Réactions politiques au discours de François Fillon

samedi 12 novembre 2011.
 

1) La saignée continue ! (Martine Billard, députée PG)

Contrairement au discours de François Fillon, l’effort ne sera pas partagé. Les ménages seront les plus touchés, que ce soit par l’augmentation de la TVA beaucoup moins indolore que ne le dit le gouvernement (abonnement EDG-GDF, transports publics, etc.), la baisse des allocations familiales et des allocations logement ou l’augmentation de fait de l’impôt sur le revenu.

La santé de nos concitoyens ne pourra que se dégrader d’avantage avec l’annonce de 700 millions d’euros de coupes supplémentaires dans le budget de la santé.

A côté, les entreprises participeront peu à cette cure d’austérité puisque les allègements de cotisations patronales sur les bas salaires et les exonérations des heures supplémentaires sont maintenus. La rente, quant à elle, a encore échappé à toute nouvelle mesure de taxation.

Une fois de plus, le gouvernement utilise la menace des agences de notation pour accélérer la destruction des protections sociales. L’âge de la retraite est encore repoussé : en 2007, il s’agissait de travailler plus pour gagner plus ; en 2011, il faut travailler plus pour gagner moins.

Au lieu de s’en prendre à toutes les exonérations et tous les cadeaux fiscaux accumulés depuis 2002, le gouvernement de Nicolas Sarkozy fait payer la crise au peuple et fait courir un grave danger de récession à notre pays.

François Fillon a annoncé que 2012 marquera la poursuite des attaques contre les salaires et les protections sociales ; le Front de Gauche, lui, propose une autre répartition des richesses en taxant le capital au même niveau que le travail et en récupérant les milliards d’euros perdus avec les multiples exonérations fiscales et sociales.

Source :

http://www.lepartidegauche.fr/edito...

2) Austérité : « la saignée sociale va tuer le malade » PCF

Gel des dépenses de l’État, diminution des prestations sociales et avancée d’un an du passage à 62 ans de l’âge légal de départ en retraite, augmentation de la TVA... Le plan annoncé par François Fillon est une véritable provocation sociale, une accélération fracassante et catastrophique dans l’austérité généralisée.

C’est le début d’un scénario à la grecque et on connaît la fin du film. La saignée sociale n’assainira pas les finances publiques mais tuera le malade. Au terme de cette politique il n’y aura pas de déficit 0 en 2016, mais bien tout à la fois une catastrophe sociale, une catastrophe économique et une catastrophe pour les finances publiques.

Le Premier ministre François Fillon vient en fait de confirmer aux institutions financières la soumission du gouvernement français aux plans d’ajustement structurels, qu’avec la BCE, la Commission européenne et le FMI, les marchés imposent à tous les peuples d’Europe, un par un et en les dressant les uns contre les autres.

Faut-il rappeler à Monsieur Fillon qu’en 1945, c’est la mise en œuvre du programme du Conseil national de la résistance (CNR) fondée sur une politique de progrès social et de solidarité qui a reconstruit le pays. Est-ce alors aujourd’hui le retour au ticket de rationnement ?

Reprendre le contrôle public des institutions financières et bancaires, taxer réellement les revenus du capital et la spéculation financière sont aujourd’hui des préalables pour qui veut sortir le pays et l’Europe de la crise.

Le Front de gauche propose de construire une politique de sortie de crise qui s’appuie sur la réévaluation des salaires, le rétablissement du droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous et la relance de l’investissement public.

3) Second plan de rigueur : le PS dénonce une opération de mystification et de dilapidation

François Fillon « attribue à la crise et aux comportements des gouvernements depuis 30 ans la réalité des déficits quand nous savons que les seules mesures fiscales prises par ce gouvernement pour mettre en oeuvre sa politique correspondent à 75 milliards de de déficits cumulés » a constaté le porte-parole avant d’évoquer « une opération beaucoup plus grave de dilapidation du modèle social français » : « La droite va brader notre patrimoine commun, brader nos services publics, remettre en cause ces protections sociales concrètes qui font que la vie est un peu moins dure pour des Français aujourd’hui. (…) C’est ce modèle social français de 1945 qu’il fallait moderniser, renforcer, consolider en période de crise ».

