5 novembre 1991 : La CIA et le MOSSAD assassinent Robert Maxwell

mercredi 6 novembre 2019.
 

Le sex-people autour de l’affaire Epstein, après l’avatar Wenstein, n’a aucun n’intérêt pour qui ne remonte le passé. Celui de Ghislaine Maxwell, décrite aujourd’hui comme rabatteuse d’adolescentes pour le plaisir du millionnaire pédophile et celui de ses amis puissants. Intérêt encore si on remonte aussi dans la vie de son père, Robert Maxwell, tycoon de presse, mort par noyade aux Canaries le 5 novembre 1991.

La carrière de Robert Maxwell – un Tchèque de confession juive – commence en 1940 quand, parvenant à échapper à l’Holocauste, il se réfugie à Londres pour devenir interprète de l’armée britannique. Cette jeune carrière va bientôt le conduire à Prague et sur le front de l’Est, là où se rencontrent deux lames des forces de libération du nazisme : celle des Occidentaux et celle des Soviétiques. Le plus souvent l’ambiance vécue par le jeune traducteur ressemble à celle décrite dans le film « Le Troisième Homme » : espionnage, trahison, double jeu. L’habile Maxwell, devenu citoyen britannique, sait se faire l’ami et le confident de certains as du KGB. A Berlin, dans une ville qui n’est plus qu’une ombre, il lance de petits réseaux de marché noirs. Avec cet argent il peut prendre la main chez l’éditeur allemand Springer Verlag, spécialiste des publications scientifiques, mais interdit d’exercice après son engagement nazi. C’est le début d’une aventure qui va, en 1985 alors qu’il a été élu député travailliste, le conduire à la tête du groupe britannique « Mirror » journal « de caniveau » (mais « de gauche ») qui publie le « Daily » et le « Sunday » Mirror.

Pendant toutes ces années Maxwell n’a jamais perdu le contact avec ses amis vrais des services israéliens au point de devenir un homme de confiance capable d’informer et d’assister le Mossad. Et même, s’il le faut, de blanchir l’argent du service. En 1986 Maxwell aide Israël à récupérer Mordochai Vanunu, un employé de la centrale atomique de Dimona qui révèle aux journaux quelques secrets de l’arsenal nucléaire de Tel-Aviv. Maxwell et des « journalistes-agents » du « Mirror » tendent un piège à Vanunu qui s’est réfugié à Londres. Sur la route du « lanceur d’alertes », ces défenseurs d’Israël placent « Cindy », une jolie jeune femme qui travaille pour le Mossad. Elle et l’équipe du Mirror arrivent à convaincre Vanunu d’aller passer un week-end à Rome. C’est là que des barbouzes du Mossad l’attendent et l’embarquent en bateau pour Haïfa. Maxwell a bien mérité du sionisme.

Puisqu’il est de « gauche », alors que sa femme est Française, Maxwell finance un morceau de la Grande Arche de la Défense voulue par Mitterrand pour qui, il devient une sorte de frère des bonnes œuvres. La vie de Maxwell semble se dérouler avec cette absence d’angoisse qui est celle des milliardaires... Quand le monde apprend, un peu éberlué, que le magnat est mort en tombant à l’eau depuis le pont de son yacht le « Lady Ghislaine », navire qui porte le nom de sa fille adorée. Le 6 novembre à l’aube je suis présent aux Canaries tentant de donner une explication à cet incompréhensible plongeon nocturne.

Dans un centre de téléphone public de l’île, je pince le commandant du yacht en conversation avec un correspondant qui, enquête faite, répond sur une ligne spéciale réservée à la CIA. Ce qui est bien étrange... Les Espagnols salopent l’autopsie : Maxwell est mort noyé. Rien de plus. A Jérusalem l’homme est enterré au « Carré des Justes », celui des bienfaiteurs de l’État.

Un an plus tard je parviens à me procurer l’autopsie de Maxwell. Non pas celle d’Espagne mais celle réalisée à Tel-Aviv, dans les locaux du Shin Bet, l’équivalent de notre DGSI. La musique n’est pas la même, le légiste anglais imposé par la compagnie d’assurances est formel : cet homme a été assassiné (traces de coups et de piqûres).

L’explication est la suivante. Ayant trop joué au loto du grand capital, sans moyens suffisants, c’est un Maxwell au bord de la banqueroute qui vient de dérober l’argent de la caisse de retraite de ses employés du groupe « Mirror ». Voulant se remplumer, le tycoon en déconfiture lance deux actions. La première est de récupérer une partie de l’argent qu’il a fait gagner au Mossad en le blanchissant. La seconde est de relancer ses amis, ex-Soviétiques, devenus Russes. La chute de l’empire a laissé place à un tel chaos que Maxwell est convaincu qu’un corrompu de l’appareil militaro-industriel peut mettre à sa disposition des armes de destruction massive que lui, Maxwell, peut vendre à un pays « mal intentionné », du genre Irak ou Iran.

C’en est trop ! La CIA et le Mossad décident alors de liquider leur meilleur ami. Laissant orpheline la jeune Ghislaine qui, très vite, grâce à Epstein et autres réseaux va redevenir une femme puissante. Tout en continuant de cultiver des liens avec ceux qui ont tué son père, et qui fréquentent aussi Epstein.

Étrange, par exemple, que sur une photo, on voit Ehud Barak, ancien premier ministre israélien, sonner à la porte du palais newyorkais d’Epstein. Un Barak qui fût longtemps le bras armé du Mossad, et même décoré pour ses « exploits ! ».

Jacques-Marie BOURGET

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