Tunisie, Nord-Mali : Charia et barbarie

dimanche 1er juillet 2018.
 

Droits de l’homme et charia

La Tunisie démocratique doit se libérer des islamistes (modérés et radicaux), doit se libérer de toute implication de l’Islam dans la vie publique, sinon la religion politique prenant le nom d’islam tuera la Tunisie démocratique mise en place lors de la révolution de l’hiver 2011.

En ce mois de juin 2012, les salafistes tunisiens ont à nouveau montré leur réalité fascisante traditionaliste. Une exposition culturelle dans une galerie de Tunis a provoqué leur colère. A nouveau des locaux syndicaux et de partis de gauche ont été attaqués, pillés, saccagés ce qui montre bien la nature d’extrême droite de cet islamisme tunisien. Des bâtiments symboles de l’Etat ont également subi leur vindicte, ce qui est cohérent pour des fascistes traditionalistes comme le parti Ansar Al Charia (partisans de la charia) : des édifices administratifs, un tribunal, quatre postes de police...

Le parti islamiste "modéré" Ennahdha, actuellement maître du gouvernement, a donné raison aux salafistes : fermeture de l’exposition, dépôt de plainte contre les organisateurs, projet de loi criminalisant les critiques du sacré. Cette complicité entre islamistes ne peut que pousser les salafistes à aller encore plus loin dans leurs attaques contre tout progrès démocratique, dans leur volonté de maîtriser par la force l’espace public.

Après le saccage du cinéma Africa qui projetait un film déplaisant aux islamistes, après l’agression à l’arme blanche du cinéaste Nouri Bouzid, après l’attaque massive du siège de Nessma TV coupable d’avoir diffusé Persépolis, après d’innombrables autres agressions individuelles (Rejeb Al Mokri, Ben Taïeb...), il est temps de caractériser le salafisme tunisien comme un fascisme et d’en tirer toutes les conséquences. Ce salafisme est effectivement ancré dans la pratique religieuse du pays, puisqu’il contrôle au moins 500 mosquées sans compter de nombreux autres réseaux. En conséquence, l’attitude de la gauche timorée tunisienne ne mènera à rien sans un rapport de force laïque construit.

Il faut dire en particulier que la charia est une barbarie.

C’est le cas en Tunisie où les partisans de la charia agressent sans cesse des femmes qui n’appliquent pas les règles rétrogrades qui voudraient leur imposer le voile et le repli dans leur maison aux ordres de leur époux et maître.

C’est le cas au Nord Mali depuis que cette région s’est rendue indépendante du pouvoir installé à Bamako.

Les miliciens salafistes du groupe Ansar Eddine, lié à Al Qaida, ont donné cent coups de fouet à un homme et cent coups de fouet à une femme qui vivaient ensemble sans être mariés.

Ils viennent de détruire des mausolées musulmans anciens ne correspondant pas à leur dogme d’histoire de l’islam.

La principale cible des islamistes, au Mali comme ailleurs, ce sont les femmes qui ne doivent pas occuper un emploi, qui doivent rester cloîtrées, qui doivent porter le voile intégral. Ce 5 juin 2012, les femmes de Kidal ont voulu exprimer dans la rue leur souhait de retourner au travail ; elles ont subi un assaut extrêmement violent d’islamistes nombreux, armés de bâtons, qui ont tapé comme des fous pour faire respecter ce qu’ils considèrent être les ordres d’Allah.

Il est vrai qu’au Mali comme en Tunisie, c’est l’ensemble de l’Etat et de la société qu’il faut faire évoluer. La devise nationale du pays « Un peuple, un but, une foi » ne représente pas une base commode pour imposer la laïcité...

L’enjeu de la résistance populaire face à ces fous représente aujourd’hui un enjeu extrêmement important pour tout le rapport de forces entre progressistes et réactionnaires du monde.

Jacques Serieys le 30 juin 2012

2) Nord Mali : les islamistes prennent le pouvoir et chassent les Touaregs

Les Touaregs, en pleine déroute, ont été chassés par leurs anciens alliés islamistes. Après de violents combats, Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) tiennent fermement la moitié nord du pays et ont le champ libre pour imposer la Charia.

Les islamistes ont chassés les Touaregs de Tombouctou et viennent de les écraser à Gao, en prenant leur quartier général pour tout le nord du Mali, après de violents combats qui ont fait au moins vingt morts et quatorze blessés ce jeudi. Les rebelles touareg sont en déroute et ne contrôlent plus aucune place forte dans cette région.

La chute de Gao (nord-est), berceau des Touareg et l’une des trois grandes villes et régions administratives du Nord avec Tombouctou (nord-ouest) et Kidal (extrême nord-est) - déjà contrôlées par les islamistes - signe l’arrêt de mort du MNLA (les Touaregs) dans cette région. Les chefs militaires rebelles sont tués, blessés ou en fuite. Le Palais du gouverneur qui lui servait de quartier général pour tout le Nord du pays, est aux mains des islamistes.

Touaregs et islamistes étaient alliés au début de la rébellion. Ils ont déclaré unilatéralement le Nord du pays indépendant. Mais l’unité apparente n’a pas duré. Les Touaregs sont laïcs, le but premier des islamistes étant d’imposer la charia. Pour devenir maîtres du jeu, les islamistes ont d’abord empêché les touaregs de disposer d’une partie de leurs armes lourdes (reliques du conflit libyen) et sont ainsi assuré la supériorité militaire. Ils se sont également attirés la sympathie des populations des différentes tribus présentes dans le Nord, où les Touareg sont minoritaires, en procédant à des distributions de vivres.


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