Egypte antique : Révolution sociale au 3ème millénaire avant notre ère

lundi 3 décembre 2018.
 

Le pharaon de l’Ancien empire d’Egypte antique est un Dieu, descendant du Créateur, fils de Rê (Soleil), détenteur de tout le pouvoir politique, chef des armées, juge suprême et prêtre suprême.

Héritier d’une telle ascendance et porteur de telles responsabilité, il peut dire bien plus que Louis XIV plus tard : L’Etat, c’est moi. Ainsi, il est garant de l’ordre établi par Mâât.

Dans la réalité, les pharaons de l’Ancien empire gouvernent de façon absolutiste. Parmi ces souverains déifiés de la 3ème à la 6ème dynastie, les plus connus (grâce aux pyramides) appartiennent à la 4ème : Chéops, Chéphren, Mykérinos.

Leur pouvoir est tellement haï par une majorité du peuple (paysans, esclaves, artisans) qu’une immense révolte éclate sur la fin du troisième millénaire (peut-être suite à une crise économique) et que toute représentation des pharaons (statue, papyrus…) est détruite.

Rien de tel qu’une révolution pour les puissants prennent en compte le peuple

La tonalité de l’idéologie dominante connaît une forte inflexion dans le sens d’un pharaon responsable de la vérité et de la justice « J’ai dit la vérité et pratiqué la justice ; j’ai parlé honnêtement et répété (les paroles) avec honnêteté. J’ai rendu la justice de sorte d’être bien apprécié des gens. J’ai jugé (la cause) qui séparait deux rivaux, faisant qu’ils soient (tous les deux) satisfaits. J’ai sauvé le faible de quelqu’un plus fort que lui, autant que cela était en mon pouvoir. J’ai donné du pain à celui qui avait faim, un vêtement (à celui qui était nu). J’ai ramené sur la terre ferme celui qui était sans bateau. J’ai enterré celui qui n’avait pas de fils..." (inscription funéraire de Néfer-Séshem-Rê)

Cette révolution amène les milieux populaires au pouvoir dans de nombreuses villes. La crise politique atteint le pouvoir central durant plus d’un siècle (70 pharaons en 70 jours pour la 7ème dynastie ; ceux de la 8ème dynastie sont également nombreux mais inconnus ; sous les 9ème, 10ème et 11ème dynasties, l’Egypte n’est plus unifiée)

Il faudra attendre Mentouhotep, le grand pharaon noir, pour que le pays retrouve une capitale commune et une stabilité dynastique.

A) Le scribe Ipou-Our raconte ce qu’il voit (papyrus conservé au musée de Leyde)

« (...) Voyez donc, les hommes démunis sont devenus propriétaires de richesses et celui qui ne pouvait faire pour lui-même une paire de sandales possède des monceaux.

Voyez donc, les riches se lamentent, les miséreux sont dans la joie, et chaque ville dit : « laissez-nous chasser les puissants de chez nous. » (...)

Voyez donc, l’or et la lapis-lazuli, l’argent et le turquoise, la cornaline et le bronze, la pierre de Nubie entourent le cou des servantes, tandis que les nobles dames errent à travers le pays et que les maîtresses de maison d’autrefois disent : « Ah ! Puissions-nous avoir quelque chose à manger ! » (...)

Voyez donc, Elephantine, Thinis, etc… de Haute Egypte ne paient plus d’impôts, à cause de la révolte. On manque de fruits, de charbon de bois. (...)

Autrefois, le cœur du roi était heureux quand les porteurs d’offrandes s’avançaient vers lui, et quand venaient les pays étrangers : c’était notre empire, c’était notre prospérité. Qu’allons nous faire à ce propos ? Tout est tombé en ruine. (...)

Voyez donc, celui qui ne possédait rien est maintenant celui qui possède (...)

Voyez donc, les Grands ont faim et souffrent, mais les serviteurs sont servis. (...)

Voyez donc, les bureaux administratifs sont ouverts, les rôles ont été enlevés, de sorte que celui qui était un serf peut devenir le maître des serfs. (...)

Voyez en vérité une chose a été faite qui n’était pas arrivée auparavant : on est tombés assez bas pour que des misérables enlèvent le roi. (...)

Voyez en vérité, on est tombés assez bas pour que le pays ait été dépouillé de la royauté par un petit nombre de gens sans raison. (...)

Voyez, les juges d’Egypte sont chassés à travers le pays, chassés des Maisons de la royauté. (...)

Voyez, aucune fonction n’est désormais à sa place, tel un troupeau qui s’égare sans berger. (...)

Cela est bon assurément quand les mains des hommes construisent des pyramides et creusent des étangs et font pour les dieux des vergers. (...)

Traduction dans Grimal et Lalouette (Textes sacrés et profanes de l’ancienne Egypte et web http://egyptomusee.over-blog.com/ar...

