9 septembre 1976 Décès de Mao

lundi 17 septembre 2018.
 

A) Chine, révolution de 1949, Mao et le maoïsme

A1) La Chine plurimillénaire

La Chine classique : principale civilisation de l’histoire humaine sur deux millénaires (Jacques Serieys)

Wang Mang, précurseur du socialisme ? devient empereur de Chine le 10 janvier an 9 (Jacques Serieys)

8 janvier 881 : Chang’an (capitale chinoise et plus grande ville du monde) est prise par une nouvelle révolution paysanne chinoise

A2) Mouvements sociaux et révolutions du 20ème siècle

La révolution bourgeoise nationale chinoise de 1911

Les mouvements révolutionnaires chinois de 1919 à 1927

A3) La révolution chinoise de 1949

1 octobre 1949 : Proclamation de la République Populaire de Chine Les révolutions chinoises, 1911-1949 ( par Pierre Rousset)

A4) Le maoïsme

Le maoïsme en France (histoire succincte)

A5) La Chine aujourd’hui

Chine 1ère puissance économique mondiale 2ème puissance politique et militaire

B) Mort le 9 septembre 1976 « Mao survit au maoïsme »

Entretien avec Alain Roux, historien sinologue. L’auteur du Casse-tête chinois (1) décortique pour nous le destin exceptionnel du Grand Timonier. Comment Mao, enfin descendu de son piédestal, est devenu un objet historique…

Qu’est-ce qui vous a amené à travailler sur une biographie de Mao Zedong plus de trente ans après sa mort  ?

Alain Roux. Ce projet est venu de la constatation d’un paradoxe  : depuis trente ans, la Chine connaît un développement de type capitaliste mais Mao est toujours considéré par le Parti communiste chinois comme un de ses éléments de référence, inscrit même dans les statuts du PCC. Autrement dit, Mao continue à survivre au maoïsme, lequel s’est pourtant clos sur un bilan d’échec. Comment un personnage d’une telle envergure résiste-t-il, au moins en Chine, à tous les désastres dont il a été coupable  ? C’est là le point de départ de ma réflexion. Il s’est trouvé que réfléchir sur Mao Zedong en tant qu’historien, c’est-à-dire traiter Mao comme objet de l’histoire, seul moyen de répondre à ce paradoxe, est devenu possible par la publication de quelques ouvrages libérateurs. Je pense aux travaux de Simon Leys (les Habits neufs du président Mao) pour les plus anciens, ou plus récemment à la biographie écrite par le médecin de Mao, Li Zhisui, la Vie privée du président Mao. D’autres livres comme celui de Philip Short (Mao Tsé-Toung), que j’apprécie beaucoup et qui a été publié alors que je commençais mon propre travail, ont confirmé la possibilité d’une réflexion d’historien sur Mao. En outre, la publication de Jung Chang et Jon Halliday (Mao, l’histoire inconnue) a suscité chez moi de vraies interrogations quant à la démarche de ces auteurs. Ces derniers, au demeurant des gens qualifiés, ont eu accès à de nombreux contacts et sources. Ils apportent des informations inédites qui ne peuvent plus être ignorées, mais en même temps ils partent d’un a priori que je n’accepte pas en tant qu’historien. Faire de Mao un monstre depuis l’origine de son engagement est extrêmement réducteur et méprisant vis-à-vis du peuple chinois. On peut y voir un risque d’instrumentalisation de l’histoire pour casser une légende qui perdure en Chine. On passe d’une légende dorée qui ne peut plus être aujourd’hui à une légende noire qui encombre inutilement la recherche historique.

Comment- avez-vous procédé et quels ont été les obstacles à surmonter  ?

