Le coup d’état au Honduras ce 28 juin 2009 rappelle quelques vérités sur le fascisme, le patronat, les militaires, l’Eglise et les USA

jeudi 19 avril 2018.
 

Notre solidarité avec le peuple du Honduras ne doit pas se relâcher. Depuis le putsch militaire du 28 juin 2009, il a déjà payé le prix de la lâcheté internationale : au moins 42 assassinats, 120 disparitions, plus de 4000 incarcérations. Dans les quinze derniers jours, Carlos Turcio a été retrouvé le corps décapité ; de même pour Santos Corrales Garcia.

Reina Rivera, présidente hondurienne du Centre des droits de l’homme a raison de comparer la politique totalitaire actuelle à celle des sinistres "années 80 qui a consisté à exécuter les activistes de gauche." Des centaines d’autres militants ont déjà fui le pays après avoir été menacés par des encapuchados (encagoulés).

Il est temps de tirer un bilan du coup d’état perpétré au Honduras ce 28 juin 2009. En fait, les leçons à tirer ne sont guère différentes de celles enseignées par l’histoire :

* lors de l’arrivée au pouvoir de partis fascistes dans les années 1920 à 1940 en Europe

* pour les dictatures militaires suscitées par les USA et les bourgeoisies nationales dans les années 1960, 1970 et 1980, en particulier en Amérique latine

""C’est un moment très sombre qui nous rappelle les pires moments de l’histoire de l’Amérique latine" (Cristina Kirchner, présidente de l’Argentine, après l’annonce du coup d’état).

1) Les conditions d’une "domination démocratique" des classes possédantes

Dans la société capitaliste, les classes possédantes essaient de perpétuer leur domination par un jeu politique électoral prétendu "démocratique" mais qu’elles maîtrisent généralement par leur main mise sur les grands médias, par leurs moyens financiers au service de leurs partis, par la nature même des institutions pour lesquelles votent les citoyens, par l’idéologie véhiculée ...

Lorsque cette domination par la tromperie risque de ne plus marcher, ces classes possédantes disposent de deux moyens :

* soit laisser le pouvoir transitoirement à des "réformistes" considérés peu dangereux

* soit anéantir les forces qui ont amené une prise de conscience des classes populaires

Dans le cas du Honduras, Zelaya était bien un réformiste a priori peu dangereux pour les intérêts capitalistes au niveau de son seul pays.

Cependant, trois raisons ont poussé Washinton et les riches horduriens au coup d’état :

* marquer une limite au processus réformiste qui se développe en Amérique latine et peut menacer certains intérêts du capitalisme financier transnational . Manuel Zelaya, avait signé en août 2008 à Tegucigalpa le document d’adhésion à l’ALBA (l’Alternative bolivarienne pour les Amériques), en présence des délégations des Etats membres de l’ALBA et de plusieurs milliers de travailleurs, syndicalistes, étudiants et paysans. « Nous luttons pour aller de l’avant. Si vous aviez peur de cette lutte, chers amis, adversaires et critiques, vous avez déjà perdu »

* marquer une deuxième limite : ne pas nuire aux intérêts des actionnaires des multinationales américaines, quitte à laisser crever de faim les travailleurs et leurs familles. Or, en augmentant le salaire minimum mensuel de 120 à 202 euros, Zelaya a nui aux intérêts de la transnationale Chiquita, descendante d’United fruit qui a installé autant de dictatures qu’Hitler. En important des médicaments génériques bon marché pour une population parmi les plus pauvres de la terre, Zelaya a nui aux intérêts des grandes compagnies pharmaceutiques américaines.

* marquer une troisième limite : "démocratie" doit rester au service des classes possédantes et non un moyen pour les électeurs de choisir leur avenir. Cela implique le refus d’assemblées constituantes qui puissent modifier le système électoral dans un sens effectivement démocratique.

Qu’est ce que la droite hondurienne et l’armée ont refusé au point qu’ils justifient ainsi leur coup d’état ? La question suivante devait être posée aux électeurs : « Êtes-vous d’accord qu’aux prochaines élections générales de 2009, une 4e urne soit installée pour permettre au peuple de se prononcer sur la convocation (création) d’une assemblée nationale constituante ? OUI ou NON ». Aussitôt, les représentants de l’oligarchie, les milieux d’affaires et le haut clergé ont manifesté leur désaccord.

