Juan Branco contre Macron

samedi 6 avril 2019.
 

1) Juan Branco a été invité à l’émission « les incorrectibles » de la station Sud Radio

pour discuter de son livre paru en janvier 2019 : « Contre Macron » (aux éditions Divergences)

On peut revoir l’émission en cliquant sur le lien suivant :

²https://www.youtube.com/watch?v=21z...

Cette interview donne des informations intéressantes sur les liens entre certaines grandes fortunes, propriétaires de médias et Macron. Cela pose le problème des rapports entre les grands médias et le pouvoir politique en France.

Il n’est pas inutile de savoir que le propriétaire du journal Le Monde, Xavier Niel (avec Mathieu Pigasse), était un fervent promoteur de la victoire de Macron à la présidentielle 2017.

On apprend aussi que Niel (principal actionnaire de Free) est un actionnaire de Mediapart.

Renseignements pris, celui-ci a versé, parmi 88 contributeurs, 200 000 € à Mediapart (soit 1/6 du montant total de 1,2 millions d’euros versés par ses contributeurs).

Source : https://www.liberation.fr/checknews...

Rappelons que Juan Branco a été candidat aux législatives de 2017 en Seine-Saint-Denis sous l’étiquette France Insoumise.

Voir aussi :

a) Sa biographie sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Juan_...

b) Un article d’actualité :

L’Express : Les chiens sont lâchés contre Juan Branco

2) Juan Branco a été invité pour une longue interview par Thinker view le 13 mars 2019

https://www.youtube.com/watch?v=yEt...

On présente son livre Crépuscule qu’il lui a été très difficile d’éditer.

Là encore il décrit avec finesse les réseaux de connivence existant entre le pouvoir politique et le pouvoir économique sans oublier évidemment le contrôle des médias.

On peut néanmoins s’interroger sur le comportement politique de Juan Branco qui ne semble pas vouloir voter pour le programme de la France Insoumise mais préfère voter blanc.

Il existerait des divergences de stratégie avec LFI dont il ne précise pas exactement la nature.

Il regrette que LFI ne se soit pas engagée plus tôt auprès des Gilets jaunes.

Il semble ignorer les propos méprisants et anti syndicaux tenus par certains « porte-parole » des Gilets jaunes sur le plateau du média.tv et leur répulsion à toute récupération par quelque parti politique que ce soit.

Il reproche aussi à LFI sa verticalité.

Les quelque 5000 groupes d’actions de LFI serait-il donc interdit de toute initiative locale sans prendre leurs ordres auprès d’un comité directeur (lequel ?)

Là encore, le propos est vague.

Juan Branco est parfaitement conscient du caractère extrêmement prédateur de la caste qui gouverne.

Pourquoi donc ne se rallie-il pas franchement avec enthousiasme à la seule force politique actuelle susceptible de la renverser ? La « verticalité » de LFI serait-elle plus violente que le système en place qui occasionne plus de 15 000 morts par suicide dus au chômage en France ?

On peut également se demander si Juan Branco a lu sérieusement l’Avenir en commun et a bien réfléchi à la cohérence politique du mouvement initié par Jean-Luc Mélenchon.

Parmi les intellectuels qui, selon lui, sortirait du lot pour critiquer l’oligarchie figure Emmanuel Todd et Frédéric Lordon. Les travaux de ces deux universitaires sont certes très intéressants et leur prise de position tout à fait progressistes. Mais quel projet politique portent-ils ?

En revanche, aucune mention de Jacques Généreux, qui lui a élaboré un projet de société parfaitement cohérente et clair : « L’Autre société » (éditions du Seuil)

Ce n’est pas par hasard que cet auteur n’est jamais invité par exemple à France Culture pour présenter ses ouvrages. Jacques Généreux a clairement choisi son camp : après avoir été cofondateur du PG il a été coordinateur dans l’élaboration programme l’Avenir en commun rédigé après 3600 contributions « verticales" et l’audition de responsables de plusieurs associations dans le domaine de l’écologie notamment, et bien sûr toujours « verticalement ».

Mais il n’a pas cité non plus Jacques Bidet responsable de la collection « Actuel Marx » et organisateur des colloques « Marx international ».

En réalité, tout ce qui touche de près ou de loin le marxisme semble étranger à Juan Branco

De mon point de vue, Juan Branco est un humaniste courageux dont les ouvrages méritent d’être achetés et lus mais dont la maturité politique est insuffisante. Il n’a pas compris la nature profonde des rapports de classe notamment dans le champ politique et devrait améliorer son niveau de formation en lisant les ouvrages de Jacques Bidet dont il ignore probablement l’existence.

Ce que redoute la grande bourgeoisie, ce ne sont pas des critiques même radicales isolées, des remises en cause de tel ou tel capitaliste, la sortie de telle ou telle affaire pouvant être gênante pour le pouvoir mais l’existence d’une force politique organisée, s’appuyant sur un grand nombre de citoyens, susceptible de remettre en cause son hégémonie économique et politique.

Ce que craint la caste ce n’est pas un intellectuel comme Michel Onfray ou Emmanuel Todd mais un intellectuel comme Jacques Généreux qui a facilité l’organisation d’une force politique redoutable pour elle.

Hervé Debonrivage


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