Alain Roux. J’ai essayé de suivre au fil des crises, au fil des décisions, ce qui avait motivé Mao. Je ne prétends pas avoir défriché des sources nouvelles – je suis spécialiste du mouvement ouvrier chinois – mais, en revanche, j’ai essayé de les utiliser d’une façon originale. Je me suis notamment appuyé sur les recherches de Stuart Schram, historien sinologue américain, le meilleur spécialiste de Mao qui, dès les années 1962-1963, a accompli un travail déterminant pour la connaissance de Mao et de ses idées. Un des principaux obstacles que l’historien doit franchir vient de la tradition culturelle chinoise elle-même. Cette dernière à la fois facilite et complique le travail. De tout temps, il existe en Chine une histoire officielle, édifiante, qui sert à tirer des leçons morales et politiques des études menées sur des grands hommes du passé. Fussent-ils pervers. En même temps, coexiste une tradition de l’histoire parallèle, dite « indiscrète ». C’est une histoire externe comme disent les Chinois, très people, où s’entremêlent ragots et scandales, mais qui peut être porteuse de toute une série d’informations sur lesquelles on n’a pas encore de bases documentaires accessibles. L’ennui est que ces sources ne sont pas toujours vérifiables, leur crédibilité est limitée mais elles ouvrent des hypothèses, des perspectives qui peuvent se retrouver ensuite confirmées par des archives.

À l’issue de vos recherches, comment percevez-vous Mao  ? Était-il nationaliste, socialiste  ? Comment s’est construite une telle personnalité historique  ?

Alain Roux. Mao est un patriote, son engagement premier a été nationaliste. Ce qui s’explique beaucoup par l’humiliation subie par la Chine au XIXe siècle. Était-il socialiste  ? Qu’est-ce que veut dire le socialisme pour un Chinois  ? Le mot lui-même en chinois n’est pas clair. Il se rapproche plutôt du terme sociologie. Pour Mao, le socialisme s’apparente à l’étatisme. Il consiste à confier au parti-État la responsabilité de moderniser le pays par en haut. Cet étatisme entre chez Mao en conflit avec sa vision d’un monde égalitaire, sans classes sociales ni races ni nations, la Grande Harmonie, qui remonte à la tradition chinoise. Mao donne l’impression qu’il a voulu une Chine moins injuste, plus égalitaire. Dans les faits, c’est un projet plutôt populiste. À la différence des dirigeants communistes européens, Mao n’a pas grande confiance dans la classe ouvrière. Il a été en 1922, au Hunan, un dirigeant ouvrier qui a conduit des grèves mais il est déçu très rapidement par le prolétariat chinois, il l’a dit à un représentant de l’Internationale communiste de passage dans sa province  : il a trouvé la classe ouvrière peu combative, corporatiste, encadrée par les sociétés secrètes. Pour ces raisons, il a recherché d’autres forces sociales pour porter la révolution. À partir de 1925, il pense à la paysannerie. Durant l’hiver 1926-1927, il découvre et exalte à l’excès la force du mouvement paysan dans la province de Hunan.

Est-ce alors que Mao devient « maoïste »  ?

Alain Roux. Initialement Mao n’était pas un théoricien marxiste. C’est un théoricien de la guérilla qui exploite le lien entre la guerre et la politique. Il doit un peu à Clausewitz, beaucoup à Sun Zi et à son Art de la guerre écrit cinq siècles avant notre ère et encore plus à un robuste bon sens paysan. Il a mis au point sa guérilla et il a eu pas mal de chance. S’il n’avait pas été mis de côté en 1934 par la direction du PCC, il aurait supporté comme les autres dirigeants communistes le poids de la défaite de la République soviétique du Jiangxi. Mao a eu de la chance et a su s’en servir, comme toutes les grandes figures historiques  : il a perdu le pouvoir au bon moment et est ensuite apparu comme un recours. Sous son impulsion, la Longue Marche qui était d’abord une fuite pour échapper à un encerclement mortel devenait une offensive anti-japonaise. Mao a senti le besoin de devenir un théoricien après la Longue Marche, quand il est devenu le numéro 1 du PCC entre 1935 et 1941. Il s’imposa alors comme l’homme de l’adaptation du marxisme à la réalité chinoise. On peut discuter de cet apport théorique réel, souvent assez fragile, mais il est vrai que l’idée selon laquelle le marxisme devait s’implanter dans la réalité historique de chaque pays était novatrice, non seulement pour la Chine mais pour le mouvement communiste international. La pensée Mao Zedong – les communistes chinois ne parlent pas de maoïsme – se hisse au niveau du léninisme, perçu, lui, comme une adaptation du marxisme aux réalités russes. En 1945, après une dure campagne de mise en conformité du Parti tout entier avec ses vues, Mao fait de sa « pensée » la base théorique sur laquelle le pouvoir croissant des communistes repose. Elle le reste.

