Lamy, Trichet... Gagner des centaines de milliers d’euros par mois, mais demander des sacrifices aux autres

vendredi 25 août 2017.
 

B) Pascal Lamy gagne des centaines de milliers d’euros, mais demande des sacrifices aux autres (avril 2014)

B1) Pascal Lamy est favorable à des boulots « pas forcément payés au smic » et estime que le gouvernement devrait imposer encore plus d’austérité (article de Libération, avril 2014)

Pascal Lamy, ex-directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et proche du président François Hollande, a plaidé mercredi pour plus de « flexibilité » sur le marché du travail, avec notamment des « petits boulots » payés en dessous du Smic... « aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic », a-t-il déclaré lors de « Questions d’Info » LCP/France Info/Le Monde/AFP.

C’est-à-dire moins que le Smic ? « Oui absolument », a-t-il ajouté. « Un petit boulot, c’est mieux que pas de boulot. Je ne réponds pas ça dans l’absolu, je n’aurais pas dit ça il y a 10 ans ou il y a 20 ans, mais à ce niveau de chômage... » Pour l’ancien commissaire européen socialiste, « il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer ».

Au risque que cela rappelle le « Smic jeunes » de Edouard Balladur ou le « CPE » de Dominique de Villepin, tous deux abandonnés après des semaines de contestation sociale ? « Ce n’est parce qu’une réforme n’a pas marché ou parce qu’on a reculé devant la pression de l’opinion que c’est une mauvaise idée. Si on prenait tous les réformes qu’on a essayées à un moment, qui n’ont pas marché et si on ne les avait pas reprises, on serait encore au Moyen-Age », a lâché Pascal Lamy.

Revenant sur les baisses de dépenses promises par le chef de l’Etat, il a estimé qu’elles devraient être au final d’environ 60 milliards d’euros : « 50 plus probablement une dizaine pour financer » les baisses d’impôts pour les ménages et de cotisations sociales salariales annoncées lundi.

B2) Charité bien ordonnée commence par soi-même : Pascal Lamy n’a pas pratiqué l’austérité pour lui-même

Pascal Lamy (directeur général de l’Organisation Mondiale du Commerce jusqu’au 31 août 2013 et personnalité du française du parti socialiste) perçoit en 2009 un salaire annuel de 480 000 francs suisses (316 000 euros) auxquels s’ajoutent une cotisation de 15 % du montant de son salaire pour sa retraite et divers avantages en nature.

Estimant que ce revenu n’est pas suffisant pour vivre, il mène bataille au sein de l’OMC pour obtenir une augmentation de 32%.

Plus surprenant encore, il appelle François Hollande à laisser se développer des emplois payés en dessous du SMIC.

A) Jean-Claude Trichet gagne des centaines de milliers d’euros, mais demande des sacrifices aux autres (février 2009)

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), a une obsession : bloquer les salaires. "Augmenter les salaires serait la dernière bêtise à faire" a-t-il déclaré ce 20 février 2011. En 2009, il avait déjà appelé les gouvernements « à poursuivre des politiques de dépenses courageuses, en particulier en matière de salaires dans le public ».

Quels sont les arguments de Monsieur le vénérable Président de la Banque Centrale Européenne pour bloquer les salaires ?

* D’après lui, l’économie se porte d’autant mieux que les salaires sont bas. Ainsi, ce 20 janvier, il a expliqué la bonne "santé" de l’économie allemande par des salaires mieux bloqués dans ce pays que dans le reste de l’Europe. "Depuis la création de la zone euro", les salaires dans la fonction publique n’ont augmenté que de 17% outre-Rhin, contre "environ 35 %" en moyenne en France et dans la zone euro".

* Monsieur Trichet pratique une désinformation honteuse. Il ne prend pas en compte le rapport entre salaire et inflation. Il sait très bien que la croissance actuelle de l’Allemagne s’explique surtout par des raisons liées aux qualités exportatrices de son économie. En particulier, sa situation de quasi monopole dans certaines productions a limité le désavantage du taux de change élevé de l’euro.

* Monsieur Trichet sait très bien que le premier bilan tiré de la crise financière américaine, c’est la trop grande faiblesse des salaires par rapport aux profits.

* Monsieur Trichet devrait tirer son propre bilan à la tête de la Banque Centrale Européenne, en particulier en ce qui concerne la politique de l’euro fort. Il est évident par exemple que la Suède a relancé son économie (4,8% de croissance) en laissant la couronne suédoise se dévaluer d’environ 35%.

* Monsieur Trichet appelle au blocage des salaires alors qu’en France, par exemple, 6 500 000 salariés gagnent moins de 750 euros. Et lui, grand seigneur s’augmente son salaire tous les ans. M. Trichet recevra en 2011 un traitement d’environ 380 000 euros (soit 31 600 euros par mois). À quoi il faut ajouter un luxueux appartement de fonction, une voiture de fonction et un chauffeur, des voyages en avion à discrétion, des indemnités discrètes et des cotisations d’assurance maladie accidents et retraites certainement très confortables.

* Monsieur Trichet appelle au blocage des dépenses publiques (éducation, santé...) mais lui, se fait construire un gratte-ciel ridicule de 185 mètres de hauteur pour la Banque Centrale Européenne. Le coût prévu était de 550 millions d’euros ; il sera en fait de 1,4 milliard d’euros.

L’indécence de Monsieur Trichet (article de mars 2008)

« Le traitement de base du Président du directoire de la Banque Centrale Européene, Jean-Claude Trichet, est de 345 252 euros par an, celle du vice-Président, Lucas Papademos, de 295 920 euros, et celle des quatre autres membres du directoire, de 246 588 euros chacun. Ils se sont augmenté de 2 % entre 2006 et 2007. Ce traitement est soumis à l’impôt communautaire.

A ces sommes s’ajoutent une indemnité de résidence et une indemnité pour frais de représentation.

Pour ce qui concerne le président, un logement de fonction appartenant à la Banque Centrale Européenne est mis à sa disposition, à la place de l’indemnité de résidence.

Conformément aux conditions d’emploi du personnel de la Banque Centrale Européenne, les membres du Directoire ont droit à des allocations scolaires, de foyer et pour enfant à charge, en fonction de leur situation individuelle".

Jean-Claude Trichet va-t-il montrer l’exemple en demandant que son salaire soit revu à la baisse ?

Le suspens est insoutenable.


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