Uniforme, groupes de niveau : Attal se fait jeter de partout

dimanche 25 février 2024.
 

Le fameux « choc des savoirs » se prend un mur, mais le Premier ministre entend bien continuer à avancer droit dedans.

Le Macronisme est un grand écart. D’un côté, un record de longévité, celui de Jean-Michel Blanquer : 5 ans et 3 jours rue de Grenelle. De l’autre, un record de nullité, celui d’Amélie Oudéa-Castera : 28 jours. Entre les deux, le ministère de l’Éducation nationale a vu passer Gabriel Attal, désormais Premier ministre et qui compte bien continuer à faire de l’école « la mère des batailles ». Aussi précisait-il dans sa déclaration de politique générale que, « sur l’école, là aussi il faut partir de la réalité des faits. Pas besoin des études internationales pour cela, il suffit d’écouter les Français ! »

Concrètement, Attal à l’Éducation, ça se résume à quatre propositions : interdire à 298 élèves de porter une abaya, rendre l’uniforme obligatoire, instaurer des groupes de niveau (ce qu’il a appelé le « choc des savoirs ») et lutter contre le harcèlement scolaire (un élève par classe qui attendent des actes). Or, si la com’ gouvernementale s’est plutôt bien mise en place pour nous mettre en avant « la liste des établissements volontaires pour l’expérimentation » – il aura quand même fallu que le président de la République en fasse un axe majeur de sa politique pour qu’on s’extasie d’une liste de 60 établissements ! –, dans les faits, ça sent bon le fiasco…

L’uniforme ? « Il suffit d’écouter les Français ! »

Depuis, sur le terrain, c’est la débandade. De celles qu’on n’avait pas connues depuis « Le Roi Lion » en 1994.

À croire que les Français ont pris aux mots le Premier ministre. Partout, les municipalités et les écoles organisent des « concertations », des « consultations », avec le résultat qui suit : l’uniforme, c’est non !

Et ça rétropédale. L’uniforme, les élus n’en veulent pas, les enseignants n’en veulent pas, les parents n’en veulent pas, les écoliers n’en veulent pas. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la proposition gouvernementale fait l’unanimité contre elle. Heureusement qu’il reste des communes comme Béziers pour sauver la face de l’exécutif !

Qu’est-ce qu’il disait de cette expérimentation de l’uniforme, le camarade Macron ? « Si les résultats sont concluants, nous la généraliserons en 2026. » Bonne chance !

Les groupes de niveau ? « Il suffit d’écouter les Français ! »

L’unanimité contre ? Ça se passe aussi au Conseil supérieur de l’éducation, la très officielle instance consultative créée en 1989 (comme Gabriel Attal). Ses 98 membres se sont prononcés sur le « choc des savoirs » et voici le résultat concernant la mise en place des groupes de niveau : 67 contre, 1 abstention et aucune voix pour. Voilà, voilà. Un commentaire des syndicats : « La mise en place des mesures contenues dans le ‘choc des savoirs’ n’est pas de nature à faire mieux réussir l’ensemble des élèves ni à résorber les inégalités subies dans le système éducatif. En effet, ce ‘choc des savoirs’ est un ensemble d’annonces qui a une grande cohérence idéologique pour le gouvernement. Inspiré d’un modèle d’école passéiste et conservateur, il pose les bases d’une école du tri social. »

Gabriel Attal se suffira-t-il d’écouter les Français ? La réponse est d’ores et déjà non :

Le 17 janvier, un sondage Ifop avançait que « 51% des Français approuvent l’action du Premier ministre Gabriel Attal ». De quoi faire rire pas mal de monde sur le thème de « Quelle action ? » Et nous voilà désormais, un mois plus tard, face à la réalité, celle qui fait mal quand on se la prend en plein front. Que le locataire de Matignon soit prêt : sa dégringolade dans les sondages n’est qu’un début.


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