20 mai 325 Au Concile de Nicée, l’empereur romain Constantin institutionnalise l’Eglise chrétienne

jeudi 21 septembre 2017.
 

Avant ce Concile, le christianisme est constitué de communautés locales se réunissant en assemblées (ecclesia) autonomes de fidèles, dirigées chacune par un évêque (episcopos). Les croyances et rites sont divers. Ces groupes ont plus ou moins rompu avec le judaïsme. Il n’existe donc pas d’Eglise primitive mais un christianisme primitif avant son unification et son institutionnalisation au Concile de Nicée.

En 324, Constantin réunifie formellement l’empire romain par sa victoire sur Licinius à Andrinople. Cependant, les dissensions profondes entre tendances du christianisme constituent un ferment permanent de discorde (en particulier la querelle de l’arianisme). Pour souder l’empire au plan religieux comme au plan politique et militaire, l’empereur convoque toutes les communautés au Concile oecuménique de Nicée (actuellement en Turquie sur la rive orientale du Bosphore). Ce rôle de Constantin dans la tenue du concile est évident puisqu’il le convoque, en fixe les modalités et en préside de nombreuses séances. Le pape n’est pas présent.

Constance Chlore avait protégé les chrétiens lors de la persécution de Dioclétien. Son fils Constantin se serait converti au christianisme lors de la bataille du pont Milvius en 312. Cette décision n’a pas été rendue publique ; pourtant il convoque un concile dès 313 pour condamner les donatistes qui mettent en danger les classes dominantes de l’empire. De 313 à 325, le christianisme accepte d’être sous la coupe de l’empereur et en profite largement. Si le concile de 313 avait pour but de réduire les donatistes, celui de 325 est réuni afin de réduire les disciples d’Arius pour qui le Fils (Jésus) est subordonné au Père, seul vrai Dieu.

Il est vrai qu’un problème théologique majeur divisait les chrétiens : s’il n’est qu’un seul Dieu tout-puissant, quel est le statut de Jésus-Christ, fils de Dieu ?

Du 20 mai au 25 juillet 325, Constantin impose plusieurs clarifications pour commencer à installer le christianisme comme religion unifiante d’Etat.

* Le principal débat porte sur la nature divine ou pas de Jésus par rapport à Dieu le Père (Arius est présent dans les débats). En affirmant l’unité et la consubstantialité des trois Personnes de la Sainte Trinité : Père, Fils et Saint-Esprit, le Concile de Nicée établit un dogme fondamental du christianisme.

Les participants au Concile font preuve d’un art de la synthèse digne d’un solférinien lors d’un congrès socialiste.

- > « Je crois en un seul Dieu », voilà qui est clair.

- > « Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles. Il est Dieu, né de Dieu, Lumière née de la Lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré non pas créé, de même nature que le Père, et par Lui tout a été fait. » Quelle complexité et quelles contradictions ! Dieu s’est-il incarné en Jésus pour "rejoindre l’homme par l’humanité concrète de Jésus" ? Dieu a-t-il épousé la nature humaine pour guérir l’homme du péché, se rendre accessible à lui par la foi ? Si oui, Jésus et Dieu sont la même personne "née avant tous les siècles" ; mais alors Dieu n’a pu devenir un "vrai homme", né de la Sainte Vierge, mort sur la croix en invoquant son Père puis ressuscité.

* La date de Pâques, résurrection de Jésus après son calvaire sur la croix, est fixée au premier dimanche après la pleine lune de printemps. Longtemps, des communautés chrétiennes primitives ont fêté à Pâque (pleine lune de printemps) le sacrifice de l’agneau symbolique, héritage du judaïsme.

* Le Concile valide la sanction d’excommunication et en étend la portée par l’anathème, sorte d’excommunication universelle...

* Le Concile établit une sorte de hiérarchie institutionnelle

* Enfin, le Concile unifie le dogme par le Credo :

Nous croyons en un seul Dieu,

le Père tout Puissant,

Créateur de toutes choses

visibles et invisibles,

et en un seul

Seigneur Jésus Christ,

le Fils unique,

c’est-à-dire, le Fils de Dieu,

né du Père

comme Fils unique,

c’est-à-dire né

de la substance du Père,

Dieu né de Dieu,

lumière née

de la lumière,

vrai Dieu né

du vrai Dieu,

engendré, non pas créé,

consubstantiel au Père,

par qui tout a été fait,

ce qui est au ciel

et ce qui est sur la terre,

qui, pour nous les hommes,

et pour notre salut,

est descendu

et a pris chair,

s’est fait homme,

a souffert et

est ressuscité

le troisième jour,

est remonté aux cieux,

d’où il viendra juger

les vivants et les morts,

et dans le Saint-Esprit.

Palestine juive jusqu’à Hérode... Société, guerillas et révoltes

Les évangiles : un religiosité humaniste, morale, égalitaire, révolutionnaire

Jésus, révolutionnaire, fils de Dieu ou mythe ?


Signatures: 0

Forum

Date Nom Message