1er février 1967 Grève nationale de 24 heures (CGT, CFDT, FEN) dans un contexte de montée de la combativité

jeudi 20 avril 2017.
 

Charles de Gaulle a réussi son coup d’état de juin 1958 puis a installé la 5ème république pour installer un pouvoir fort capable d’intégrer le capitalisme français dans le marché économique mondial et le Marché commun européen fondés sur le libre-échange.

Début 1967, les dirigeants gaullistes veulent préparer l’économie française à l’échéance butoir du 1er juillet 1968, dernière étape de mise en place du Marché Commun européen. Trois objectifs nécessitent d’affronter les syndicats ouvriers et de les battre : la réforme "libérale" de la Sécurité sociale, la diminution du "coût du travail" pour "rendre les entreprises plus compétitives", la reconversion des secteurs considérés sans avenir (mines en particulier). Dans ce contexte, les négociations entre syndicats ouvriers, patronat et gouvernement sont complètement bloquées.

Le gouvernement gaulliste vaut balayer des acquis sociaux très importants et étouffer les syndicats ouvriers au moment où la combativité des salariés est en hausse nette : 2 500 000 journées de grève dans le secteur privé en 1966, 4 200 000 en 1967.

Le début de l’année 1967 est marqué par la lutte des métallos des usines Dassault dans la région bordelaise. La direction ayant refusé la parité des salaires avec la région parisienne, des formes "sauvages" de lutte apparaissent. A un signal donné, les ouvriers tapent sur les tôles, cessent le travail puis visitent les ateliers en cortège. Après l’échec des négociations, les formes de lutte évoluent vers une multiplication des pauses casse-croûte, des arrêts pipi collectifs inopinés, des batailles de confettis, des lâchages de ballons. Le 2 février, la direction décide de passer en force, multiplie les sanctions et ferme l’usine pour 20 jours. Cependant, elle va progressivement céder sur les revendications essentielles des salariés, acceptant en particulier les augmentations de salaires et la mensualisation de tout le personnel.

Eclate alors la grande grève de la Rhodiaceta (nylon, tergal) à Besançon, caractéristique de l’avant mai 68 par la radicalité des formes de lutte employées par les jeunes OS. Le 25 février 1967, les salariés votent la grève avec occupation.

25 février 1967 La grève de l’usine Rhodiaceta (Besançon) Un signe annonciateur de Mai 68

Après les métallos de Talence et les OS de Besançon , ce sont les fondeurs d’Arthur Martin, dans les Ardennes, qui prennent le relai.

Le 17 mars, une nouvelle lutte ouvrière polarise l’attention au niveau national. La police intervient ce jour-là pour évacuer les salariés des usines Berliet de Vénissieux et Saint Priest. Le 20 mars, le lock-out touche 12000 salariés. Ici aussi, la dureté dans la forme cache la recherche d’un compromis avec les syndicats, trouvé un mois plus tard.

A ce moment-là, une autre lutte joue un rôle de phare dans la contestation ouvrière. Commencée le 1er mars, la lutte des métallurgistes de Saint Nazaire va tenir jusqu’au début mai. La grève s’avère tellement populaire que des manifestations géantes traversent plusieurs fois la ville et que, finalement, le gouvernement choisit de mener lui-même les négociations sur Paris pour aboutir à un accord qui survient le 1er mai.

Jacques Serieys


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message