopra Steria :

- les familles disposant d’un revenu inférieur à 1250 euros sont celles qui ont le plus voté pour lui (25%), suivies par les familles disposant de 1250 à 2000 euros (23%), puis celles atteignant 2000 à 3000 euros (18%), enfin celles gagnant plus de 3000 euros (16%). Mes constats personnels ainsi que la répartition géographique, me conduisent à valider cet aspect social du vote Mélenchon

- D’après l’enquête d’Opinion Way, les catégories sociales qui ont le plus voté "Mélenchon" sont les employés (23,1 %), les ouvriers (22,4 %), les salariés du public (23,2%), les chômeurs (27,5%), les étudiants et lycéens (24,6%). Ipsos/Sopra Steria donne les pourcentages suivants par catégorie socioprofessionnelle : ouvriers (24%), employés (22%), professions intermédiaires (22%), salariés du public (23%), salariés du privé (20%), personnes "à leur compte" (24%), cadres (19%), retraités (12%).

- L’enquête par tranche d’âge publiée par Ipsos/Sopra Steria donne pour Jean-Luc Mélenchon : 25% des 18 à 25 ans, 22% des 35 à 49 ans, 21% des 50 à 59 ans, 15% des 60 à 69 ans, 9% des 70 ans et plus.

B2) Qu’est-ce qui a motivé le vote "Mélenchon" ?

Cette question et les réponses à y apporter présentent une grande importance pour que le corps électoral FRANCE INSOUMISE ne retombe pas rapidement, en particulier lors des législatives à venir.

Les enquêtes des instituts de sondage avancent trois motivations principales dans le vote "Mélenchon". Je les partage et les résume ainsi :

- la qualité du projet (j’ajouterai d’une part une réponse globale cohérente, d’autre part ses propositions pour les retraites, le SMIC et les salaires, les droits des salariés...).

- les qualités de présidentiable du candidat. Le premier problème lors des législatives va reposer sur la nécessité pour nos candidats d’être reconnus comme aptes au rôle de député. Avis : cela va demander un gros travail préparatoire (en particulier une bonne connaissance de L’avenir en commun).

- qualité du projet et qualités de présidentiable du candidat expliquent l’enquête IPSOS qui donne 3 motivations principales (pour 40% qualité du projet, pour 39% incarnation du changement, pour 35% "proximité avec les aspirations des gens)

C) Jean-Luc Mélenchon, artisan principal de cette percée avec son équipe de campagne

C1) Jean-Luc Mélenchon, artisan principal de cette percée

- grâce à ses qualités personnelles bien perçues par les citoyens ("honnête" pour 77% des sondés, « proche des préoccupations des Français » pour 76%, "authentique"...)

- gagnant l’écoute (61% de popularité), la considération (47% de côte d’avenir), la confiance (39 % des sondés jugent qu’il veut vraiment changer les choses), la sympathie et même l’affection de nombreux Français (meilleure côte d’amour avec 25%).

- menant une campagne instructive, sur l’état de la France et du monde, sur le fond de son projet, contrairement à des candidats bidons seulement portés par des astuces de communication.

- attirant un nombre considérable de spectateurs lors de ses réunions publiques.

- réussissant à faire douter puis gagner le suffrage d’un nombre important de contestataires de milieux populaires qui, sans lui, auraient majoritairement voté pour Marine Le Pen.

C2) L’équipe de campagne autour du candidat

Jean-Luc Mélenchon a mené campagne avec la rigueur nécessaire pour être reconnu comme présidentiable, pour s’imposer comme un candidat majeur de l’élection. Il a demandé le même altruisme, la même compétence, le même haut niveau d’engagement à sa petite équipe nationale de campagne. Celle-ci a largement justifié cette confiance.

Je ne citerai ici que quelques noms, au risque d’en oublier de décisifs :

- Manuel Bompard, son directeur de campagne

- Jacques Généreux et Charlotte Girard, responsables du programme

- Sophia Chiki­rou, direc­trice de la commu­ni­ca­tion

- les porte-parole, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Raquel Garrido, Leila Chaibi...

- Bastien Lachaud, responsable des actions pour la campagne

- les responsables thématiques comme Liem Hoang-Ngoc (économie) et Djordje Kuzmanovic (questions internationales et de défense)

- Antoine Léaument (community manager, youtube...)

- des dirigeants politiques comme Clémentine Autain et Francis Parny...

D) L’intense activité de France Insoumise

Je me limite ici à quelques constats à partir de mon expérience aveyronnaise.

Le réseau France Insoumise a grossi à une vitesse, avec une puissance numérique et une détermination que je n’avais pas connues depuis les mois juste avant Mai 1968. Cela me paraît confirmer une période politique où la combativité et la politisation sont en progrès mais cherchent le projet et les formes organisées adéquates.

Ces adhérents de France Insoumise (480000 en fin de campagne) :

- ont assuré un travail extraordinaire. Sur mon secteur, une telle activité politique n’avait jamais eu lieu depuis la Libération. Il suffisait de tenir à jour les initiatives prises pour que tout soit fait. Je ne sous-estime pas la complémentarité de tout cela avec la campagne menée par les communistes en particulier.

- ne correspondent pas exactement au tissu social qui a mené campagne pour le bulletin Jean-Luc Mélenchon. Beaucoup de jeunes, en particulier, ont mené campagne sur les réseaux sociaux sans s’insérer parmi ceux ayant fait connaître leurs coordonnées.

- peuvent être caractérisés par une hétérogénéité considérable qui n’a pas posé problème durant la campagne : anciens militants d’extrême gauche, du PCF, du Parti de Gauche, du PS, des Verts... et citoyens n’ayant jamais milité dans ou avec une organisation politique.

Je me permets d’avancer ici qu’une forme de congrès sera nécessaire à l’automne et qu’il faudrait rapidement l’annoncer pour offrir un objectif interne.

E) La campagne Mélenchon a su répondre à une attente

- à l’attente d’une couche large de citoyens décidés à s’impliquer pour que ça change, les profiteurs dégagent, pour tourner la page de la monarchie présidentielle, pour construire une France plus républicaine, plus humaine, plus douce.

Le mouvement politique France Insoumise, lancé le 10 février 2016, s’est rapidement développé dans tous les départements, comptant à présent un peu plus de 431 000 adhérents.

Au vu du département de l’Aveyron, cette assise militante a été particulièrement efficace grâce à un nombre important de jeunes apportant leur enthousiasme mais aussi d’anciens militants redonnant un coup de collier pour la bonne cause.

- à l’attente de l’ex-Front de Gauche, ses forces politiques (PCF, Ensemble...) et ses militants orphelins

- au besoin de nombreux syndicalistes, trop menacés par les projets Macron, Fillon et Le Pen pour ne pas s’engager. Ils ont contribué à faire de la candidature Mélenchon un marqueur unitaire "ouvrier" de la présidentielle.

F) 19,58%, une récolte à faire fructifier pour l’avenir

Aux Insoumis : merci et on continue. Pour des Jours heureux, enfin ! (Alexis Corbière)

MÉLENCHON : « VOUS ÊTES UN MATIN TOUT NEUF QUI COMMENCE A PERCER » - Intervention au soir du 1er tour

RUFFIN - "MÉLENCHON À 19,5 %, UN TREMPLIN POUR DEMAIN !"

Mélenchon réalise un score canon, une promesse pour l’avenir

Jean-Luc Mélenchon, pivot de la recomposition de la gauche (Politis)

Jean-Luc Mélenchon : suite et fin ? par Usul

Jacques Serieys, 8h05, 23 avril 2017


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