Deux jours de stage Sécurité routière pour récupérer des points

mardi 19 juin 2018.
 

Et oui, les radars ne chôment pas ! Même en Aveyron ! Le 13 juin 2008, mon capital de 12 points s’étant envolé au fil des mois, me voilà en route pour rejoindre le Centre de formation des conducteurs du Nord Aveyron.

A quoi peut penser un militant se rendant à un tel stage ? A la sécurité routière.

1) Que s’est-il passé depuis 1968 dans le domaine de la sécurité routière ?

Dans les années 68, le premier ministre Pompidou professait le libéralisme politique, y compris en matière de prévention routière. Pas de limitation de la puissance des voitures. Pas d’éducation routière à l’école ; peu de surveillance et peu de sanctions. Résultat : un nombre de morts et d’accidentés graves qui montait inexorablement. Les braves gens animés du bon sens populaire ne mettaient pas en cause le libéralisme politique mais la "fatalité" (appelée aussi Providence) comme pour les guerres, les abcès de gens qui ne se lavaient jamais les dents et les échecs aux examens...

Et puis... la mobilisation de l’Etat, l’éducation à la sécurité routière dispensée dans le cadre scolaire, le travail des moniteurs d’auto-école... ont porté leurs fruits. Par rapport aux années 68, la circulation a été multipliée par 4 alors que le nombre d’accidents mortels a été divisé par 4.

2) Première journée du stage en vue de récupérer des points

8h30 Une psychologue ouvre le stage : "Il fait beau ! Vous ne travaillez pas ! Les oiseaux chantent ! Aucun souci ! Vous êtes bien ! Vous conduisez votre voiture ! racontez moi la suite comme vous la vivez, chacun de vous, dans la réalité"

Les réponses fusent, plus sincères les unes que les autres :

"- Je mange un feuilleté au jambon.

- J’allume une cigarette.

- Je regarde les filles au bord de la route.

- J’engueule les gosses.

- Je pose la main droite sur le genou de ma copine.

- Je vais au café..."

Peu à peu, la formatrice BAFM récupère ces propos épars pour faire émerger une prise de conscience : en matière d’accidents de la route, les facteurs humains comptent beaucoup plus que la fatalité (météo...). Je me retiens de dire que ce constat ne vaut pas seulement pour la sécurité routière...

Plus le temps passe, plus je prends conscience des dures conditions de travail et de vie d’une grande majorité des stagiaires. Si un inspecteur du travail était dans la salle, il en apprendrait de belles. Plus le temps passe, plus je prends conscience aussi de la riche expérience de la route acquise par les chauffeurs, livreurs, taxis... ; ils connaissent chaque trajet, chaque tournant, chaque croisement, chaque panneau mal placé. Un vrai gâchis de ne pas utiliser cela pour des formes d’autogestion de la prévention routière les intégrant largement.

3) Deuxième journée

La psy change d’introduction : " Il fait beau. Je suis content. Je roule à 50 km à l’heure. Soudain, un individu surgit devant mon véhicule. Qu’est-ce que vous faites ?"

Une réponse "Si c’est ma belle-mère, je l’écrase" Ouaf Ouaf !

Nouvel angle d’attaque de la discussion " Vous vous trouvez chez des amis à 10 km de chez vous. Vous refusez un deuxième apéro. Qu’est-ce qu’ils vous disent ?"

Réponses :

" - Pars pas sur une jambe !

- La voiture rentrera toute seule !..."

Fin de la deuxième journée. Dernier exercice pour compléter la prise de conscience recherchée par les deux animatrices : Lire trois phrases sur un écran en 5 secondes puis les recopier sur une feuille. Une dizaine de stagiaires sont sûrs de ne pas s’être trompés ; certains sont prêts à parier un repas au restaurant et même la validation de leur stage. Bigre ! En fait, tout le monde s’est trompé... Personne n’a remarqué un redoublement d’article ! But de l’exercice : faire l’expérience de l’utilité de la formation, de la logique, de l’expérience mais aussi du doute...

J’ai connu des week-ends politiques moins pédagogiques et moins matérialistes.

Jacques Serieys


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