« La Sublime Salle de Justice, ses écritures sont enlevées, les places secrètes sont divulguées. Les formules magiques sont divulguées et deviennent inefficaces, parce que les hommes les ont dans leur mémoire. Les offices publics sont ouverts ; leurs déclarations (titres de propriété) sont enlevés ; malheur à moi, pour la tristesse de ce temps !...

Voyez donc : des choses arrivent qui n’étaient jamais advenues dans le passé : le roi est enlevé par les pauvres… Ce que cachait la Pyramide est maintenant vide. Quelques hommes sans foi ni loi ont dépouillé le pays de la Royauté. Ils en sont venus à se révolter contre l’Uræus qui défend Râ et pacifie les Deux Terres …

Les pauvres du pays sont devenus riches, tandis que les propriétaires n’ont plus rien. Celui qui n’avait rien devient maître de trésors et les grands le flattent. Voyez ce qui arrive parmi les hommes : celui qui ne pouvait se bâtir une chambre, possède maintenant des (domaines ceints de) murs. Les Grands sont (employés) dans les magasins. Celui qui n’avait pas un mur pour (abriter) son sommeil est propriétaire d’un lit. Celui qui ne pouvait se mettre à l’ombre possède maintenant l’ombre ; ceux qui avaient l’ombre sont exposés aux vents de tempête. Celui qui ne s’était jamais fabriqué une barque a maintenant des navires ; leur (ancien) propriétaire les regarde, mais ils ne sont plus à lui. Celui qui n’avait pas une paire de bœufs possède des troupeaux ; celui qui n’avait pas un pain à lui devient propriétaire d’une grange ; mais son grenier est approvisionné avec le bien d’un autre…

Les pauvres possèdent les richesses ; celui qui ne s’était jamais fait de souliers a maintenant des choses précieuses. Ceux qui possédaient des habits sont en guenilles ; mais celui qui n’avait jamais tissé pour lui-même a maintenant de fines toiles. Celui qui ne savait rien de la lyre possède maintenant une harpe ; celui devant qui on n’avait jamais chanté, il invoque la déesse des chansons… La femme qui n’avait même pas une boîte a maintenant une armoire. Celle qui mirait son visage dans l’eau possède un miroir de bronze…

Les (dames) qui étaient dans les lits de leurs maris, couchent sur des peaux (par terre)… Elles souffrent comme des servantes… Les esclaves (femmes) parlent tout à leur aise, et, quand leurs maîtresses parlent, les serviteurs ont du mal à le supporter. L’or, le lapis, l’argent, la malachite, les cornalines, le bronze, le marbre… parent maintenant le cou des esclaves. Le luxe court le pays ; mais les maîtresses de maison disent : « Ah ! si nous avions quelque chose à manger. « Les dames… leurs corps souffrent à cause de leurs vieilles robes… leurs cœurs sont en déroute quand on les salue.

Les nobles dames en arrivent à avoir faim, tandis que les bouchers se rassasient de ce qu’ils préparaient pour elles ; celui qui couchait sans femme, par pauvreté, trouve maintenant de nobles dames. Le fils d’un homme de qualité ne se reconnaît plus parmi d’autres : le fils de la maîtresse devient fils de servante… « 

B) Autres textes produits par des contemporains de la révolution égyptienne de la fin du 3ème millénaire (-2260...)

Il s’agit évidemment d’écrits produits par des pharaons, princes, prêtres et scribes favorables à l’Ancienne dynastie absolutiste. Malgré ce parti-pris logique, ils donnent des informations précises.

B1 Admonitions d’un sage Egyptien

« Le pays est pleine ébullition et le laboureur porte un bouclier. Les lois de la Salle de justice sont dispersées (...) les portes et les murailles sont incendiées (...) les pauvres sont riches et les riches sont dépouillés (...) les fils de nobles sont jetés à la rue (...) le roi est enlevé par les pauvres (...) des hommes de rien ont renversé la royauté, ils ont osé se révolter contre l’uraeus défenseur de Rê…’’

B2 Prophétie de Neferty

« ... Courage mon cœur, pleure sur ce pays où tu as commencé (ton existence) (...) Vois donc, le Grand personnage est maintenant abattu, dans ce pays où tu as commencé ton existence (...) Vois donc les Grands ne constituent plus le « gouvernement » du pays. (...) Ré doit recommencer la création. Le pays tout entier a péri, il ne subsiste rien ; il ne restera même pas le noir de l’ongle de son destin. Ce pays est si gravement atteint que personne ne se lamente plus sur lui, que personne ne parle, que personne ne pleure. Comment donc ce pays pourra-t-il subsister ? (...) Assurément ces belles et bonnes choses (d’autrefois) ont été détruites. (...) Je te décris le pays à la manière d’un malade, car ce qui n’aurait jamais dû arriver est arrivé. On saisira les armes de combat et le pays vivra dans le tumulte. On fabriquera des flèches de cuivre et l’on demandera du pain avec du sang. (...) Je te décris le Pays à la manière d’un malade. Celui dont le bras était faible sera un homme puissant ; on saluera celui qui (autrefois) saluait. Je te décris l’homme inférieur devenu supérieur, ce qui était tourné sur le dos est maintenant tourné sur le ventre. On vivra dans la nécropole. Le pauvre empilera de grandes richesses. C’est l’homme misérable qui mangera les pains d’offrandes, tandis que les serviteurs seront dans la liesse. Le nome d’Heliopolis, lieu de naissance de tous les dieux, n’existera plus…

