26 mai 1963 Grigoris Lambrakis, député grec, meurt assassiné par l’extrême droite couverte par la police (film Z)

mardi 25 septembre 2018.
 

Selon les pays et selon les époques, le patronat, la droite, la police et l’armée ont des liens plus ou moins forts avec les fascistes et constituent les principales menaces d’un ordre démocratique. En Grèce, ces liens ont toujours été puissants avec l’aimable collaboration diplomatique et militaire des Etats Unis.

Les années 1960 sont marquées un peu partout dans le monde par une poussée sociale et une aspiration progressiste. Tel est également le cas en Grèce.

La droite au pouvoir ( Rassemblement grec d’Aléxandros Papágos puis Union nationale radicale de Constantin Karamanlís) gère le pays au profit exclusif de la classe dominante (impôts très faibles pour les riches et salaires très faibles pour les salariés). Elle s’apparente plus au franquisme qu’à un parti conservateur classique de période de paix.

En 1961, elle accepte avec grande réticence de former un gouvernement avec l’Union du centre, plus à droite que le gaullisme français.

Apparaît alors une personnalité de gauche emblématique : Grigori Lambrakis, élu député socialiste du Pirée, âgé de 41 ans, médecin réputé dans les quartiers, athlète confirmé, d’une intégrité proverbiale, très actif comme parlementaire.

A cette époque de tension entre les Etats Unis et l’URSS, Lambrakis prend l’initiative d’une Marche pour la Paix, de Marathon à Athènes le 21 avril 1963.

Le gouvernement interdit ce défilé. Se considérant protégé par son immunité parlementaire, Lambrakis effectue seul le parcours.

Dans un pays comme la Grèce où tout homme de droite est héritier d’une tradition conservatrice considérant la gauche comme une ignominie digne de la mort, l’initiative du député socialiste est remarquée.

Le 22 mai 1963, Grigori Lambrakis tient une conférence de presse à Thessalonique. A sa sortie, deux nervis d’extrême droite le frappent à la tête avec intention évidente de le tuer. Hospitalisé, il meurt le 26 mai sans avoir repris connaissance.

Cet assassinat provoque un grand émoi dans le pays. Les murs d’Athènes se couvrent d’innombrables Z (Zei, il vit).

Une foule de 500000 personnes accompagne le convoi funèbre le 28 mai.

Après une enquête fouillée Vassili Vassilikos publie en 1966 un documentaire intitulé Z sur un crime politique rappelant celui de Lambrakis.

Le 21 avril 1967, l’armée prend le pouvoir avec le soutien des USA qui ne veulent pas voir se développer de courant progressiste dans cette partie du monde.

En 1969, Costa Gavras réalise le magnifique film Z pour ne pas oublier l’assassinat du 22 mai 1963.

Notre lecteur peut voir :

- un excellent extrait du film Z en cliquant ci-dessous

http://www.youtube.com/watch?v=rHB2...

- la fin du film tout aussi excellente

http://www.youtube.com/watch?v=sb5Q...

- tout le film de deux heures

http://www.youtube.com/watch?v=AMha...


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