Florian Delorme serait-il un agent de l’action idéologique anti LFI ?

jeudi 11 octobre 2018.
 

Cultures Monde est une émission de France Culture traitant des affaires internationales du lundi au vendredi, entre 11 heures et 12 heures. C’est une émission généralement de bonne qualité, bien documentée.

Son animateur fait preuve d’un travail sérieux mais malheureusement, et c’est fort dommage, sa neutralité idéologique semble faire défaut.

Dans son émission « cultures monde » du 10/09/2018 Florian Delorme aborde le thème : « quel régime (politique) pour assurer la transition écologique ? ».

On peut écouter l’émission en cliquant sur le lien suivant : https://www.franceculture.fr/emissi...

Suite à la démission de Nicolas Hulot du gouvernement Macron, est abordée ici la faisabilité de la transition écologique.

Le problème est d’emblée posé en rapport avec la question de la démocratie : qui a le pouvoir ?

On invoque la puissance des lobbies, l’idéologie de la croissance et une théorie économique néoclassique qui fait très peu de place à l’écologie.

Puis, brusquement, on pose la question : pour avoir une politique réellement écologique faut-il « sortir du capitalisme ? ».

Sortirait-on du capitalisme comme l’on sortirait d’une pièce ?

On interroge à cet effet Jean Ziegler par téléphone qui répond qu’il faut en effet sortir du capitalisme actuel.

D’autre part, à la question : l’ONU peut-elle imposer une politique écologique aux multinationales ? La réponse est non car certaines multinationales sont plus puissantes que des États

Remarquons néanmoins que lorsque Jean Ziegler parle de capitalisme, il s’agit du capitalisme contemporain financier.

« Sortir du capitalisme ? » Mais le remplacer par quoi ? Un système semblable à l’ex URSS ? Évidemment non.

La Chine, avec un système dit « hybride » (communiste et capitaliste), trace-t-elle une voie qui pourrait servir de modèle ?

Évidemment non. Il existe aussi des lobbies industriels d’État en Chine qui freinent la transition énergétique et d’autre part le bilan écologique en Chine est relativement catastrophique.

Peut-on envisager en France d’ici quelques années un pouvoir politique, un président de la république qui ferait de la transition écologique une priorité ?

Peu probable nous dit-on.

Conclusion de l’émission : pas d’alternative en vue !

Concernant la critique du productivisme, rappelons que Jacques Généreux, l’un des coordinateurs du programme de LFI, a expliqué dans son ouvrage la Dissociété par exemple, comment le système capitaliste et le système soviétique avaient convergé vers la même erreur de la croyance aux bienfaits de la société d’abondance : d’un côté l’idéologie de la croissance à tout crin et de l’autre le productivisme forcené.

En réalité, cette émission mélange plusieurs problèmes : celui des institutions politiques et de la démocratie d’une part et d’autre part la nature du pouvoir économique.

Pourquoi donc d’emblée parler de « sortir du capitalisme » (formule étrangement semblable à celle de « sortir des traités européens ») ? Pour pouvoir invoquer immédiatement les échecs bien connus du productivisme et du bureaucratisme des expériences soviétique et chinoise.

Mais cela signifierait-il qu’en dehors du néolibéralisme de Macron et des institutions de la Ve République il n’y aurait pas d’autres alternatives dans le cadre du capitalisme ? C’est ce qui est suggéré ici.

Le problème simple et concret qui se pose est en réalité le suivant : dans le cadre d’une économie de marché, est-il possible de mettre en place des institutions et un système économique qui neutralisent la puissance des lobbies, la corruption qui va avec , et la toute-puissance des groupes industriels et financiers et qui permette d’assurer la transition écologique ?

Ce problème est éludé et pour cause : la solution existe : elle est contenue dans le programme de La France Insoumise « L’Avenir en commun ». (Mais nous savons déjà que l’Avenir en commun n’existe pas à France Culture en raison de son esprit de fermeture !)

Nous avons dans 2 articles expliqué en quoi ce programme repose sur un projet de société qui n’est ni collectiviste ni étatiste.

