Libéralisme, nouvel âge du capitalisme = Victoire des milliardaires et des rentiers

mardi 10 octobre 2017.
 

Le capitalisme financier transnational impose de plus en plus sa tyrannie :

- par la puissance économique des entreprises mondialisées

- par la puissance financière des grandes banques, assurances, fonds de pension...

- par la politique que mènent des organisations comme le FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne, les agences de notation...

- par les décisions facilitatrices de cette logique économique imposées par la droite libérale et la gauche social-libérale Etat par Etat

- par la réduction des impôts des plus riches qui endette les Etats, affaiblit leurs politiques sociales et services publics

- par le dumping fiscal et social qui pousse aux délocalisations, aux fermetures d’usine, à la "flexibilité" et à la précarité sociale.

- ...

Il soumet ainsi toute activité humaine à la seule exigence de la profitabilité du capital. Ainsi , la globalisation financière assure une fluidité maximale des capitaux sur toute la planète.

La principale caractéristique de l’histoire humaine depuis 30 ans : c’est la victoire des rentiers. Prenons le cas de la France : de 1983 à 2000, le rendement total des actions (dividende et plus-value boursière) a progressé en moyenne de 20 à 22 % chaque année. Or, la richesse réelle créée n’a pas dépassé 2% supplémentaires par an.

Qui a payé la différence ? la jeunesse de moins de 35 ans dont le niveau de vie moyen s’est effondré, les salariés, des millions de personnes précarisées avec deux millions d’enfants vivant dans des familles au revenu inférieur à 750 euros, peu à peu les retraités, bientôt les malades, globalement les couches populaires. Les actionnaires prennent le pouvoir dans les entreprises et les rackettent. 10 % de la richesse produite chaque année en France est ainsi passée pendant 22 ans de la poche des salariés dans celle des profits rentiers. Vol énorme que notre histoire n’avait jamais connu.

La situation est identique au niveau international avec des Etats rackettés par les actionnaires et sommés de jouer leur rôle sans moyen ( en 25 ans la dette publique des principaux pays développés est passée en gros de 20,5% à 44, 5%), avec un continent entier comme l’Afrique actuellement en perdition... A la différence du capitalisme du début du siècle, les nouveaux actionnaires ne sont pas liés à telle ou telle entreprise dont ils épousent le sort ; ce sont des regroupements financiers qui naviguent entre les placements en fonction des rentabilités financières comparées. Les conséquences sont évidentes : « licenciements boursiers », délocalisations, externalisation vers des sous-traitants aux garanties sociales amoindries, faillites... Surtout, l’objectif fixé à chaque dirigeant d’entreprise, c’est à présent de « créer le maximum de valeur actionnariale ».

Personne ne résume mieux la mondialisation libérale que les PDG eux-mêmes, comme Percy Barnevik (groupe suisse ABB) : « La mondialisation c’est la liberté pour chaque société de mon groupe d’investir où et quand elle veut, d’acheter et de vendre ce qu’elle veut, tout en supportant le moins possible de contraintes possibles en raison de la législation sociale ». Un tel programme appliqué dans le monde entier pendant des années a, peu à peu, de très graves conséquences.

La main mise du capital privé sur la production de la richesse mondiale atteint un niveau jamais égalé dans l’histoire. La finance internationale a changé de volume ( la seule société luxembourgeoise Clearstream brasse chaque année 50 fois le budget de la France !). La finance internationale a aussi changé de fonction : elle ne sert presque plus à assurer le développement de la production et du commerce ; les opérations financières pures concernent aujourd’hui des sommes 50 fois plus importantes que le marché des biens et des services. Ce placement de l’argent en vue d’opérations spéculatives à court terme au détriment de l’économie productive ne trouve ses limites que dans des crises dont des pays comme l’Argentine et surtout les couches populaires du Tiers Monde font les frais de façon immonde. Les Etats perdent de plus en plus leur relative autonomie et leur rôle social. La culture de compétition généralisée détruit peu à peu les liens et les droits qui assuraient une certaine dignité des personnes. Pour prendre un exemple, nous connaissons tous la rapacité des banques au détriment des comptes petits et moyens ainsi que les profits mirobolants de leurs grands actionnaires. L’exigence de « retour sur investissement » et de compétitivité internationale pousse au démantèlement progressif de la protection sociale, aux restrictions financières des collectivités publiques, au recul des investissements publics dans l’éducation, la santé, le logement, les transports...

La maximisation des profits pousse aussi à un pillage croissant et irresponsable des ressources de la planète, d’où des pollutions massives, la menace des gaz à effet de serre...

Nous ne pouvons terminer cette analyse rapide sans rappeler :

-  le rôle politique, militaire et économique central de l’impérialisme américain dans cette évolution dangereuse de nos pays et de toute la planète.

-  Les caractéristiques du capitalisme financier transnational actuel ne sont pas nouvelles. Le capitalisme représente un mode de production et une période historique dont les caractéristiques sont connues depuis longtemps, en particulier la recherche du profit maximum, l’exploitation maximum de la nature, la marchandisation progressive de toutes les activités humaines, le besoin permanent de nouvelles innovations technologiques, l’utilisation des Etats pour écraser les opposants potentiels.

-  Le capitalisme s’est développé au niveau international par l’accaparement des terres et des richesses d’Amérique, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie, par l’esclavagisme, le colonialisme, l’exploitation ouvrière barbare, la première guerre mondiale, le fascisme, la désertification des campagnes et du Tiers monde pour fournir la main d’œuvre nécessaire. Mais, le capitalisme actuel ne rencontre pas d’adversaire significatif, et ça, c’est nouveau.

A nous de relever le défi en ce début de troisième millénaire ; et si nous n’y arrivons pas, laissons au moins à la génération suivante :

- l’exemple de notre réflexion,

- l’exemple de notre pratique politique pour prouver qu’un autre monde est possible

- l’exemple de notre combat pour porter haut les objectifs d’émancipation humaine contre les profiteurs assassins.

Jacques Serieys

Ce texte fait partie du rapport introductif à l’Assemblée Générale départementale de PRS12 tenue le 4 février 2006 :

Luttons contre le capitalisme en nous réclamant de l’émancipation humaine, de la République sociale et du socialisme


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