8 juin 1880 Début du débat parlementaire sur la proclamation du 14 juillet comme fête nationale

dimanche 11 juin 2017.
 

6 juillet 1880 Le 14 juillet devient jour de fête nationale

Antoine Achard, député radical de la Gironde, présente, à la séance du 8 juin 1880, le rapport de la vingtième commission sur la proposition de loi de M. Raspail : « La République adopte la date du 14 juillet comme jour de fête nationale. » :

« - Nous avons à vous faire connaître les motifs de sa décision.

L’organisation d’une série de fêtes nationales rappelant au peuple des souvenirs qui se lient à l’institution politique existante est une nécessité que tous les gouvernements ont reconnue et mise en pratique.

Le rapporteur : « N’est-ce pas un sentiment élevé, impérieux que celui qui pousse les citoyens d’une République aux manifestations collectives, par lesquelles leur esprit se retrempe, se raffermit, où les coeurs fraternisent, où chacun, oubliant la lutte douloureuse pour l’existence, se fond dans un milieu irrésistible de solidarité patriotique... » (Bruits.)

Cuneo d’Ornano : « On n’entend rien ! Attendez le silence ! »

Le rapporteur : « Les grands, les glorieux anniversaires ne manquent pas dans notre histoire. Celui qui vous est désigné est mémorable à double titre ; il rappelle en effet la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 et la grande Fête de la Fédération célébrée le 14 juillet 1790. [...] Le peuple, du reste, n’a jamais hésité sur la signification de la date du 14 juillet qu’il a toujours célébrée de préférence à toute autre ; sa fête à lui, parce qu’elle était la fête de la Liberté et de la Patrie. C’est donc, en quelque sorte, la consécration légale d’une fête populaire que vous demandent les auteurs de la proposition dont nous venons de vous entretenir.

Votre commission d’initiative ne doute pas, Messieurs, que vous la preniez en considération. » (Applaudissements à gauche.) [...]

De la Rochefoucauld, duc de Bisaccia, monte à la tribune pour la droite :

« Messieurs, je viens m’opposer énergiquement à la proposition qui vous est faite. Je serai très bref... Je rappellerai, Messieurs, une parole de Monsieur Thiers qui a dit que la République tombe forcément dans l’imbécillité ou dans le sang. (Exclamations au centre et à gauche.)

Cette date que vous choisissez pour établir la fête de la paix, cette date que Monsieur le rapporteur a déclarée glorieuse, quelle est-elle en fait ? Quatre-vingts malheureux invalides ont été égorgés par une population en fureur. Voilà la vérité. » (Rumeurs à gauche.)

Plusieurs membres à droite : « L’histoire est là pour le prouver ! »

De la Rochefoucauld : « Mettez la République sous une telle invocation si vous le voulez, quant à nous, nous nous contenterons de protester et de regarder avec dédain vos fêtes. » [...]


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