Qu’est-ce qui pousse Mao à provoquer des crises aussi terribles que le Grand Bond en avant ou la Révolution culturelle  ?

Alain Roux. Avec le concept de « révolution ininterrompue » que développe Mao, on perçoit sa vision du monde. Il est persuadé que le monde est fait de contradictions infinies qui ne doivent jamais aboutir à des périodes de stabilisation, tout doit être constamment remis en question. Ainsi se crée une sorte de métaphysique de la lutte des classes, où tout le plus petit producteur privé de richesses, même un humble colporteur, devient un exploiteur à dénoncer ou à éliminer. Pis, ce statut de classe arbitraire devient héréditaire et donne naissance à des parias sociaux. Ce qui, à la longue, est ingérable politiquement  : la population est constamment mobilisée. Mao présente ce concept comme une réponse à la bureaucratisation du Parti en URSS. Dès 1955, il critique la société soviétique qu’il voit figée et sans dynamisme. Mao rêve d’une autre société. Il est obsédé par le danger d’une restauration du capitalisme et par le risque de voir se développer une bourgeoisie à partir du Parti communiste bureaucratisé. De telles craintes ne sont pas totalement fausses  ! On l’a vu lors de la dissolution de l’URSS et on le voit actuellement en Chine, où une bonne partie de la bourgeoisie en train de se former est issue de l’appareil du Parti. Mao oppose à cette bureaucratisation l’enthousiasme et la mobilisation des forces populaires. À son avis, les masses peuvent tout faire. La lettre du 8 juillet 1966 qu’il écrit à sa femme, Jiang Qing, juste avant le déclenchement de la Révolution culturelle, pour lui expliquer sa vision du grand chambardement qu’il prépare est à ce titre révélatrice de l’état d’esprit de Mao. Il ne croit pas son pouvoir menacé mais craint que ses successeurs ne tombent dans les mêmes travers que les révisionnistes soviétiques. Il va montrer sa force, faire le « tigre » mais il joue aussi de la ruse se référant au « singe »  : ses erreurs du Grand Bond en avant lui fournissent des armes contre ceux-là mêmes qui suscitent sa colère pour avoir cherché à en limiter les dégâts. Tous les dix ans environ, il faudra soulever les masses contre les cadres du Parti pour les mettre à l’épreuve et empêcher l’ossification de l’élan révolutionnaire.

Votre regard sur Mao a-t-il évolué à l’issue de votre travail  ?

