Médecins étrangers Mourir plutôt qu’être soignés par eux ?

lundi 9 décembre 2019.
 

1) Le cas de Laguiole

A l’automne 2006, il ne restait que six médecins sur les quatre cantons de l’Aubrac aveyronnais ( Saint Amans des Côts, Sainte Geneviève, Laguiole, Saint Chély d’Aubrac). On parlait de carence dans le maillage en médecins généralistes.

Le docteur Jean Paul Mbarga remplace alors le Docteur Chauffour dans son cabinet Rue de Layolette.

Deux mois plus tard, rien ne va plus. Ses ordonnances sont contestées, le propriétaire lui retourne son loyer, son prédécesseur l’interdit de cabinet...

Le médecin d’origine camerounaise fait alors constater par les gendarmes son cabinet inaccessible et l’impossibilité d’exercer dans laquelle il se trouve. Plutôt qu’engager une démarche longue et incertaine, il quitte l’Aveyron pour un autre département.

Cette affaire laisse plusieurs questions en suspens. Nous nous en tenons ici à constater la difficulté pour un médecin venu d’autre pays à gagner la confiance des patients.

2) Les médecins étrangers sont de bons médecins

Le Conseil national de l’Ordre des médecins a tellement pesé pour limiter le nombre de diplômés dans sa spécialité universitaire que la France manque cruellement de praticiens, tant généralistes que spécialistes.

Aussi, un quart des médecins exerçant en France sont étrangers, soit 54 168 médecins sur 276 354 ( 285 840 médecins : chiffre au 1er janvier 2016).

Nous avons tous croisés dans des salles d’attente des patients qui émettent des doutes sur leur qualification professionnelle.

Ces doutes ne sont pas justifiés. La majorité des médecins exerçant en France viennent d’Afrique du Nord. La plupart ont obtenu leur diplôme en suivant le même cursus, en réussissant les mêmes examens anonymes que leurs collègues français. C’est le cas de 90 % des Tunisiens, 72 % des Marocains, et 86 % des Algériens (ces derniers représentent à eux seuls 25 % des praticiens étrangers installés en France).

Après les docteurs originaires d’Afrique du Nord, le pourcentage le plus important concerne ceux venus de pays de l’Union européenne dans le cadre de la directive de 2005 révisée en 2013 qui permet l’installation libre des médecins ayant obtenu un diplôme national. Actuellement, il s’agit surtout de Roumains dont la cote est généralement très bonne en France.

Pour les médecins dits à diplôme hors UE, ils doivent au minimum effectuer trois ans de fonction hospitalière en France puis se présenter soit à l’Examen classant national (ECN), soit Passer les épreuves de la Procédure d’autorisation d’exercice (PAE).


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