B3 Enseignement du roi Kheti II à son fils Mérikaré

« « Si tu rencontres un homme dont les partisans sont nombreux une fois assemblés, et qui soit agréable aux yeux de ses gens, un homme qui soit un orateur prolixe, chassez-le, supprimez-le, efface son nom, chasse son souvenir ainsi que celui de ses partisans. C’est aussi une cause de troubles pour les citoyens qu’un homme au cœur violent, il provoque des factions parmi les jeunes. Si tu t’aperçois que les citoyens subissent son ascendant, humilie le en présence des courtisans, chasse le ; c’est un ennemi aussi. Un bavard est un fauteur de troubles pour la ville. Soumet la multitude ; repousse l’excitation loin d’elle. (...) »

B4 Chants du désespéré

« (...) Ceux qui ont construit des monuments en granit et édifié des pyramides parfaites, œuvres achevées, ces bâtisseurs sont devenus des dieux ; mais maintenant leurs tables d’offrandes sont nues, comme celle des abandonnés qui sont morts sur la rive sans descendance (...) L’homme qui rendait furieux à cause de ses mauvaises actions, maintenant fait rire tout le monde lorsque son crime est odieux. (...) A qui parlerai-je aujourd’hui ? Il n’y a plus d’homme pacifique. (...) Le mal a frappé le pays. Il n’a plus de fin. (...) »

C) Analyse de la révolution égyptienne par l’historienne Viviane Koenig

Viviane Koenig dans « L’Egypte au temps des pharaons » :

« Vers 2260, à la fin du long règne du pharaon Pépi II, (...), l’autorité royale s’effrite, surtout en Haute Egypte, région si éloignée de la capitale. L’Etat se disloque. Au nord, le peuple s’agite. Une révolution violente, sanglante, implacable éclate. Dépossédés de leurs biens, les riches émigrent ou découvrent la misère. La peur règne partout. Les brigands parcourent la campagne. Les paysans ne cultivent plus. La famine fait des ravages. Les fonctionnaires, débordés, voient leurs bureaux mis à sac. Les artisans abandonnent leurs ateliers. Le palais royal brûle. (...) Même les dieux sont délaissés. (...) Les pauvres possèdent les richesses. (...) Les nobles dames meurent de faim. (...) L’ordre social est bouleversé. L’Ancien Empire devient un souvenir. (...) Le temps est fini où, dans l’ordre et le calme, les paysans obéissaient au scribe surveillant l’engrangement du blé. (...) Pendant plus de deux siècles, Pharaon n’existe plus (...). Les troubles violents qui ont mis fin au vieil empire sont terminés. Ils ont été d’une violence inouïe : une véritable révolution. (...) Vers 2050, Mentouhotep devient le pharaon Mentouhotep 1er. »

Elle présente un témoignage écrit : « Je te présente le pays sens dessus dessous. Ce qui se passe ne s’était jamais passé. (...) Quelques hommes sans foi ni loi sont allés jusqu’à déposséder le pays de la royauté, la résidence royale a été ravagée en une heure, celui qui ne pouvait se construire un réduit est propriétaire des murs, celui qui ne pouvait se faire construire une barque est propriétaire des bateaux… »

C’est bien une révolution sociale qui a renversé l’ordre. Un changement va apparaître dans le nouvel empire : les grands nobles sont surveillés par le pharaon, les stocks de blé ne peuvent plus être détournés par corruption, les gouverneurs deviennent des fonctionnaires qui répondent de leur vie au cas où les greniers de réserve sont vides, les pauvres accèdent à la vie éternelle et ont droit de traduire leur noble en justice. La classe pauvre est reconnue, la classe riche a perdu de son pouvoir en faveur de l’Etat et la classe moyenne voit son nombre considérablement accru. La réforme de l’Etat sert fondamentalement la classe noble même si elle est dépossédée du pouvoir direct. Et Pharaon doit désormais justifier de sa nécessité, se faire de la propagande politique : des écrits exposent les problèmes de la société et combien Pharaon est indispensable pour les résoudre. L’idéologie dominante est elle aussi modifiée. Pharaon a modifié la religion qui fait mine de se tourner désormais vers le peuple. En achetant quelques formules magiques, n’importe qui peut aller dans l’au-delà. »

