Civilisation sumérienne et mode de production asiatique

samedi 8 décembre 2018.
 

1) Du tribalisme nomade au mode de production asiatique

La formation de la civilisation sumérienne est caractéristique des étapes successives de l’histoire humaine entre la préhistoire et l’antiquité :

* dans les plaines fertiles de Mésopotamie (actuel Irak) pousse naturellement depuis des millénaires une céréale de qualité : l’épeautre. Des groupes de chasseurs cueilleurs apprennent au fil des siècles à la stocker, à la cuisiner puis à la semer.

* sédentarisation au néolithique Les progrès techniques permettent peu à peu d’améliorer les rendements et la conservation. Les groupes de chasseurs cueilleurs peuvent à présent survivre en s’installant sur un territoire. Ils passent d’une économie de prédation itinérante de la nature (cueillette, pêche, chasse) à une agriculture sur des terrains bien définis et à la sédentarisation qui permet de surveiller les cultures.

* création de communautés villageoises Durant plusieurs millénaires, la sédentarisation s’opère sous forme de création de villages conservant le caractère collectif des groupes de chasseurs cueilleurs avec peu de différenciations sociales . Ces communautés villageoises organisent la culture des terres, le stockage des céréales, la défense et toutes questions concernant la vie en commun. Th. Jacobsen, spécialiste de la civilisation sumérienne, se réfère aux mythes de celle-ci pour affirmer qu’elle a connu une période de démocratie directe dans le cadre d’assemblées locales, premières formes d’institution politique, gérant les affaires de la communauté concernée.

2) Le mode de production asiatique en Mésopotamie

* coexistence de communautés villageoises et d’une première apparition de formes étatiques

Les travaux d’irrigation et de protection contre les crues s’étendent bientôt sur des milliers d’hectares. Dans le même temps la population s’accroît considérablement. Ces deux phénomènes poussent à la création d’unités géographiques et politiques plus étendues que les villages primitifs.

Pendant de nombreux siècles, le maintien des communautés villageoises et de leurs institutions (surtout lorsque les besoins en irrigation restaient maîtrisables à un niveau local) n’entre pas en contradiction avec le processus progressif de création de villes et de premiers Etats.

Des chefs individuels apparaissent également, dénommés en pour les objectifs civils, lugal pour les responsabilités militaires.

La Liste royale sumérienne présente Eridu comme la première cité ayant instauré la royauté (6ème millénaire avant notre ère). Par la suite, le rôle politique de cette ville va s’atténuer mais elle va rester un centre religieux important, celui du grand dieu Enki/Ea.

* urbanisation et formation de"cités" comme institutions politiques

Au 4ème millénaire avant notre ère, apparaît une civilisation urbaine et des cités (Ur, Lagash, Uruk, Umma...) comme institutions politiques majeures.

* Le foyer de civilisation du Sud de la Mésopotamie présente alors une telle vigueur et une telle unité qu’il génère une culture, une architecture... et une pré-écriture.

* constitution d’un Etat monarchique comme institution politique supérieure aux communautés villageoises et cités

Le développement démographique, du commerce, de la division du travail, des progrès techniques... amènent la formation d’une société de plus en plus complexe. Apparaissent alors en même temps :

* une écriture unifiée et une culture religieuse assez homogène

* un Etat monarchique ayant un rôle civil, militaire et religieux s’appuyant sur une administration méticuleuse de l’économie. Les villages paient un tribut et des corvées à cet Etat central despotique.

Nous sommes là en présence d’un mode de production asiatique assez caractéristique.

3) Karl August Wittvogel et le mode de production asiatique hydraulique

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