Une affaire Parisot au Medef ? Une coach à 300 000 euros

jeudi 22 janvier 2009.
Source : Rue 89
 

Semaine agitée pour Laurence Parisot. D’après l’Express, la présidente du Medef a fait facturer 300 000 euros d’honoraires, pour payer les services de son coach personnel. Un joli pactole pour un petit mi-temps. Soit un salaire de 25 000 euros par mois, ce qui ferait de Rosine Lapresle-Tavera l’employée la mieux payée de l’organisation patronale. Après l’UIMM, une nouvelle affaire en vue ?

Omniprésente au Medef, mais très discrète sur ses activités réelles...

Au siège du Medef, tout le monde la connaît et tous la redoutent. Rosine Lapresle-Tavera est omniprésente, mais d’une discrétion quasi totale. Depuis des années, cette ancienne prof de philo de 55 ans, reconvertie dans la graphologie et le conseil aux entreprises, suit pas à pas la carrière patronale de Laurence Parisot.

Officiellement, elle joue auprès de la présidente du Medef le rôle de "conseillère personnelle" : écriture de discours, recrutements, opérations de communication… "Gourou", répondent ses détracteurs, "présidente bis" ajoutent-ils, tant elle donne son avis sur tout… et sur rien. Dans un reportage complaisant sur l’intime Laurence Parisot publié par Paris Match, elle est brièvement citée :

"Laurence Parisot a une qualité rarissime, analyse Rosine Lapresle, l’ancien professeur de philosophie qui la conseille, elle démode."

Rosine Lapresle-Tavera conseille aussi la présidente du Medef sur ses tenues branchées.

De discrets rendez-vous avec les leaders syndicaux, des bénéfices multipliés par trois

Dans une récente biographie -non autorisée- de Laurence Parisot, la journaliste Fanny Guinochet raconte par le menu les rendez-vous discrets de la patronne des patrons dans l’appartement de sa coach qui abrite aussi ses bureaux. Rue de Tournon (à deux pas du Sénat), Parisot reçoit des leaders syndicaux, des patrons, mais aussi Denis Gautier-Sauvagnac, ancien président de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM). Tous connaissent le sésame de ce lieu : "Elzévir", le nom de la société de Mme Lapresle-Tavera.

Selon les chiffres cités dans l’enquête de Guillaume Delacroix sur le patronat, Elzévir a un chiffre d’affaires constant ces dernières années :

2005 : 526 470 euros 2006 : 564 935 euros 2007 : 513 405 euros

Dans le même temps, cette société ayant pour objet le "conseil de direction, le coaching de situation, les opérations de communication et l’administration de biens" et qui compte en moyenne deux salariés, a vu ses bénéfices exploser :

2005 : 18 131 euros 2006 : 47 900 euros 2007 : 64 637 euros

En six mois, trois départs sanglants à la direction du Medef

Le sujet est devenu tellement délicat ces derniers mois, qu’il pourrait avoir donné lieu à de sanglants règlements de compte internes au Medef. En six mois, au moins trois départs ont secoué l’organisation patronale : celui d’Anne Valachs, secrétaire générale, présente depuis 1985, brutalement mise à pied la semaine dernière. Elle était chargée d’une mission sur le 1% Logement, en proie à de sévères turbulences ces derniers mois.

Sans oublier les départs aussi rapides de Jacques Creyssel, directeur général licencié pour "fautes graves" en juillet 2008, suivi trois mois plus tard par son successeur, Pierre-Henri Ricaud (démissionnaire), pour des raisons qui demeurent obscures. Journaliste aux Echos, Guillaume Delacroix souligne que la place occupée par Rosine Lapresle-Tavera auprès de Laurence Parisot pourrait être un motif de cette rupture :

"Un sujet très sensible auquel se heurtera à son tour Jacques Creyssel (directeur général licencié à l’été 2008) lorsqu’il lui sera demandé de signer les notes d’honoraires facturées par Elzévir, la société de Rosine Lapresle-Tavera. Et qui sera l’un des motifs invoqués -ses demandes de justificatifs- par Laurence Parisot pour expliquer son éviction, en juillet 2008."

A 25 000 euros par mois, certaines réticences peuvent apparaître… Les membres du conseil exécutif du Medef exigeront sans doute quelques éclaircissements sur ces comptes. Contactées, ni Laurence Parisot ni sa coach n’ont répondu à Rue89.


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