France Insoumise : les cinq lignes de front du penser global http://www.gauchemip.org/spip.php?a... et

France Insoumise mouvement de l’équilibre, Mélenchon l’homme de la juste mesure. http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

On peut rappeler pour éviter toute confusion que ce programme qui contient des mesures en rupture avec le capitalisme sans être collectiviste n’est pas pour autant une orientation politique genre « troisième voie » ou une social-démocratie convertie au libéralisme.

Florian Delorme a invité Dominique Bourre proche de la fondation Hulot, auteur du livre « La démocratie écologique » publiée en 2010 et qui préconise notamment la création d’une troisième chambre constituée d’experts et de citoyens spécialisés dans les questions écologiques. Son travail et ses propositions ont fait l’objet d’un article critique et très intéressant de Jean Gadrey sur son blog dans Alternatives économiques auquel on accède en cliquant sur le lien suivant : https://blogs.alternatives-economiq...

Il est même évoqué dans l’émission la nécessité d’inclure dans la constitution des mesures écologiques

Florian Delorme, qui n’est pas avare de références aux oppositions politiques dans une multitude de pays étrangers ne semble pas savoir qu’il existe dans son propre pays une opposition progressiste qui possède précisément un programme économique et politique à forte teneur écologique réunissant 20 % des électeurs, qui financent par leur redevance sa propre station de radio.

Le temps de parole consacré à la transition énergétique et écologique par Jean-Luc Mélenchon dans ses meetings, ses différentes interventions médiatiques et dans l’ensemble de ses revues de la semaine est considérable. L’inclusion de la règle verte dans la Constitution, l’élaboration d’une planification écologique démocratique remettant en cause une production et une consommation aveugles font partie du programme.

Mais pour Florian Delorme, tout cela n’existe pas. Il n’est pas question pour lui de se faire une seule seconde le vecteur d’une information mentionnant l’existence d’un tel programme.

Cette manière d’agir porte un nom : c’est de l’effacement, de la marginalisation pour ne pas dire de la censure.

On ne demande évidemment pas à un tel journaliste de se transformer en publiciste de l’Avenir en commun, ce n’est pas son rôle, mais tout simplement d’indiquer au moins l’existence d’un tel programme et non pas de faire croire qu’il n’existerait aucune alternative soutenue par un corps électoral significatif.

De ce fait, il exerce une violence symbolique sur les auditeurs. Florian Delorme est-il donc un soldat de l’action idéologique anti LFI ? Le procédé utilisé ici n’est pas sans rappeler une émission de télévision antérieure dont nous avions fait la critique.

« Prendre pour cible La France Insoumise sans en parler : la technique de la rondelle » http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

La technique consiste en ceci : 1) L’émission aborde des thématiques (en l’occurrence concernant l’écologie) particulièrement bien traitée déjà par LFI (par son programme, l’intervention de ces parlementaires de ses militants de Mélenchon).

2) Le journaliste invite des acteurs « concurrents » ou n’appartenant pas à ce mouvement voire même une organisation concurrente ou encore le journaliste fait référence à une idée ou à un programme concurrent (comme par exemple le revenu universel ayant servi à faire la promotion de Benoît Hamon).

Ces 3 agents concurrents constituent la partie pleine de la rondelle. 3) Et on ne cite jamais LFI , Mélenchon ou l’L’avenir en commun . C’est le trou de la rondelle.

4) Le journaliste ou l’un de ses invités peut alors remplir le trou par une un agent concurrent Dans l’émission précédente , on avait vu qu’il s’agissait de l’association Colibris, Dans cette émission , Florent Delorme fait appel à Nouvelle Donne en mentionnant Larrouturou et utilise la présence de son invité Dominique Boure.

Le recours par téléphone à Jean Ziegler qui n’a pas été un acteur dans l’élaboration de L’Avenir en commun et n’aborde en rien ici son contenu ne changerien sur effacement de LFI.

Annexe

Le programme l’Avenir en commun https://laec.fr/

La collection des livrets thématiques complétant l’Avenir en commun. https://avenirencommun.fr/livrets-t...

À France Culture, l’Avenir en commun n’existe pas. http://www.gauchemip.org/spip.php?a...


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