Opéra et Révolution à Bruxelles le 25 août 1830

samedi 7 octobre 2017.
 

Une révolution exemplaire

Nous savons que la Révolution de Bruxelles d’août 1830 a été bien préparée et parfaitement exécutée. James Connolly, admiratif, écrit, peu de temps avant d’être fusillé par les troupes britanniques le 12 mai 1916 : « La révolution de Bruxelles et le succès des insurgés sur des troupes régulières impressionnèrent tellement l’Europe qu’il fut longtemps tenu pour un axiome que, face à de telles situations, le devoir des officiers commandant une armée était de refuser le combat de rues et de le remplacer par une prise régulière ou un siège de la ville ». Nous savons que la Révolution en Belgique en 1830 était un conflit entre deux nations, directement inspirée par les « trois glorieuses » de Paris.

De l’opéra à la Révolution

Qui, exceptés les mélomanes admirateurs inconditionnels du Grand opéra du 19° siècle, connaît aujourd’hui le rôle qu’a joué l’opéra de François-Esprit Auber, sur un livret de Scribe et Delavigne, La Muette de Portici, dans le déclenchement de l’insurrection bruxelloise ? La représentation au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles le 25 août 1830 déclencha les émeutes qui menèrent à la révolution belge et finalement à l’indépendance de la Belgique le 4 octobre 1830. Au moment du duo « Amour sacré de la patrie, Rends-nous l’audace et la fierté, A mon pays je dois la vie, Il me devra sa liberté », les spectateurs en armes se levèrent et sortirent dans la rue. L’opéra, qui connut un succès phénoménal à sa création en 1828 à la salle Le Peletier, exalte le sentiment de la liberté du peuple napolitain qui s’était révolté au 17° siècle contre le joug espagnol.

Le rôle-titre de la Muette est tenu par une danseuse, un cas unique dans l’histoire de l’opéra. L’oeuvre est aujourd’hui tombée dans l’oubli. Auber a été éclipsé par Berlioz, Verdi, Wagner... L’ouverture en revanche reste encore extrêmement populaire en concert. Mélodieuse, admirablement orchestrée et expressive, il n’est pas surprenant qu’elle sût chauffer la salle du Théâtre de la Monnaie, ce soir-là, le 25 août 1830.

Les voies impénétrables de la Révolution.

Quand je me promène dans le quartier de l’Opéra entre la rue Scribe et la station RER Auber, à quoi je songe ? Je songe que la mutinerie du cuirassé Potemkine en juin 1905 a été provoquée par la viande avariée, et que Marceau Pivert disait à l’approche de l’été 1936 : « Tout est possible ! »

Karel Kostal


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message