2 mars 1941 : Le « serment de Koufra »

jeudi 5 mars 2020.
 

Le 2 mars 1941, à Koufra dans une oasis en plein milieu du désert libyen, le drapeau français est hissé en haut du fort. Pour la première fois depuis l’armistice de juin 1940, des soldats de la « France libre » remportent une victoire. C’est le commandant – auto-promu colonel - Leclerc qui a organisé cette opération. Arrivé deux mois plus tôt au Tchad, il est impatient de partir au combat. A plusieurs milliers de kilomètres de la France occupée et de l’Allemagne nazie, il se lance alors dans le désert avec une centaine d’Européens et 250 méharistes sahariens et tirailleurs « sénégalais », essentiellement des Tchadiens et des Camerounais.

La petite troupe est sous-équipée – quelques dizaines de vieux véhicules, cinq petits avions, un seul canon, il va falloir faire illusion : constamment déplacé, il parvient à atteindre le drapeau italien mais surtout leur moral. Les mouvements perpétuels des camions de la colonne font croire que les troupes assiégeantes sont bien plus nombreuses qu’en réalité et qu’elles sont renforcées toutes les nuits. Leclerc refuse la demande de négociation des alliés d’Hitler et pousse les parlementaires à sortir du fort.

Deuxième coup de bluff, il abrège les discussions et ordonne aux Italiens de remonter dans leur véhicule. Il se joint à eux avec deux officiers pour regagner le fort. Arrivé en présence du commandant du fort, il impose ses conditions. La capitulation est signée immédiatement, sont ainsi capturés 11 officiers et 18 soldats italiens ainsi que 273 Libyens. Les combats ont causé 3 tués et 4 blessés côté italien. Les pertes du côté français ont été de 4 tués et de 21 blessés. A l’issue de cette victoire, le colonel s’adresse aux survivants : « jurez de ne déposer les armes que le jour où nos couleurs, nos belles couleurs flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Les hommes prêtent serment en lui répondant « Nous sommes en marche, nous ne nous arrêterons que lorsque le drapeau français flottera sur la cathédrale de Strasbourg ».

Aussi modeste soit-elle, la bataille de Koufra a un impact symbolique immense, car elle galvanise les résistant.e.s. Le général de Gaulle ne s’y trompe pas. Dès le 3 mars, il télégraphie à Leclerc un message de félicitations qui se termine par ces mots inhabituels chez lui : « Les glorieuses troupes du Tchad et leur chef sont sur la route de la victoire. Je vous embrasse ».

Effectivement, à la tête de la IIe Division Blindée, c’est Leclerc qui entre le premier dans Paris puis dans Strasbourg. Nous sommes alors le 23 novembre 1944, la promesse faite à Koufra a été tenue.

Bérénice Hemmer


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