8 février 1526 La Commune de Genève s’émancipe complètement de la féodalité

dimanche 24 septembre 2017.
 

La ville de Genève constitue un exemple intéressant de communauté locale ayant sans cesse lutté durant le Moyen Age, tant face aux féodaux que face aux prélats.

En 1309, l’évêque Aymon de Quart reconnaît l’existence légale de la Commune de Genève et son droit à administrer la ville.

Des syndics sont élus chaque année par l’assemblée des citoyens portant le nom de Conseil Général. Ils gèrent les finances, l’urbanisme et tout ce qui concerne l’intérêt public de la cité.

Durant les deux siècles suivants, l’expansion du féodal duché de Savoie autour du lac Léman donne un allié de poids aux évêques qui reprennent une influence de plus en plus importante.

Pour rester indépendante, la Commune de Genève passe le 8 février 1526 une alliance nommée "traité de combourgeoisie" avec les cantons suisses de Berne et Fribourg.

Les élus de la Commune ayant déjà gagné au 14ème siècle la responsabilité de la justice pénale, rendent aussi à partir de 1527 la justice civile.

L’évêque comme les féodaux n’ont plus dès lors de rôle légal spécifique dans l’administration de la ville.

En 1533, une grosse majorité de la classe dirigeante bourgeoise de Genève se convertit au protestantisme. Ce choix religieux n’émane nullement du choix personnel d’un féodal ou même d’un supérieur quelconque ; il ne peut s’expliquer que par deux causes :

- la doctrine de la Réforme correspond beaucoup plus à la mentalité des bourgeois et citadins que le catholicisme féodal

- le duc de Savoie étant leur principal adversaire, il était logique pour Genève de s’allier aux protestants.

Ci-dessous, extrait du site http://www.aidh.org/GE/livre_ge/1.htm concernant le lien entre protestantisme, développement économique et bourgeoisie à Genève aux 16è, 17è et 18ème siècles :

En juillet 1536, Jean Calvin fait étape à Genève. Il est l’auteur d’une oeuvre théologique majeure : l’Institution chrétienne. Guillaume Farel convainc le jeune théologien français de rester à Genève afin d’uvrer à la consolidation de la Réforme.

L’action de Calvin sur la ville ne se réduit pas à des considérations théologiques ou religieuses. Bien que n’occupant que la présidence des pasteurs, son influence touche aussi les domaines culturels, politiques et économiques.

Auteur des Edits civils de 1543, qui servent de constitution à la République, Calvin s’érige en législateur de la Genève d’Ancien Régime. Il veut instituer un équilibre entre le pouvoir politique et ecclésiastique, ce dernier ne devant pas être inféodé à l’Etat.

Sur le plan de la morale aussi, Calvin laisse son empreinte sur la ville. Les moeurs sont soumises à un contrôle sévère. Un tribunal est chargé de veiller à leur respect et de punir les infractions : le Consistoire.

Dès 1550, Genève accueille les Protestants qui s’exilent de France et d’Italie. La population de la ville va doubler en 10 ans. La cité de Calvin devient la Rome du protestantisme.

Un élan très vif est donné à la culture et à l’éducation sous la Réforme. La Genève réformée devient une ville savante. Calvin y fonde l’Académie et le Collège en 1559. L’instruction élémentaire est également en pleine expansion ; le taux d’alphabétisation des Genevois sera toujours supérieur à celui de leurs voisins catholiques.

L’arrivée massive des réfugiés protestants fuyant la persécution a des incidences économiques sur la ville. Plus que le nombre de migrants, c’est leur origine qui aura des incidences sociologiques. Très souvent, ces nouveaux arrivants font partie de l’élite intellectuelle et morale. Ils sont savants, hommes d’affaires, banquiers ou artisans. L’essor économique et intellectuel qui s’opère est imputable en partie à cet afflux de réfugiés.

Ainsi, pour la première fois, l’industrie genevoise travaille pour l’exportation. L’imprimerie est la première branche à s’affirmer. Grâce à sa production de livres, religieux surtout, Genève répand les idées de la Réforme et voit ses revenus augmenter. A la fin du XVIème siècle, la production de livre perd de son importance au profit de la soierie dont la production est en pleine expansion. Au plan politique, les XVI et XVIIèmes siècles consacrent l’avènement de la bourgeoisie. La classe industrielle et commerçante genevoise prend de l’importance, contribuant à la prospérité matérielle de la République.


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