24 octobre 1929 : le Jeudi noir de Wall Street et du capitalisme financier

mardi 24 octobre 2017.
 

De 1921 à 1929, la production industrielle des Etats Unis a progressé de 90% pendant que les cours de bourse escaladaient jusqu’à 300% d’augmentation. Le 22 octobre, , un illustre économiste, Irving Fisher, affirme que le prix des actions est encore trop bas.

Mais après 18 mois de frénésie, les spéculateurs ont cessé de croire à une hausse infinie des cours. C’est désormais à qui vendra le plus vite ses actions.

Le jeudi 24 octobre au matin, il ne se trouve aucun acheteur à l’intérieur de la New York Stock Exchange : en une matinée, les actions perdent 22% de leur valeur. En quelques jours elles s’effondrent de 43%.

Les "experts" s’affirment confiants. Ils assurent qu’un effondrement de la Bourse ne peut pas affecter « l’économie réelle ». Le président des États-Unis proclame quant à lui que « la prospérité est au coin de la rue ».

Pourtant, une valeur de trente milliards de dollars disparaît sans laisser de trace en 20 jours, soit dix fois le budget annuel de l’Etat fédéral américain à cette époque.

Personne ne se doute que le monde occidental est entré dans la plus grande crise économique de son Histoire.

C’est que des centaines de milliers de ménages ont emprunté pour spéculer à la Bourse et comptent rembourser leur dettes en revendant leurs actions. Avec la chute des cours, ils se retrouvent ruinés.

Confrontés à ces difficultés et à la hausse du taux des crédits, les ménages retirent leurs placements bancaires accroissant la crise des banques qui ne peuvent par ailleurs plus récupérer les remboursements de nombreux emprunts.

Des banques se déclarent en faillite. Les commerces et les entreprises sont à leur tour affectés par la ruine des banques et des consommateurs.

Le système bancaire réduit ses prêts aux entreprises au moment où celles-ci sont confrontées à une baisse de leurs ventes.

Plutôt que de baisser les profits et dividendes, les entreprises américaines puis d’autres pays préfèrent licencier et écouler leurs stocks avant de réembaucher.

Dans un pays comme les Etats-Unis où 80% de la population est alors salariée, l’effondrement du pouvoir d’achat de cette majorité de la population entraîne évidemment un naufrage de la demande de biens de consommation par les ménages.

La production industrielle s’effondre de plus de moitié en trois ans, les prix baissent des deux tiers. Les petits fermiers sont jetés sur les routes. On compte bientôt treize millions de chômeurs aux États-Unis et en l’absence de cotisations sociales, une grande partie d’entre eux doivent s’en remettre à la charité publique.

Le reste du monde est affecté par ricochets. En Allemagne, le chômage qui frappe les classes moyennes favorise la remontée électorale du parti nazi. Son leader, Adolf Hitler, voyait son étoile pâlir en 1929. Trois ans plus tard, il accède au pouvoir...

Le premier bilan à tirer de cette crise de 1929 aux Etats Unis c’est l’impact du chômage massif et de la précarisation sociale ; ces deux phénomènes constituent à la fois la cause et la conséquence de la crise : la demande baisse, la production diminue, le licenciements se poursuivent.

Deuxième bilan : Les gouvernements prennent des mesures, seulement s’ils s’y trouvent absolument obligés, d’une part en utilisant la plache à billets, d’autre part encore sur le dos des travailleurs (augmentation des cadences).

Troisième bilan : Une crise boursière importante entraîne dans le système capitaliste des déséquilibres bancaires puis économiques aux conséquences sociales dévastatrices. Dans un tel contexte, aucune hypothèse politique n’est à exclure comme l’a prouvé l’accession au pouvoir d’Hitler en Allemagne.

Jacques Serieys

Bibliographie :

A Gauche n° 1187 (article de Frédéric Pluchon)

Site Hérodote http://www.herodote.net/histoire/ev...


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