8, 9, 10 thermidor Robespierre abattu, Révolution française terminée

lundi 19 novembre 2018.
Source : Sélection 36
 

Je vais m’arrêter sur les circonstances de la mort de Robespierre et de celles de ceux qui tombent avec lui en ce mois de Thermidor : Saint Just, Couthon, son frère Augustin… au total ils sont 103, membres de la Commune, Jacobins, emportés dans les jours qui suivent, tous victimes d’une coalition hétéroclite rassemblée dans l’opposition à la politique de l’Incorruptible.

Qui sont donc ces brigands qui font tomber Robespierre ? Il y a les terroristes sanguinaires, comme Fouché, tancés et rappelés de leurs missions par Maximilien révulsé par la violence qu’ils exercent contre les populations civiles ; il y a certains membres du Comité de Salut Public inquiets de la législation sociale adoptée sous l’influence de Saint Just et de Robespierre ; il y a des hébertistes deschristianisateurs hostiles à l’Etre suprême dont on vient de célébrer la fête ; il y a la queue de comète des dantonistes ; des membres du Comité de Sureté général n’acceptant pas l’autorité que Robespierre a pris sur eux. Tous ces fripons, ces criminels, s’entendent le 9 thermidor à la Convention pour empêcher Maximilien de prendre la parole et décréter son état d’arrestation avec Saint Just et Couthon. L’ami Lebas et le frère de Maximilien, Augustin, demandent à partager leur sort.

Principal animateur du Comité de Salut Public, l’organe « gouvernemental » de la Révolution, Maximilien Robespierre en faisant adopter, dans les mois qui précèdent sa chute, une série de mesures sociales dépassant les conquêtes politiques de 1789 - la loi sur le Maximum, les lois de Ventôse, la Constitution de l’An I qui contient les prémices de l’idée de services publics - s’est en effet attiré l’hostilité des représentants des classes possédantes. Dans le même temps, il n’est pas parvenu à satisfaire une part des revendications populaires. Trop tardives, trop imprécises, les mesures prises par le Comité de Salut Public répondent imparfaitement aux aspirations d’une partie des sans culottes de Paris.

Ainsi coupé d’une partie du peuple de la capitale, « suspendu dans le vide » comme l’écrit l’historien Jean Massin, celui qu’on accuse d’être un dictateur, un tyran, se rend le 8 thermidor devant une Convention qu’il lui sait hostile. Tous les conspirateurs sont là. Et tous se taisent pour écouter son dernier discours. Il se termine par ces mots « Je suis fait pour combattre le crime, non pour le gouverner. Le temps n’est point arrivé où les hommes de bien peuvent servir impunément la patrie ; les défenseurs de la liberté ne seront que des proscrits, tant que la horde des fripons dominera ».

Arrêté puis libéré par la Commune de Paris, dans la nuit du 9 au 10 thermidor, Robespierre renonce à diriger l’insurrection qui l’appelle à sa tête. Il l’a sait trop faible, ne sait quelle direction lui donner. Epuisé, après une année passée à la tête du Comité de Salut public, à défendre, à chaque instant, la République, à multiplier les séances à la Convention, les interventions au club des Jacobins, Maximilien se laisse, à deux heures du matin, rattraper. Le lendemain, il est guillotiné, après ses amis Saint Just et Couthon et Augustin son frère, avant 18 autres de leurs camarades, place de la Révolution. Son corps est jeté dans la fosse commune du cimetière des Errancis, aujourd’hui rue Monceau dans le VIIIe arrondissement.

Pour l’historien Albert Mathiez, Thermidor correspond à la fin de « La grande période de la République […]. Les rivalités de personnes prennent le pas sur les idées, le Salut public s’efface et disparait derrière les intérêts privés […]. Le politicien remplace le politique. ». C’est le début de la contre révolution. Le suffrage censitaire est rétabli. Le maximum aboli. C’est le début aussi d’une autre Terreur, la terreur blanche, ne brutalisant ni le noble, ni le banquier mais massacrant jacobins et républicains.

Rendre hommage à Robespierre et à ses compagnons, c’est donc pour nous, militantes et militants du Parti de Gauche, rendre hommage à la République démocratique et sociale anéantie avec eux. 220 ans plus tard, nous poursuivons leur projet. 220 ans plus tard, comme Jaurès en son temps, nous sommes avec Robespierre.

Par notre rassemblement, nous honorons la mémoire de ces hommes, immenses par les tâches qu’ils accomplirent devant l’inédit surgit de l’histoire, et en particulier celle de Maximilien Robespierre à qui aucune rue, aucune place, aucun monument de Paris ne rend l’hommage pourtant du à l’un des fondateurs de notre liberté.

Vive Robespierre,

Vive Saint Just,

Vive Couthon,

Et ceux qui meurent avec eux,

Vive la Révolution !

Discours de Paul Vannier, co-secrétaire du PG Paris

Source : http://www.lepartidegauche.fr/viede...


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