Zelaya a été destitué par les militaires le jour même où devait se réaliser une consultation populaire pour valider ou non l’organisation d’un référendum sur la réforme de la Constitution.

Dans ce Honduras, pays qui a poussé la méfiance des élections jusqu’à confier le matériel électoral aux militaires, ceux-ci ont refusé de fournir les urnes pour ce vote. Zelaya a destitué le général Romeo Vazquez ; les chefs des trois armées, marine, aviation et forces terrestres, de même que le ministre de la Défense, Edmund Orellana, ont démissionné en bloc par mesure de solidarité avec le général destitué. En fait, ils ont préparé ainsi le coup d’Etat.

2) Remarques sur le fascisme et la situation présente au Honduras

L’ hypothèse d’une dictature peut se réaliser sous des formes diverses, du simple coup d’état militaire jusqu’au nazisme mais les causes et les protagonistes sont pour l’essentiel identiques.

Il s’agit pour les classes possédantes d’interdire l’activité des partis politiques de gauche et syndicats de lutte de classe et de créer, par l’armée, la police et des paramilitaires, un contexte de peur, de terreur qui tue l’idée même d’existence de ces partis et syndicats . Toute situation de ce type peut être caractérisée de fascisme. En est-on là au Honduras ?

Quant au rôle de l’armée, de la police et des paramilitaires : Oui. Les arrestations de femmes et d’hommes démocrates chez eux, devant les enfants, dans des conditions totalement contraires aux droits de l’homme sont devenues quotidiennes.

Quant à interdire l’activité des partis de gauche et syndicats, Reina Rivera, présidente du Centre de recherche et de promotion des droits de l’homme précise bien le but des putschistes " L’objectif est de tuer l’idée même qu’une gauche puisse exister."

Walter Trochez, 25 ans, dénonce dans une lettre publique "un coup d’état augurant un retournement brutal dans la région marquée cette dernière décennie par des gouvernements dont le dénominateur commun a signifié un un changement de cap avec le néo-libéralisme". Le 4 décembre, il est sauvagement attaqué mais réussit à s’en sortir. Une semaine plus tard des inconnus tirent sur lui d’une voiture en marche ; Walter Trochez est mort.

Le totalitarisme pratiqué par les différentes formes de fascisme contre la gauche et les syndicats présente des différences de degré mais seulement des différences de degré. L’implication directe du patronat dans la mise en place du fascisme présente des formes variées selon les pays et les époques mais seulement des formes différentes.

3) Patronat et fascisme

Tout le monde connaît l’implication du patronat italien dans l’accession au pouvoir de Mussolini. Tout le monde connaît l’implication du patronat allemand dans l’accession au pouvoir d’Hitler. Tout le monde connaît le nombre important de dictatures sanguinaires installées par les patronats locaux et la CIA en Amérique latine : au Guatemala en 1954 contre Guzman, au Brésil contre Joao Goulart en 1964, au Chili contre le socialiste Allende le 11 septembre 1973, en Bolivie contre Juan José Torres le 21 août 1971, en Argentine contre Isabel Perón le 24 mars 1976, en République dominicaine le 25 octobre 1983 ...

Dans le cas du Honduras, le patronat a financé et préparé le coup d’état militaire du 28 juin 2009.

"Derrière les militaires putschistes se cachent la bourgeoisie hondurienne, les nantis, les riches qui ont transformé le Honduras en une république bananière, en une base politique, militaire et terroriste de l’empire nord-américain" (Hugo Chavez le lendemain du coup d’état).

Les putschistes ont remis sur pied une organisation qui avait fonctionné dans les années 80, appelé l’Alliance pour le Progrès du Honduras (APROH). Sous un masque apparemment patronal, se cachait la « guerre de basse intensité contre les opposants à la répression au gouvernement sandiniste et le mécontentement social au Honduras. Le financement de l’organisation était transmis par les services secrets des États-Unis au travers de la secte Moon ». A la fois organisation patronale, groupe paramilitaire et lieu de rencontre des "élites", l’APROH comprenait surtout des patrons d’entreprises privées ; les personnalités de la banque nationale et étrangère, celles de l’industrie chimique et textile, celles de l’agroalimentaire, de la télévision et de la technocratie ; toutes étaient représentées dans l’APROH. Ce genre de club patronal recrute toujours quelques personnalités ou anciennes personnalités du monde syndical, ici Andrés Víctor Artiles et Mariano González.

