Migrants : excellent sportif = naturalisé... Et l’égalité !

dimanche 12 août 2018.
 

On aura tout vu. La solution est trouvée pour les sans papiers. Une info de première : un gars, afghan, devient champion de France de boxe. Jusque là, rien de bizarre. Erreur. On a tout faux. Dans la foulée de la médaille, on lui offre illico le passeport et la légalité qui va avec. Moralité ? Si tu es réfugié, que l’expulsion te pend au nez, que tu trembles pour ton demain, t’as intérêt à être bon en gym, ou en canoë-kayak, ou en course à pied. Remarque, la course à pied, c’est un peu comme la boxe, ou la brasse coulée, voilà des sports dans lesquels on a un certain entraînement, quand on est clandestin ! Ceci dit, on nous présente la chose comme un véritable conte de fées. On veut bien. Mais en quoi ce gars-là mérite-t-il davantage son sésame que ses copains de galère ? En quoi le fait d’être un bon sportif est-il supérieur à être simplement en détresse ? Ça vous choque ? Moi aussi. Ce ne serait pas ça, des fois, qu’on nomme discrimination ? Positive ou négative, le mot déjà doit nous faire bondir. Rappelez-moi la devise de notre belle République ? Vous disiez ? Égalité…

Oui, j’avais bien entendu. Égalité, y compris pour ceux qui sont mauvais en EPS…Et aussi pour la dame qui aide les sans papiers là-haut, dans le Nord, et qu’on a mise au gnouf pendant dix heures. Parce qu’elle aide des gens qui ont tout laissé, tout perdu, tout risqué, et y compris leur vie, pour venir chercher une espèce de paradis sous nos cieux de nantis. Dix heures en garde à vue, pour aider plus pauvre qu’elle. On aura tout vu… Même un ministre qui fut de gauche, enfin, qui fut au PS, ce n’est pas exactement la même chose, Besson qu’il s’appelle, un ministre d’ouverture, paraît-il. Pas d’ouverture des frontières, déjà. Il succède à Brice Hortefeux. Dur défi, faire mieux qu’Hortefeux. Eh bien, il a réussi. Avec l’élégance en plus : demander aux clandestins de dénoncer leurs passeurs (qui sont de sombres ordures souvent, mais pas que…) fallait y penser. Un type qui fut en son temps le conseiller de Ségolène Royal, vous situez le niveau des conseils ? On ne vivrait pas dans un drôle de monde, par hasard ?

Et puis, tiens, justement, puisqu’on parle d’elle… Vous avez vu, elle a un nouvel amoureux. Enfin, c’est ce que racontent les journaux (enfin journaux… Voir…). Même que ça l’a rendue un brin chiffon, cette affaire, notre ex-candidate. Oui, c’est comme ça qu’ils disent, ex-candidate. Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Je suis ex-candidate. Génial le job ! Donc, pas vraiment contente qu’on lui ait zoomé le duo main dans la main. Ça, c’est imparable, ça marche même du feu de Dieu. Tu fais exactement ce qu’il faut pour qu’on te flashe, et quand ça paraît, tu te fâches, et tu le fais savoir, plainte, procès et tout le tremblement. Bilan ? On a parlé deux fois de toi pour le prix d’une ! Bingo ! L’agité du Faubourg Saint-Honoré, il avait usé et même abusé de la ficelle, avec le succès qu’on sait. Vous ne croyez pas que les gens, ceux qu’on vise avec ces déballages, ils vont finir par s’en rendre compte ? On n’est quand même pas tous des abrutis…

Dans la famille Rose au poing (au poing ? Vraiment ? Vous en êtes bien sûrs ? Eh bien, ça ne se voit plus trop…) je demande à présent la cousine de province, la dame du beffroi. Vous l’avez entendue, sa sortie sur les beaux gosses de son parti ? Lamentable. Lamentable surtout que le visé (Benoît Hamon soi-même) n’ait pas davantage réagi. Être relégué au rang de cover-boy, ça vous place intellectuellement, il n’y a pas à dire. Bon, il n’a rien dit, ou pas grand-chose. Mais dans tout ça, ce qui est le plus choquant, c’est ce que la remarque sous-entend pour les femmes de ce pays. « Benoît, il n’a pas besoin d’être tête de liste, toutes les femmes l’adorent, des petites filles aux grands-mères. » Eh ! Martine, tu sais ce qu’elles te disent les grands-mères ? Réduire notre réflexion et nos votes à ce degré d’inculture politique, c’est carrément insultant. Bien sûr qu’il nous arrive de penser : « Tiens, il est plutôt agréable à regarder celui-là ! » Mais pareil pour Sean Penn ou Robert Redford. De là à voter uniquement pour cette raison. Je me sens bafouée dans ma conscience de femme, d’électrice éclairée (ou du moins qui essaie de l’être), de militante de gauche. Bafouée par celle qui veut représenter l’opposition dans notre pays. Et ça, j’ai du mal. Ça ne passe pas. Olympe, Louise, Simone, rendormez-vous, elles ont perdu le sens commun !...


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