Réhabilitons les syndicalistes, élite de la classe ouvrière

jeudi 7 juin 2018.
 

Au-delà de la loi d’amnistie sociale indispensable et promise par François Hollande, réhabilitons les syndicalistes.

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« On est des ouvriers, pas des casseurs ! Les casseurs, c’est les patrons ! » A l’entrée de l’étroite rue de Tournon, la clameur a jailli. A cent gorges, le cri est monté dans l’air froid de ce 27 février, résonnant entre les murs. A l’opposé, aux portes d’un Sénat solidement gardé, des applaudissements nourris, des « hourra ! », des acclamations ont salué l’arrivée de la délégation des salariés de PSA Aulnay en grève depuis 7 semaines à présent. Ce mercredi, ils se retrouvent devant la haute assemblée pour « arracher » la loi d’amnistie sociale, la loi promise par le candidat Hollande pour laver les syndicalistes poursuivis devant la justice de toute accusation.

Le Front de gauche, qui a déposé cette proposition de loi, est l’organisateur du rassemblement où convergent – une fois de plus – les luttes en cours dans toutes les entreprises. Il y a jusqu’aux Fralib qui sont montés de Gémenos pour se rappeler au bon souvenir des politiques. Sur la tribune précaire, les orateurs se suivent et se ressemblent malheureusement. La litanie des harcèlements, des tentatives avortées de corruption, des pressions diverses jusqu’aux menaces de licenciements défile.

En toile de fond, chacun a une pensée pour Xavier Mathieu, syndicaliste CGT des « Conti », exemple incarné de l’injustice et de la violence patronales déchaînées contre « l’élite de la classe ouvrière », selon le mot de Jean-Luc Mélenchon. En première ligne face à l’offensive politique menée par l’oligarchie, les syndicalistes n’ont de cesse d’éclairer sur la nature réelle du capitalisme, machine à détruire l’humain, machine à piller les ressources, machine à assécher terre, rivières et mers.

Les militants syndicaux sont aussi ceux qui démontent les fausses « bonnes recettes », mettent en lumière les vices du système, proposent des alternatives concrètes. C’est pour cela que la bourgeoisie nouvelle, les gavés du CAC 40, les fonds de pension déchaînent contre eux une violence sans égale. C’est leur Talon de fer qu’ils veulent enfoncer dans le crâne des nôtres. Dans cet affrontement politique décisif, c’est l’honneur de la gauche que de défendre les combattants du bien commun, les militants du mieux vivre, les guerriers du partage des richesses.

C’est pourquoi le Front de gauche a déposé, devant le Sénat, cette proposition de loi visant à laver les syndicalistes des accusations infâmes dont ils sont victimes. C’est pourquoi près de 400 militants se sont rassemblés pour donner tout le poids possible à cette demande juste. C’est pourquoi la présidente du groupe Front de gauche au Sénat, Eliane Assassi, a affirmé qu’avant la nuit, cette loi serait votée.

En fin d’après-midi, hier, nous avons eu les résultats du vote devant la haute assemblée. Eliane avait raison. La proposition de loi est passée avec une voix de majorité. Mais elle a été dramatiquement vidée de son contenu concernant les militants impliqués dans l’aide aux sans-papiers ou dans les actions de défense de l’environnement, comme à Notre-Dame des Landes. J’attends à présent de voir quel traitement le Janus socialiste réservera à ce texte à l’Assemblée. Pour ma part, sachez que je ne défends l’amnistie que comme un moindre mal. Je veux la réhabilitation de mes camarades. La réhabilitation de l’élite de la classe ouvrière.


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