Dans les statuts de l’APROH, il n’apparaît rien de particulièrement « suspect ». Un groupe de chefs d’entreprise s’associe pour se pencher sur leurs problèmes, avec un point de vue sur d’autres secteurs. Le modèle économique qu’ils défendent est clair : faire pression au travers de politiques de libre entreprise d’une part pour peu de mécanismes de contrôle, d’autre part pour de multiples mécanismes afin d’ optimiser les gains.

Créée au premier trimestre de 1983, l’APROH n’a pas attiré l’attention. On la considérait comme une nouvelle tentative de rassembler les secteurs les plus conservateurs. En novembre de cette année, le quotidien « Tiempo » a publié un de ces « documents » d’usage interne : l’APROH recommandait à la Commission Kissinger, par l’intermédiaire d’un ami personnel et assistant de celui-ci, la solution militaire pour l’Amérique Centrale.

L’APROH était constituée, comme maintenant, de la droite libérale dure des entrepreneurs du pays sous la direction officielle de militaires. Il s’agit de chefs d’entreprise enrichis et corrompus parce que ce sont eux qui décident de ce qui se fait dans le pays. Ce sont les éternels profiteurs des avantages fiscaux, ce sont ceux qui obtiennent des remises et des absolutions de dettes par millions envers l’État.

Ce sont ceux qui financent et contrôlent les partis politiques et influent pour placer leurs cadres à l’Assemblée Nationale et au Pouvoir Judiciaire. En somme, ce sont ceux qui se sont emparés du pays et nient le développement à d’autres entrepreneurs et marginalisent le peuple parce que, pour eux, c’est une affaire qu’il continue à être ignorant et affamé, et ainsi il leur est facile de le manipuler avec ses moyens de communication comme ça se passe en ce moment avec le coup d’État.

4) Militaires, coups d’état, dictatures et fascisme

L’APROH, organisation patronale du Honduras fut créée sous le gouvernement de Roberto Suazo Córdova par Álvarez Martínez, le principal précurseur de la Doctrine de la Sécurité et responsable de dizaines d’assassinats et de disparitions politiques dans le pays.

Dans l’APROH, se réunissait dans les années 80 le fascisme militaire que représentait alors le général Álvarez, président de l’ Association et, maintenant le général Romeo Vásquez, celui qui a refusé de prêter les urnes pour un referendum puis qui a dirigé le coup d’état.

Je me rappelle bien des discussions entre 1970 et 1973 lorsqu’Allende était président de la république chilienne. Certains républicains prétendaient que l’armée chilienne était démocratique, qu’elle ne risquait pas de s’impliquer dans un coup d’état. Je trouvais ce raisonnement criminel ; partout, et de tout temps, l’armée a représenté par nature le principal point d’appui pour des dictatures et pour le fascisme. On ne peut invoquer pour des policiers, gendarmes ou soldats le respect des ordres ; les carabiniers chiliens dont le rôle était de protéger la palais présidentiel chilien ont choisi de laisser le président élu seul face aux chars d’assaut ; les soldats et gendarmes afghans qui sont passés au soulèvement islamiste lorsque la gauche est arrivée au pouvoir en Afghanistan en 1978, l’ont fait pour des raisons idéologiques réactionnaires profondes.

Parmi les sinistres salauds qui se sont illustrés au service des actionnaires, des grands propriétaires et des chefs d’entreprise poussant leur haine et leur mépris des ouvriers jusqu’à préférer la dictature aux syndicats citons en quelques uns : de Juan Maria Borbaderry en Uruguay à Alfredo Stroessner au Paraguay, de Franco à Pinochet, de Suharto à Videla, d’Hugo Banzer à Mussolini... Remarquons qu’une majorité est constituée de militaires...

Bien sûr, on peut citer des cas individuels différents comme le grand-père de Zapatero ; ceci dit, il n’était que capitaine sans aucune responsabilité.

Dans l’actualité mondiale récente, la tuerie perpétrée par l’armée guinéenne ne remonte pas le niveau démocratique moyen des forces armées.

