2 juin 1793 La mobilisation des sans-culottes parisiens conduit à l’arrestation des Girondins

mercredi 6 juin 2018.
 

Le 2 juin 1793, 80.000 gardes nationaux et sans-culotte encerclent la Convention. Ils obtiennent l’arrestation de 29 députés et ministres girondins qui seront jugés puis condamnés à mort. La droite jusqu’alors majoritaire est anéantie. L’historienne Mona Ozouf y voit « une défaite de la Révolution », car en acceptant « le viol du pouvoir représentatif », l’Assemblée « reniait sa propre légitimité ».

Mais commandés par le sans-culotte Hanriot, les gardes nationaux ont agi sous le mandat du département et de la Commune de Paris qui se sont déclarés en état d’insurrection. La Révolution du 2 juin a réuni une large majorité parisienne non pas pour renverser l’Assemblée mais pour arrêter ceux qui ont trahi la Révolution. D’ailleurs aucune goutte de sang n’est versée ce 2 juin.

Depuis la chute du roi le 10 août 1792, les Girondins dominent la nouvelle assemblée et n’ont qu’une obsession : mettre un terme à la Révolution. C’est pourquoi ils hésitent à condamner le roi et s’inquiètent du pouvoir de la Commune de Paris, bientôt favorable à la taxation des riches. Les Girondins glissent de plus en plus à droite, sacralisent le droit de propriété et défendent le fédéralisme contre Paris qui leur est hostile. Leur proximité avec le général Dumouriez qui menace de marcher sur Paris achève de les discréditer.

Au printemps 1793, les armées françaises sont défaites, les insurrections intérieures se multiplient comme en Vendée. La Gauche montagnarde autour de Robespierre et Marat est seule capable de garantir la légitimité de la Convention. Pour cela, il faut empêcher le divorce avec le peuple défenseur de la Révolution. L’arrestation des Girondins devient nécessaire : « En 1793, le vrai moyen de sauver la civilisation, c’était de sauver la Révolution, et les Girondins la perdaient. » (Jaurès)


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