D) Commentaire d’ autres historiens sur la révolution sociale de -2260

D1 Pierre Grimal

« Des révolutions sociales chassent les antiques familles, dépositaires des traditions les plus respectables… Aux chants de triomphe et de joie célébrant la paix et la victoire des rois, succèdent des plaintes pathétiques. Quoi de plus touchant que la prophétie de Neferty, rédigée sans doute vers l’an 2000 avant J.-C… Ce que les hommes avaient pu accomplir, la place qu’ils avaient su se donner, contre les puissances mauvaises, tout cela est détruit (...) La prophétie de Neferty était écoutée par le roi. Vers le même temps, les mêmes malheurs, ou d’autres analogues suscitaient les lamentations d’Ipou-our (...) Le ton est différent, ce sont les paroles d’un homme simple ; les comparaisons qu’il emploie viennent de la vie quotidienne : le tour de potier, les ibis qui souillent la terre, et cet homme regrette que l’état ancien de la société ait été bouleversé, que la servante tienne la place de la maîtresse, que le riche soit dans une condition misérable (...) »

D2) Guy Rachet dans « Civilisation égyptienne » :

« Cette haine fantastique contre le pharaon s’est reportée contre toute la lignée des rois de l’Ancien Empire et c’est ce qui explique les sarcophages des pyramides brisés et vidés de leurs restes humains, et surtout les statues des rois jetées au fond de puits ou cassées jusqu’à être réduites en minuscules morceaux. Si cette révolution ouvre l’époque d’anarchie de la première période intermédiaire, si elle brise toutes les structures sociales de l’Ancien Empire, ses conséquences pour la vie morale du peuple égyptien sont sans doute incommensurables : le privilège de l’immortalité solaire, qui n’appartenait qu’au pharaon et à ceux que sa volonté royale avait élus, est donné désormais à tout Egyptien à quelque classe qu’il appartienne. »

E) Conséquences de la révolution sociale sur l’idéologie dominante, sur la religion

« A la monarchie puissante et quasi despotique de l’Ancien Empire succède alors une monarchie nouvelle, qui a dû tirer la leçon d’événements révolutionnaires survenus à l’intérieur du pays, et qui cherche à affirmer un pouvoir royal, prudent, plus préoccupé des besoins du peuple – rois et dieux oeuvrant pour le maintien de la justice et de la cohésion sociale. »

(Claire Lalouette, Textes sacrés et profanes de l’ancienne Egypte)

Enseignements du roi Ouakha-Rê Khety III (-2 110 à – 2075) à son fils le futur roi Mérikaré de la 10e dynastie (-2 075 à -2 060) Papyrus du musée de l’Ermitage – N°1115 à Copenhague :

« La vie sur terre passe rapidement, heureux celui qui est sans péché, car un million d’hommes ne serviront à rien au roi des deux-terres lorsqu’il paraîtra en pécheur dans l’au-delà. La mémoire de l’homme bon vivra toujours. L’essence de la vie est dans la parole des ancêtres, elle est contenue dans les livres… Ouvre-les et lis-les. Pratique la justice aussi longtemps que tu seras sur terre, Réconforte ceux qui pleurent, n’opprime pas la veuve et l’orphelin… Dieu connaît le perfide et rétribue ses péchés dans le sang…Monte vers les chemins inaccessibles, car l’âme de l’homme va vers la place qu’elle connaît, elle ne s’écarte pas du chemin de la vérité et personne ne peut la repousser ! Sache que les juges du tribunal de l’au-delà examineront une vie comme une heure. Heureux celui qui atteindra cette vie : il sera là comme un dieu, il se déplacera librement comme les maîtres de l’éternité, car il n’y a personne qui puisse s’opposer au créateur qui est omniprésent et omniscient. Honore ton Dieu invisible sur ton chemin, pratique la vérité et la justice, Agis pour Dieu afin qu’il puisse faire de même pour toi. Après avoir puni les hommes (déluge ?) il fait à nouveau briller sa lumière (Rê) qui navigue dans le ciel pour que les hommes la voient. »

Chant du harpiste « Les corps passent et disparaissent, tandis que d’autres demeurent depuis le temps des ancêtres. Les plaintes ne sauvent personne du tombeau, car il n’est accordé à personne d’emporter avec soi son bien, et aucun de ceux qui sont partis n’est revenu ! »

« S’il est une chose que tu peux acquérir et que jamais tu ne perdras : « donne du pain à celui qui (a faim et) n’a pas de champ et assure-toi à tout jamais un bon nom auprès de ta postérité. »

Pour plus d’informations, l’article ci-dessous de Robert Paris :

http://www.matierevolution.fr/spip....


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