Benoît Hamon, rappelant que le paquet fiscal coutait 10,6 milliards d’euros, a souligné que l’ensemble des mesures proposées allaient pénaliser principalement les classes moyennes et les classes populaires : « Non seulement les Français vont payer ce plan d’austérité sous la forme d’une réduction de leur pouvoir d’achat mais ils le paieront hélas pour bon nombre d’entre eux par une augmentation du chômage ».

« Nous avons donc une incohérence et de l’improvisation sur le plan politique et économique, dont le prix sera payé par les Français, à travers le gel du barème sur l’impôt sur le revenu, à travers la décision d’augmenter le taux réduit de TVA sur tous les produits et services, à l’exception des produits de première nécessité, à travers la décision d’économiser 700 millions d’euros supplémentaires sur la santé des Français et à travers l’indexation de l’évolution des prestations sociales non plus sur l’inflation mais sur la croissance. (…) La conséquence de ce plan d’austérité ce sera encore moins de croissance, encore moins de rentrée fiscale et probablement beaucoup plus de chômage. La conséquence de ce plan d’austérité ce sera le désordre économique et social dans l’espoir d’en tirer, pour la droite, des dividendes électoraux, l’année prochaine et ce pari nous inquiète profondément. C’est un pari extrêmement dangereux car il menace notre patrimoine social, politique, mais il menace aussi la cohésion sociale de notre pays ».

4) DÉCLARATION DE PHILIPPE POUTOU. SARKOZY-FILLON : ET MAINTENANT L’AUSTÉRITÉ DURABLE !

Fillon vient d’annoncer une politique d’austérité qui s’installe dans la durée. Après les mesures annoncées au mois d’août, le gouvernement veut infliger aux salarié-e-s, aux précaires, chômeurs et retraité-e-s de nouveaux sacrifices obligatoires.

Fillon et Sarkozy voudraient enfermer le débat de la campagne présidentielle dans le cadre obligé de l’austérité comme seule politique possible sur la durée, avec la menace et le chantage d’une politique encore plus dure après l’élection.

La baisse de la croissance économique, hypothèse déjà fort probable lors du débat budgétaire, sert de prétexte pour cogner sur les prestations sociales, gelées ou plafonnées à 1% de revalorisation, les dépenses publiques, augmenter la TVA dans certains secteurs. C’est une politique qui aggravera la menace de récession.

Fillon a le cynisme de parler d’efforts « équitables » mais la TVA est l’impôt le plus injuste qui soit puisqu’il pèse indistinctement sur tous les consommateurs. Augmenter la TVA c’est clairement choisir de faire payer les couches populaires.

Bousculer le calendrier de l’âge de la retraite à 62 ans, c’est bafouer et insulter une 2e fois, les salarié-e-s qui se sont mobilisé-e-s contre cette dégradation supplémentaire du régime de retraite en 2010.

Taper sur les dépenses publiques c’est oublier sciemment que depuis les années 80, elles n’ont pas augmenter. Par contre, les recettes, elles, ont baissé. Diminuer les dépenses publiques c’est affaiblir encore plus le système éducatif, l’hôpital et l’ensemble des services publics.

Une fois de plus, ce ne sont pas les banquiers et les financiers, les responsables de la crise, qui sont appelés à boucher le trou des 6 à 8 milliards d’euros à combler. Ce sont les salariés et les couches populaires qui devront payer la crise. Il suffirait pourtant de ne pas rembourser les intérêts de la dette pour récupérer près de 50 milliards d’euros.

Une riposte unitaire est indispensable. Le NPA propose la tenue d’une réunion, dans les prochains jours, rassemblant la gauche sociale et politique pour mettre en place une riposte.

Le 7 novembre 2011.


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