JEAN PETIT qui danse...

lundi 31 octobre 2016.
 

La meilleure chanson que je connaisse concernant l’histoire des Croquants et de Jean Petit est celle de Nadau : Auròst Tà Joan Petit. Vous pouvez l’écouter en cliquant sur l’adresse URL portée en source. Comme vous trouverez cela magnifique, vous pourrez aussi acheter le DVD.

Jean Petit et les Croquants de Villefranche : un mouvement populaire d’épopée (8 octobre 1643, une horrible fin)

1) Traduction en français

- En pays de Villefranche

Ils se levèrent par milliers,

Contre le grand roi de France,

En mille six cent quarante trois

Mais oui, pauvrot, mais oui pauvrot,

En mille six cent quarante trois.

- Pour faire la guerre à la taille

Ils avaient choisi trois chefs :

L’un Lafourche, l’autre Lapaille,

Jean Petit était le troisième,

Mais oui, pauvrot, mais oui pauvrot,

Jean Petit était le troisième.

- Par toute l’Occitanie,

On les appelait les croquants,

Ils n’avaient d’autre choix

Que la misère ou le sang.

Mais oui, pauvrot, mais oui, pauvrot,

Que la misère ou le sang.

- Et ils furent par trop de confiance

Trahis par les notables ;

Eux ne vivaient que de trahison,

Ce qui n’a jamais changé,

Mais oui pauvrot, mais oui, pauvrot,

Ce qui n’a jamais changé.

- On les mit sur la roue,

Et on leur brisa tous les os,

De ce temps là, c’était la mode

De mourir, comme çà, morceau par morceau,

Mais oui, pauvrot, mais oui, pauvrot,

De mourir, comme çà, morceau par morceau.

- Et ce fut une triste danse,

Avec la jambe, et le pied, et le doigt,

Comme çà, pour le roi de France,

Comme çà dansa Jean Petit,

Mais oui, pauvrot, mais oui, pauvrot,

Comme çà dansa Jean Petit.

- Et l’Histoire a fait son voyage,

Elle a pris des chemins de chanson,

Et des chemins de ronde pour les enfants,

Mais aujourd’hui nous savons, toi et moi.

Mais oui, pauvrot, mais oui, pauvrot,

Mais aujourd’hui, nous savons, toi et moi

Et surtout, expliquez bien à vos enfants que Jean Petit ne dansait pas par joie, et que ce Jean là pourrait bien, un jour, être leur papa ...

2) Origine de cette chanson...

Elle date du Moyen-Age (en tous cas sa mélodie et son rythme)

Le personnage principal de l’histoire de cette chanson (ici Jean Petit) représente un pauvre type qui, pour nourrir sa famille, est obligé de voler une poule ou quelques œufs. Or au Moyen-Age, la justice était différente d’aujourd’hui. On attachait les voleurs sur une roue au milieu de la place du village, et on le torturait à mort pour montrer aux gens du peuple qu’il ne fallait pas faire ce qu’il avait fait. Alors quelques bonnes gens du peuple justement, pour dénoncer cette injustice, cette barbarie, ont composé une chanson en hommage à ce Jean Petit, ou ces pauvres gens, obligés de voler malgré eux et malgré les lois. Cette chanson s’est donc transmise de génération en génération en souvenir de l’histoire, avec des paroles au second degré afin de l’apprendre à des enfants sans les choquer. Ainsi dansait Jean Petit, mais quelle danse faisait-il !

Quant au nom spécifique de « Jean Petit », son origine est plus récente. En effet, cette chanson reprend une histoire véridique qui s’est passée à Villefranche-de-Rouergue en 1643 où des milliers de gens se sont révoltés contre la taille et le Roi de France (« la révolte des croquants »). Ils avaient trois chefs dont l’un s’appelait Jean Petit. Ils firent confiance aux notables mais ceux-ci les trahirent. Quand il fut pris, Jean Petit fut attaché à une roue. Il fut condamné à être roué, ce qui était la façon de tuer les gens à l’époque (d’où l’expression « être roué de coups »). Le bourreau lui brisa les os un par un. La chanson qui est devenue par la suite une ronde pour les enfants, raconte le déroulement de cette torture. La chanson dit qu’il dansa avec le doigt quand on lui brisa le doigt, avec la main quand on lui brisa la main, avec le pied quand on lui brisa le pied, avec le ventre quand on lui brisa le ventre, avec les fesses quand on lui brisa les fesses, etc … C’est pour cela qu’il danse pour le roi de France sans savoir vraiment qu’il danse.

Egalement, depuis longtemps, cette chanson est traditionnellement associée à une danse. Danse mimée très populaire dans beaucoup de régions occitanes et surtout en Béarn. Le meneur de danse énumère entre chaque couplet les diverses parties du corps, et les danseurs doivent frapper sur le sol ou bien sur les parties du corps que le soliste vient de nommer : « Jean Petit qui danse avec : le pied, le genou, la main, le nez, la tête,… ». Dans le Béarn, cette chanson ossaloise est interprétée dans un dialecte occitan : le gascon béarnais. Mais on la retrouve aussi chantée en provençal du côté d’Avignon, ou d’Aix-en Provence, ainsi qu’en français dans beaucoup d’autres régions de France.

Source : http://www.zictrad.free.fr/Provence...


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