Alain Roux. Ce concept de révolution ininterrompue joint au projet égalitaire m’explique pourquoi Mao s’est obstiné dans l’erreur. On le voit dès 1949 mettre en place une société nouvelle sur le modèle de développement soviétique. Ce qui a d’ailleurs réussi à faire démarrer l’économie chinoise. Après 1955, il amorce ce qu’il définit comme une voie chinoise originale et c’est le Grand Bond en avant qui aboutit à une première catastrophe terrible avec 25 à 30 millions de paysans morts de faim en trois ans. En 1962, on voit apparaître quelques solutions qui anticipent ce qui va se passer après 1978, notamment avec Deng Xiaoping, à l’origine d’une politique d’assouplissement à la campagne. Mao laisse faire puis l’arrête brutalement et prépare la Révolution culturelle pour liquider les cadres impliqués dans ce réajustement politique. Quelques années plus tard, en plein chaos, il rappelle Deng qu’il avait chassé mais une fois encore bloque ses initiatives et le destitue en 1976. Pourquoi  ? C’est comme s’il avait l’intuition que ces changements allaient aboutir à la restauration du capitalisme en Chine. Cette espèce de lucidité est tragique et impuissante puisqu’en fait les crises que Mao a provoquées ont précipité sans doute les évolutions qu’il redoutait. La question qui s’est posée à moi avec urgence était de comprendre pourquoi une telle obstination dans l’erreur avait été possible. L’ego démesuré de Mao, la fierté nationale retrouvée, l’habileté manœuvrière de l’équipe dirigeante et l’absence d’une alternative crédible ne suffisent pas. Il faut chercher au-delà de Mao et de la Chine dans cette dictature du parti unique confondu avec l’État ébauchée par Lénine et généralisée par Staline qui a fait du ou des dirigeants communistes au pouvoir des despotes tout-puissants. Vu sous cet angle, Mao a été un marxiste-léniniste d’une parfaite orthodoxie. La répression sanglante des manifestations pacifiques de la place Tian’anmen en juin 1989 et les lourdes condamnations récentes d’intellectuels chinois, coupables comme Liu Xiaobo d’exiger la liberté d’expression et d’organisation, montrent que, ainsi réduit, le maoïsme comme avatar d’un socialisme bureaucratique et policier subsiste de nos jours et empêche le peuple chinois de lutter contre les injustices dont il est victime, pour le plus grand profit d’oligarques chinois et de multinationales étrangères.

Entretien réalisé par Dominique Bari

(1) Professeur émérite de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Le Singe et le Tigre, Mao, un destin chinois. éditions Larousse, septembre 2009. 1 126 pages, 26 euros. La Chine au XXe siècle. éditions Armand Colin, 2006. Le Casse-tête chinois. Éditions Messidor, 1980 (réédité et actualisé sous le titre la Chine populaire, Éditions Messidor. Tome 1, 386 pages, 1983  ; tome 2, 400 pages, 1984.

C) Mao, figure tutélaire de la révolution chinoise

Le 9 septembre 1976, la disparition de Mao Zedong tourne une nouvelle page de l’histoire de la Chine moderne. Au lendemain de sa mort, ses protégés, la Bande des Quatre, tomberont en disgrâce. Pour autant, il continue de jouer un rôle de référence dans la politique.

Quand le Grand Timonier meurt à 82 ans, la Chine retient son souffle. Il s’éteint le 9 septembre 1976, tout juste dix ans après avoir déclenché cet ébranlement massif, la révolution culturelle (1), qui amena le pays au bord de la guerre civile. La République populaire en est encore déstabilisée en dépit d’un apparent retour à l’ordre depuis 1969, date à laquelle la jeunesse qui composait les gardes rouges, toutes factions confondues, est envoyée dans les campagnes.

Les luttes politiques au sein de la direction du Parti communiste chinois (PCC) ne se terminent pas pour autant. Elles recouvrent des divergences fondamentales pour les choix d’une stratégie de développement sur lesquels s’affrontent depuis les années 1950 deux grands courants au sein du PCC. Schématiquement, on parlera des « pragmatiques » et des « idéologues ». Les premiers, en ces années 1970, réunis autour de Zhou Enlai, le premier ministre, affaibli par un cancer, et de Deng Xiaoping, secrétaire général du PCC, tentent de relancer l’économie. Ils appliquent le programme des Quatre Modernisations décidé en 1964, notamment pour l’industrialisation et l’agriculture, dont les acquis obtenus depuis la création de la « Chine nouvelle » en 1949 ont été mis à mal par le Grand Bond en avant (2) et la révolution culturelle. Ils font face aux idéologues, que Mao a organisés et promus à des postes clés, regroupés autour de la Bande des Quatre (3). Les luttes s’exaspèrent dès le début de 1976.

