Mort de Simone de Beauvoir... son combat continue

vendredi 12 janvier 2018.
 

« On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c’est l’ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu’on qualifie de féminin (...) »

Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe, Gallimard, 1949, Tome II, chapitre premier, Folio essais, 1986, p 13.

Simone de Beauvoir est née le 9 janvier 1908 à Paris. Agrégée de philosophie en 1929, elle enseigna à Marseille, Rouen et Paris jusqu’à 1943. Après la mort de Sartre, elle continua à collaborer à la revue « Les Temps Modernes » jusqu’à sa mort le 14 avril 1986.

Près de 60 ans après la parution du « Deuxième sexe », si le combat pour l’émancipation des femmes a marqué des points, force est de constater qu’il reste beaucoup à faire pour l’égalité sociale entre les femmes et les hommes.

C’est à ce combat féministe que nous devons apporter notre contribution :

* contre les violences faites aux femmes dont leur enfermement dans le voile, le niqab, la burqa islamistes, d’abord ici en France, dans le pays de Simone de Beauvoir,

* contre la remise en cause de l’IVG par les intégristes catholiques,

* contre l’inégalité des salaires entre les femmes et les hommes pour un travail égal,

* pour la liberté des femmes à disposer de leur corps.

B) Simone de Beauvoir, aux racines du féminisme

L’auteure, née il y a 106 ans, figure parmi les penseurs marquants du XXe siècle, notamment à travers ses thèses sur la condition féminine. Un Doodle du moteur de recherche Google lui rend hommage.

Née il y a plus d’un siècle, elle reste au cœur des débats modernes. La personnalité de Simone de Beauvoir, auteure française née le 9 janvier 1908, est intimement liée à celle d’un autre penseur existentialiste du XXe siècle, Jean-Paul Sartre. Il est souvent difficile de dissocier l’une de l’autre. Les écrits de cette femme de lettres restent néanmoins une référence philosophique, souvent controversée, à l’heure de débats sur la théorie du genre et l’égalité entre hommes et femmes.

Cette Parisienne tombe très jeune dans l’écriture. Après avoir étudié les lettres et les mathématiques, la jeune Simone de Beauvoir s’intéresse à la philosophie. Agrégée dans cette matière en 1929, elle devient enseignante. Élevée de manière très pieuse dans sa famille, mais devenue athée très jeune, elle s’oppose fermement au mariage et développe sa pensée autour de la liberté et de l’autonomie des individus, plus particulièrement des femmes. Elle collabore avec d’autres intellectuels et artistes marquants du XXe siècle, dont Boris Vian, Maurice Merleau-Ponty et bien sûr Jean-Paul Sartre, à la revue Les Temps modernes, qu’elle a contribué à fonder. Ce qui ne l’empêche pas de travailler à sa propre œuvre littéraire et philosophique.

En 1949, elle publie son ouvrage le plus célèbre, Le Deuxième Sexe . Le livre, succès des ventes, avance des thèses très avant-gardistes pour l’époque et lui apporte à la fois le succès et, pour une plus grande part, la condamnation par certains. Simone de Beauvoir y évoque la condition féminine, les situations de domination de la femme, le tabou de l’avortement, considéré comme un crime à l’époque. Elle y défend l’idée que le rapport entre hommes et femmes est une construction sociale. Symbole de cette thèse, la phrase extraite de cet ouvrage désormais associée à Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient. »

Figure du combat féministe

Armature idéologique du mouvement féministe, cet ouvrage et les idées défendues par Simone de Beauvoir marqueront le combat pour les femmes des années 1970. Prix Goncourt en 1954 pour Les Mandarins , la philosophe continuera jusqu’à sa mort, en 1986, à aborder les grands thèmes de société comme l’amour, la mort, l’euthanasie, en questionnant son propre vécu.

En 2008, le prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes est créé en son honneur. Marque supplémentaire de sa présence dans la société contemporaine, le récent film Violette, de Martin Provost, s’attache à raconter la vie de Violette Leduc, amie proche de Beauvoir. Sandrine Kiberlain y interprète l’intellectuelle avec brio. En octobre, son nom est également apparu dans les personnalités féminines que les Français aimeraient voir entrer au Panthéon. Jeudi, c’est au tour de Google d’honorer la mémoire de cette intellectuelle hors-norme à travers un Doodle à son effigie.

Une actualité étonnante, bien loin des livres philosophiques. Comme de nombreux penseurs, sa personnalité a autant marqué que son œuvre. Une postérité qui traduit malgré tout l’importance de l’héritage qu’elle a laissé. Une pensée dont les questionnements - c’est sans doute le propre des intellectuels marquants - occupent encore aujourd’hui la société. En premier lieu, l’enjeu de la place des femmes, et de la réappropriation de leur individualité. La récente nomination de Jane Campion à la tête du Festival de Cannes rappelle que ce combat, loin d’être achevé, se poursuit à travers d’autres personnalités.

Par Blandine Le Cain, Le Figaro


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