Avec Jean-Luc Mélenchon, effacer la défaite du socialisme démocratique dans l’ancienne Tchécoslovaquie en 1968

vendredi 20 juillet 2018.
 

Tout est possible

Je reprends ici sans hésiter le mot d’ordre de Marceau Pivert de juillet 1936, après avoir entendu l’intervention de Jean-Luc Mélenchon, le 18 décembre, sur BFM TV 2012. A la question du journaliste Olivier Mazerolle, s’il a connu Vaclav Havel, il répond : » Moi non, mais la Tchécoslovaquie pour les hommes de ma génération a représenté beaucoup de choses, puisque les forces du Pacte de Varsovie sont entrées le 20 août 1968, nous jeunes gens vivions ce qui nous semblait être une révolution, elle avait échoué, et nous voyons échouer le socialisme à visage humain, donc ça a été déterminant pour moi à l’époque. Et dans les images que vous avez passées, on voit, aux côtés de Havel, Alexander Dubcek, c’était le dernier secrétaire général du parti communiste ; il avait prouvé que le socialisme était capable de puiser en lui un renouveau. Hélas Alexander Dubcek a été arrêté dès l’intervention du Pacte de Varsovie ; pour ce qui concerne ma propre histoire, ça a été un événement tout à fait décisif pour mon ralliement au socialisme démocratique. »

Les témoignages sur les hommes de la génération de Jean-Luc Mélenchon à cette époque sont nombreux. Voici mon témoignage.

J’ai atterri sans encombre à Paris, le 5 septembre 1968. Les unités de l’armée tchécoslovaque et la police, contaminées par le socialisme démocratique, ont ouvert la brèche dans le rideau de fer et ont laissé passer tout le monde. Le policier français à la frontière, après avoir jeté un coup d’oeil sur mon passeport qui présentait des lacunes administratives, a haussé les épaules. Quelques jours après la défaite du socialisme démocratique à Prague, je trouve unes situation « postrévolutionnaire » au Quartier Latin. Le socialisme s’est assoupi et rêve à haute voix. Dans les corpo de l’UNEF, où les militants « internationalistes » donnent des tickets resto-U aux étudiants tchèques réfugiés à Paris à ce moment-là, je découvre les affiches aux murs : « Américains hors du Vietnam, Russes hors de la Tchécoslovaquie ». Oui, c’est ça, la jeunesse française, c’est ça, le visage de la patrie des droits de l’homme à l’époque.

Il est hors de doute pour moi que le sort du socialisme démocratique se joue désormais ici en France. Je n’ai pas dévié de mon chemin avec mes amis depuis. Et pourtant que d’efforts qui n’ont pas abouti, que de déceptions, « ces fleurs qui se fanent comme nos heures, ces nuages qui fuient comme nos illusions », jusqu’à ce jour du 29 mai 2005, où nous avons remporté cette première grande victoire depuis la chute du mur de Berlin.

Il y a quarante trois ans, le secrétaire général du parti communiste tchécoslovaque Alexander Dubcek avait prouvé que « le socialisme a été capable de puiser en lui un renouveau. » En pleine guerre froide, cette expérience magnifique aux frontières de l’Union Soviétique a duré huit mois, du 5 janvier au 21 août 1968.

J’estime que nous avons plus de chances de faire triompher le socialisme démocratique aujourd’hui dans la patrie de Jean-Jaurès, avec le candidat aux élections présidentielles Jean-Luc Mélenchon, rallié à cet idéal. Nous pouvons effacer la défaite du socialisme démocratique dans l’ancienne Tchécoslovaquie. Pour les hommes de ma génération, ça serait une victoire d’une grande portée historique, à la portée de la chute du mur de Berlin, dans le sens où elle effacerait le triomphe de la réaction consécutive à la chute de l’URSS. C’est possible aujourd’hui.

Karel Kostal


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