La mort de Zhou Enlai, le 8 janvier, fait éclater au grand jour les profondes dissensions alors que Mao, au bord de la tombe, est dans l’incapacité de diriger le pays. Deng Xiaoping, qui devait assumer le poste de premier ministre, est destitué et s’enfuit dans le Sud. Le blocage politique va se dénouer dans la rue par une intervention populaire. Le 4 avril, jour des morts, des centaines de milliers de Pékinois se rassemblent place Tian’anmen pour rendre hommage à Zhou Enlai, bravant le traumatisme des violents troubles des années 1966-1969. Des manifestations éclatent aussi en province. Toutes s’en prennent à Jiang Qing et à son clan. Dès la disparition de Mao, on assiste à une course contre la montre pour le pouvoir. Le 6 octobre, son successeur, Hua Guofeng, soutenu par l’armée, réussit son coup d’éclat  : l’arrestation des Quatre, dénoncés comme principaux responsables de la décennie de terreur. Deng est rétabli par le Comité central en juillet 1977, tandis que dans les campagnes un mouvement irrésistible s’amorce contre les communes populaires et pour un redressement de la production agricole. Première étape du démantèlement du système maoïste, qui s’accélère avec le retour de Deng Xiaoping aux commandes du PCC en 1978  : l’« économie socialiste de marché » qu’il instaure comme voie de développement est bien loin des prescriptions du Grand Timonier.

Pourtant, quatre décennies plus tard, la Chine, deuxième puissance économique mondiale, n’en a pas fini avec son passé maoïste et la figure historique du chef de la révolution chinoise plane encore sur la politique de la République populaire. Mao est toujours considéré par le PCC comme un de ses éléments de référence. La « pensée Mao Zedong » est inscrite dans ses statuts et réaffirmée de congrès en congrès (4). Pour les communistes chinois, il reste le théoricien de l’adaptation du marxisme dans la réalité historique de chaque pays. Une idée novatrice dans les années 1930, non seulement pour la Chine mais pour le mouvement communiste international. Elle s’est traduite par le rejet de tout modèle existant – selon les époques, soviétique et occidental – et reste la base théorique sur laquelle le PCC affirme sa recherche de sa propre voie de développement. Xi Jinping n’hésite pas à remettre au goût du jour certains concepts maoïstes

Si les statues gigantesques ont discrètement disparu, son portrait trône à l’entrée de la Cité interdite, son mausolée place Tian’anmen et sa maison natale dans le Hunan sont des lieux de pèlerinage très fréquentés. Les mutations qu’a connues la Chine et les désastres dont Mao s’est rendu coupable n’ont pas gommé pour une majorité de la population les symboles qu’il incarne  : la puissance et la dignité nationales retrouvées en 1949, l’intégrité, l’égalité socio-économique et entre les sexes et le progrès industriel. Lorsque les Chinois s’insurgent devant l’ampleur des inégalités, l’opulence des cadres et de leurs proches, Mao est brandi comme figure tutélaire, lui qui était obsédé par le danger d’une restauration du capitalisme et par le risque de voir se développer une bourgeoisie à partir du Parti communiste. Pour revitaliser la légitimité du PCC, l’actuel président, Xi Jinping, n’hésite donc pas à remettre au goût du jour certains concepts maoïstes. Ce que son rival déchu, Bo Xilai (en prison pour corruption), avait également entrepris avec succès à Chongqing. Xi a ainsi relancé la « ligne de masse », principe de large participation populaire à l’élaboration d’une décision politique, requalifiée « démocratie consultative », et a déclenché une lutte massive contre les cadres corrompus, grands et petits  : les « tigres » et les « mouches », selon une formulation faisant écho au discours maoïste.

Dominique Bari, L’Humanité


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