Quelqu’un a-t-il une solution pour que l’on vive un tout petit peu mieux sur cette terre ? Dieu a besoin d’aide.

vendredi 24 octobre 2008.
 

L’évolution actuelle du monde (Afghanistan, Israël, Pologne, Algérie...) m’incite à mettre en ligne ce texte de Jean-François GODCHAU avec lequel j’ai milité à plusieurs périodes.

Si Dieu existe ­ ce qu’on ne tentera pas de trancher ici ­ et s’il est fondamentalement bon ­ ce qui reste largement à prouver ­ il est, manifestement, totalement dépassé par les événements ! A en juger par les atrocités et les victoires de la barbarie qui ne cessent de s’accumuler sur notre malheureuse planète : inondations en Chine, tueries au Kosovo, famines de masse en Afrique, victoire des « moines-soldats » taliban et, donc, nouvelles attaques contre la dignité et la simple survie des femmes en Afghanistan, multiplication des meurtres incompréhensibles en Algérie, développement de la misère dans le tiers monde et dans les pays développés (chômage de masse et de longue durée), essor de la prostitution d’enfants et d’adultes des deux sexes dans tous les continents, continuation ou retour en force de l’esclavagisme sous diverses formes tandis que l’on « fête » le cent cinquantième anniversaire de son abolition officielle, obligation de reprendre sans cesse la lutte contre les diverses mafias, contre les sectes de tous genres, apparition de nouvelles manifestations criminelles (prélèvement et commerce d’organes humains), attentats et mort d’innocents partout... etc. La liste n’a, hélas, rien exhaustif, bien loin de là !

Comment Dieu peut-il tolérer tout cela ? Est-il devenu aveugle et sourd aux malheurs de l’humanité ? Ou d’ailleurs l’a-t-il toujours été, nous privant ainsi définitivement de l’illusion d’un quelconque « progrès historique », le passé n’ayant rien d’enchanteur du point de vue humanisme, et le seul XXe siècle nous ayant fourni ses deux guerres mondiales, ses deux crises économiques internationales, ses chapelets de régimes fascistes, le Goulag stalinien, et l’on en passe ? Est-ce la couche d’ozone qui constitue un obstacle imprévu entre lui et nous ? A-t-il présumé de ses propres forces en prenant en charge le salut de populations d’autres planètes appartenant à d’autres galaxies ? Ce qui ne serait guère raisonnable, on le voit bien. Et que penser ou croire si, non content de tolérer ces horreurs, Dieu les créait lui-même pour « mettre à l’épreuve » ? Auquel cas, nous plaiderions d’emblée « coupables » et l’assurerions sans ambages que nous sommes tout à fait conscients de la modestie de notre sort, que nous n’en demandons pas tant, et que nous le prions seulement et très humblement de nous aider au lieu de nous accabler avec autant de persévérance et d’imagination dans l’épouvantable. Quitte à ce que cette aide soit réciproque et qu’elle fasse l’objet d’une sorte de protocole d’accord passant, notamment, entre nous et ses représentants les plus indiqués pour servir d’intermédiaires entre lui et nous : les membres des divers clergés se réclamant ostensiblement de lui.

Programme de travail pour le pape et ses collègues Les différents prêtres sont-ils en charge de nos âmes ou de nos vie terrestres ? A les lire, et entendre, on ne sait plus très bien, et il serait bon qu’ils éclaircissent la chose. S’ils se préoccupent de notre salut éternel, de grâce qu’ils s’y consacrent, en laissant à d’autres les prises de position sur ce qui échappe manifestement à leur compétence : la contraception et l’avortement, notamment, mais aussi, par exemple (récent) : le darwinisme (!).

Si, au contraire, c’est notre passage ici-bas qui les questionne, alors, suggérons-leur des axes de travail et de combat vraiment dignes de Dieu, d’eux-mêmes, et de nous tous, humbles pécheurs.

Qu’ils déclarent sans ambiguïté une guerre totale à la barbarie ! Finies les « indulgences » devenues gratuites ! Qu’aucun mafioso, proxénète, esclavagiste, tortionnaire, pourvoyeur de drogue, ou même simple client du « tourisme sexuel », qu’aucun auteur de « crimes contre l’humanité » ne puisse conserver le moindre espoir de gagner jamais le paradis et d’y côtoyer le Seigneur ! Qu’ils soient clairement garantis d’excommunication !

Qu’ils tirent les leçons de l’évolution de l’humanité : les religions ont été de tous temps, avec les nationalismes, les grandes fauteuses de guerres de l’Histoire, et encore de nos jours (Irlande, Moyen-Orient, Yougoslavie, etc.). Comment faire en sorte qu’on ne puisse plus (se) tuer au nom de Dieu ?

Que les grandes religions monothéistes ­ qui, à cet égard, n’ont rien à s’envier les unes les autres ­ cessent d’accuser les femmes du « péché originel » (sic) ! De les considérer comme « impures », « souillées », inférieures (non-accès à la prêtrise, c’est-à-dire au service direct de Dieu). De les parquer à la maison ou à un endroit spécifique de l’Eglise ou de la synagogue. De les priver d’éducation, voire de simples soins médicaux (Afghanistan). L’Eglise a bien mis deux mille ans pour ne plus traiter les juifs de déicides, qu’il soit permis de souhaiter vivement qu’elle mette un peu moins de temps pour réhabiliter la moitié du genre humain !

Qu’ils renoncent au dogme pré- et post-stalinien de l’« infaillibilité pontificale » (impérialisme typiquement catholique), à l’Immaculée Conception, qui fait hoqueter de rire les croyants non catholiques et même les meilleures ouailles (surtout féminines) de cette religion, aux péchés prétendument « mortels », qui peuvent n’être que « mignons » : gourmandise, paresse, « luxure » (sic) ­ vous avez dit « plaisir » ­, au non-mariage des prêtres (si Dieu leur a donné des organes, c’est pour s’en servir ! D’ailleurs, c’est bien connu, certains s’en servent). Qu’ils nous expliquent cette véritable terreur du sexe et du plaisir !... Et, surtout, par pitié, par simple dignité, qu’ils abandonnent, une fois pour toutes, cette ignominie cynique, axe perfide d’une philosophie de renonciation et de soumission sociales : « Les derniers ici-bas seront les premiers là-haut. »

Comment vivre un tout petit peu mieux sur cette terre, qui pourrait être autre chose qu’une « vallée de larmes » ? Comment développer le tiers monde ? Comment améliorer la santé des humains ? Comment assurer à toutes et tous une éducation satisfaisante ? Par quels moyens en finir avec les régimes de tyrannie et d’oppression ? Quels excellents sujets de méditation pour les appareils ecclésiastiques qu’on aura bien soin de distinguer des religions et des croyants laïcs qui, depuis des décennies, se sont engagés au service de leurs prochains.

Prêtres, pasteurs, rabbins, imams de tous les pays et de toutes les croyances, unissez-vous ! Pour le meilleur et pas pour le pire !.

Jean-François Godchau enseigne l’économie à l’université de Paris X-Nanterre.

Jean-François GODCHAU


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