Manif à poil - les modèles des Beaux Arts protestent

mercredi 17 décembre 2008.
 

En grève, les modèles des Beaux Arts ont posé nus lundi devant la direction des Affaires culturelles à Paris, pour protester contre la perte d’un quart de leur salaire. La Mairie de Paris, qui les emploie comme vacataires, vient en effet d’interdire le "cornet", cette petite feuille pliée qui permet de collecter un pourboire en fin de cours de dessin. Petite obole allouée par les élèves ou les peintres contents de la prestation du modèle.

Cette pratique, illégale dans tout bâtiment public relevant de la fonction territoriale, est une tradition, qui permet aux modèles vacataires d’arrondir considérablement un salaire de 36,60 net pour 4 heures de travail : « On nous ampute d’un quart de nos revenus déjà bien maigres puisque nous n’avons pas le statut d’agent municipal », déplore l’une d’elles.

Les modèles des ateliers de la ville de Paris ne veulent plus se dénuder pour un salaire qu’ils jugent dérisoire. Et pourtant, certains ont bravé le froid lundi pour poser dans le plus simple appareil devant la Direction des affaires culturelles (DAC) de la ville, afin de réclamer une reconnaissance de leur métier et une augmentation salariale.

Une soixantaine de personnes, selon la police, modèles et artistes qui les dessinaient, ont participé à cette manifestation d’un genre peu ordinaire devant la DAC, à l’appel du "Comité des modèles de Paris". Le rassemblement était soutenu par la CGT et FO, qui avait également exhorté ses sympathisants à faire grève toute la journée.

Les modèles, des vacataires qui posent pour environ 11 euros de l’heure dans les ateliers de dessin municipaux, demandent principalement la "reconnaissance du métier de modèle comme un corps de métier à part entière", une "revalorisation salariale", et la "sortie de la précarité d’emploi".

La suppression du "cornet", qui permettait un complément salarial (allant de 100 à 200 euros, selon le Comité) sous forme de pourboires donnés en fin de séance, a été l’élément déclencheur du mouvement de grogne en octobre, une note de la mairie de Paris ayant rappelé que la loi interdit ce genre de pratique dans des établissements publics.

La mairie de Paris s’est déclarée prête lundi à revoir la rémunération horaire des modèles, à condition de le faire conjointement avec le ministère de la Culture. "Je suis tout à fait d’accord pour qu’on étudie le taux horaire à la hausse, puisque aujourd’hui ils sont payés comme des femmes ou des hommes de ménage", a déclaré à l’Associated Press Christophe Girard, adjoint à la culture de la mairie de Paris, qui emploie "une centaine" de modèles.

"Mais je veux qu’on le fasse avec le ministère de la Culture car cela concerne aussi les modèles dans les écoles des Beaux-Arts de l’Etat, dans toute la France", a-t-il ajouté.


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