Même en France, l’armée a tout de même participé à plusieurs coups d’état comme le 18 brumaire, le 2 décembre, le climat créé à Vichy lors des pleins pouvoirs pour Pétain, le 1er juin 1958 sans compter d’ignobles tueries comme en juin 48, sous la Commune ou au service de Pétain.

Pour le moment, nous ne pouvons que nous féliciter de l’expérience transmise à Chavez et Morales qui ont commencé par enlever leur pouvoir aux militaires qui avaient participé à la génération des dictatures militaires pro-américaines.

5) Eglise et fascisme

Lors de l’élection du nouveau pape, toute la presse française présentait le cardinal hondurien, candidat à l’élection, comme représentant d’une aile progressiste dans l’Eglise contre Benoît XVI. Tu parles. L’Eglise hondurienne est très liée à l’Opus Dei. Elle n’a jamais fait mystère de son orientation autoritaire antidémocratique.

Elle a donc contribué à affaiblir Zelaya en se rangeant du côté de l’APROH et des militaires contre la perspective d’une constituante, contre un vote sur ce sujet. Elle a préparé puis soutenu à fond le coup d’Etat.

Dès la première semaine après le coup d’état, la Conférence épiscopale du Honduras a pris ce samedi fait et cause pour les golpistes de Roberto Micheletti. Elle a conseillé Zelaya de ne pas revenir car il « pourrait déclencher un bain de sang ». Selon le document des évêques, « les institutions de l’État démocratique hondurien sont en vigueur » et « leurs exécutifs en matière juridico-légale sont attachées au droit ». « Les trois pouvoirs de l’État sont en vigueur légale et démocratique en accord avec la Constitution de la République du Honduras ».

Le cardinal Rodríguez a béni le putsch sur la chaîne de radio et de la télévision nationales. Pour lui, la nouvelle situation peut servir « pour construire et prendre un nouveau chemin, un nouveau Honduras » ; la confrontation à laquelle on assiste « ne doit pas servir à attiser la violence, mais plutôt à un nouveau point de départ pour le dialogue, le consensus et la réconciliation ».

Mot pour mot, cela rappelle l’appel des évêques français après la victoire militaire nazie sur l’armée française en 1940.

La hiérarchie religieuse, l’Eglise hordurienne comme institution n’ont fait que poursuivre ce que l’Eglise avait pratiqué auparavant pour l’accession au pouvoir de Mussolini, d’Hitler, de Franco, de Pinochet...

Rien de nouveau sous le soleil.

Du point de vue religieux, signalons aussi le rôle de la « Secte Moon » dans ce coup d’Etat comme dans l’APROH.

6) Les Etats Unis, recordman mondial pour l’installation de dictatures sanglantes

Le Département d’Etat savait qu’un coup d’état était en préparation. Son ambassadeur l’a raconté. Celui-ci se nomme Hugo Llorens, un classique exemple d’entrepreneur-diplomate, qui utilise ce type de poste pour s’assurer des opérations bien payées lorsqu’il sera à la retraite, se fondant avec les secteurs les plus corrompus de l’oligarchie locale, secteurs pour lesquels les services de l’ambassadeur sont très utiles.

Comme l’a révélé Ernesto Seman dans Pagina 12, lorsque Hugo Llorens était en poste en Argentine, il fut un lobbyiste en faveur de l’entreprise Ciccon Calcografica, c’est-à-dire qu’il travaillait pour une entreprise spécialisée dans la colonisation de divers secteurs de l’Etat. Il s’était lié à Alfredo Yabran [un homme d’affaire argentin très lié à Carlos Menem] et à Domingo Cavallo [ministre de Menem puis rappelé en mars 2001, après la crise, par Fernando de la Rua]. Llorens a toujours été proche des secteurs les plus rétrogrades de l’Eglise, qui avaient comme représentants politiques des personnages comme Esteban Cacho Caselli. Afin de participer aux opérations les plus rentables d’impression de faux billets, de billets de loterie, de passeports, de carte d’identité, de permis de conduire, etc.

Selon des sources diplomatiques et selon des organismes multilatéraux [Organisation des Etats américains (OEA), etc.], au Honduras, les forces ayant fait le coup d’état avaient suffisamment persuadé Hugo Llorens qu’un coup sérieux pouvait fonctionner. Et que c’était la meilleure façon d’empêcher que Zelaya obtienne sa réélection et que le Honduras tombe dans l’orbite de Chavez.

Or, c’était une stupidité. Pour autant que Zelaya le tentait [obtenir la modification de la constitution pour se présenter à nouveau], et probablement il allait le faire, il ne disposait ni des votes, ni du pouvoir légal, ni du pouvoir institutionnel, ni du pouvoir militaire pour obtenir sa réélection. Il devait remettre son mandat au cours d’une période de six mois... En plus, dans les enquêtes d’opinion, Zelaya n’atteignait pas le 50 % des intentions de vote.

Toutefois, Llorens ne faisait pas ce genre de comptes. Non pas pour des raisons d’affinités idéologiques mais pour des intérêts partagés. Llorens a donc acheté les analyses paranoïaques et revanchardes des organisateurs du coup d’état et ses messages envoyés à Washington affirmaient que Zelaya représentait un danger. Lors de ses conversations avec les « golpistes », il était difficile à Llorens de défendre la ligne développée par Obama lors de la dernière réunion [en mars 2009] de l’OEA : plus de coup, plus « d’interventionnisme », nous sommes tous des associés.

Tom Shannon, sous-secrétaire d’Etat pour la région a dû voyager à Tegucigalpa pour transmettre le message à Micheletti [le président de facto] et au général « golpiste » Romeo Vazquez en insistant qu’il lui était pénible de rencontrer Llorens. Toutefois, sur un point, les représentants des Etats-Unis et les golpistes étaient d’accord : Mel Zelaya ne pouvait pas prolonger sa fonction présidentielle au-delà de l’échéance de son mandat. S’il ne le respectait pas, il fallait l’arrêter. Sur cela, un consensus existait entre : Llorens, Shannon, les militaires états-uniens de la base de Soto Cano, les militaires du Honduras, les civils golpistes.

Conclusion

Le Parti de Gauche a beaucoup oeuvré en solidarité avec le peuple hondurien et son président. C’est là un point extrêmement positif pour notre première année d’existence.

Je regrette cependant une phrase dans le communiqué du secrétariat national publié le jour du coup d’état : "Le Parti de gauche dénonce ce coup de force d’un autre âge". Je ne vois pas en quoi ce coup d’état est "d’un autre âge". En Italie, en Allemagne, au Chili, en Argentine... coups d’état comme instauration du fascisme dans un pays surviennent lorsque les classes possédantes craignent pour leur suprématie idéologique et pour leurs profits. C’est à nouveau le cas en Amérique latine avec le risque d’interventions militaires de telle ou telle armée ou même des Etats Unis. Ne pas en prendre conscience provoquerait un retard sur les campagnes politiques à mener.

De plus, j’ai eu l’impression dans les positions nationales du PG comme du reste de la gauche française que la nature fasciste du régime n’était pas perçue :

* d’où une mythologie du soulèvement populaire face aux putschistes qui était une erreur,

* d’où un soutien aux "médiations" qui de fait, validaient le régime, lui faisaient gagner du temps et lui gagnaient une crédibilité internationale

* d’où une absence de violence dans la réaction alors que cela peut gêner considérablement ce type de régime.

Jacques Serieys

Liens vers des articles sur le Honduras de juin 2009 à aujourd’hui

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Octobre 2009 : La nuit, la terreur règne au Honduras

Août 2009 : Le Honduras s’enfonce dans les ténèbres

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Juillet 2009 : Hilary Clinton, sinistre putschiste. Washington a joué un rôle indéniable dans le coup d’État contre le président Zelaya au Honduras

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Juillet 2009 : La situation au Honduras est dramatique. Soutenir la "médiation" est une "grossière erreur" (Chavez)

Juillet 2009 : L’AMBASSADEUR DES USA AU HONDURAS ETAIT AU COURANT DE LA PREPARATION DU PUTSCH

Juillet 2009 : Coup d’Etat au Honduras : les réminiscences du passé

Juillet 2009 : Le coup d’état au Honduras : Un message des faucons de Washington

Juillet 2009 : Honduras : Malgré la répression sanglante, la mobilisation populaire s’intensifie (article national Parti de Gauche)

Juillet 2009 : Les tortionnaires reprennent du service au Honduras

Juin 2009 : Coup d’état au Honduras par l’armée alliée à l’opposition de droite (ci-dessous communiqués Parti de Gauche, PCF, NPA, ATTAC)


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